Un nouveau dépistage sanguin et précoce du cancer du poumon rapidement expérimenté dans toute la France

Un nouveau dépistage sanguin et précoce du cancer du poumon rapidement expérimenté dans toute la France
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Le cancer du poumon accéléré grâce à une simple prise de sang ? De nouveaux travaux de recherche d’un dépistage précoce ont été entrepris par des spécialistes du CHU de Nice. Présentés par 20 minutes début 2020 et stoppés nets par le début de la crise sanitaire, ils vont enfin pouvoir reprendre deux ans plus tard. A la vitesse supérieure.

Reboostés par un récent avis de la Haute Autorité de santé (HAS) qui « encourage la mise en place d’expérimentations » destiné à mieux détecter cette maladie qui fait plus de 33.000 morts par an en France, le professeur Paul Hofman et son équipe vont relancer une étude beaucoup plus large, ont-ils annoncés, confirmant une information de Nice-Matin.

Un procédé précédent « pas suffisamment sensible »

En partenariat avec l’Institut national du cancer et le groupe pharmaceutique suédo-britannique AstraZeneca, elle portera sur 2.600 personnes dans tout le pays et permettra d’évaluer un test que les chercheurs espèrent « beaucoup plus sensible ». Le précédent, expérimenté entre octobre 2015 et février 2017 sur 614 volontaires azuréens, des individus à risque, fumeurs et souffrants de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), ne « l’était pas suffisamment », admet le Pr Paul Hofman, interrogé par 20 Minutes.

« S’il était positif, on était sûr qu’il y avait un cancer. En revanche, certains patients développaient quand même la maladie alors qu’il était négatif », précise-t-il. Conclusion, ce dépistage visant à détecter des cellules tumorales circulantes, en utilisant une technique dite d’isolement par taille de cellule tumorale épithéliale (ISET), n’était finalement « pas adapté » selon un article publié en août 2020 dans la revue scientifique Le Lancet.

A la recherche des « biomarqueurs du cancer »

Depuis, l’équipe niçoise a fait du chemin. Main dans la main avec le MD Anderson cancer center, un établissement américain de pointe basé à Houston, au Texas. « Avec eux, nous avons développé un test plus maniable, bien moins cher – une quarantaine d’euros au lieu de 450 euros pour le précédent – et qui devrait surtout se révéler beaucoup plus efficace », explique encore Paul Hofman. « Il cherche des biomarqueurs du cancer, la signature d’une protéine sécrétée par les cellules tumorales circulantes », détaille-t-il.

Avec ces dépistages sanguins, les chercheurs veulent faire mieux et plus vite que les examens radiologiques seuls. « La taille de certains nodules les rend très difficiles à voir. Le but de nos tests est bien sûr de pouvoir détecter les cancers le plus tôt possible pour avoir des chances de mieux les soigner », indique le responsable du Laboratoire de pathologie clinique et expérimentale du CHU de Nice.

L’intelligence artificielle mise à contribution

Les 2.600 candidats, qui seront notamment recrutés par un réseau de médecins généralistes, devront en plus du prélèvement sanguin, passer un scanner thoracique. Pour confronter les résultats et permettre de croiser les données. Elles seront toutes incluses dans l’algorithme d’une intelligence artificielle (IA) développé par des mathématiciens du centre Inria de Sophia-Antipolis, dans l’espoir d’affiner encore les diagnostics.

L’expérimentation devrait pouvoir être introduite vers le mois de juin, espère le Pr Paul Hofman, dès le feu vert du comité d’éthique. Il faut deux ans pour compléter le panel et cinq ans au total pour terminer l’étude. Si ses résultats sont concluants, l’équipe niçoise espère pouvoir parvenir à un dépistage remboursé par la Sécurité sociale et donc largement utilisé. Comme l’est notamment celui de cancer colorectal.

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