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Test de The Quarry par jeuxvideo.com

Spécialiste de l’épouvante virtuelle, Supermassive Games s’est fait connaître avec Until Dawn, un vibrant hommage aux slasher movies des années 1980 et 1990. Mise en scène cinématographique, choix cornéliens, récits multiples, réalisation digne de plus grands… le jeu d’horreur a fait grand bruit à sa sortie ! Fort de cette expérience, le studio anglais a récidivé avec la série épisodique The Dark Pictures Anthology et c’est avec une certaine impatience que l’on attendait cette première production sous l’égide de 2K Games. Reprenant tous les codes d’Until Dawn, The Quarry est une lettre d’amour aux classiques du genre. Une expérience gore et intense qui ne laisse pas indemne et qui pourrait bien faire date dans la ludothèque des jeux d’horreur narratifs.

  • Les photos présentées dans ce test se limitent aux trois premiers chapitres pour éviter tout spoiler.

Par un soir de pleine lune, de jeunes gens roulent vers une destination inconnue. Égarés, ils se retrouvent au milieu de nulle part et un évènement survient, les forçant à quitter la route. Évidemment, l’endroit où ils atterrissent est lugubre et le véhicule refuse de redémarrer. Dès les premières minutes, Supermassive Games joue avec les poncifs du cinéma de genre et interpelle avec un prologue saisissant. Ce qui frappe, c’est le soin apporté à l’ambiance et à la mise en scène, qu’elle soit visuelle ou sonore. Nappes mélodiques, tempo qui s’accélère, densité des détails graphiques, visages surprenants de réalisme, sobriété assumée de l’interface… The Quarry happe immédiatement le joueur grâce aux performances de Laura (Siobhan Williams) et Max (Skyler Gisondo). On y croit et on veut voir la suite !

The Quarry : Après Until Dawn, le jeu d'horreur narratif a un nouveau maître

C’était un vendredi, un vendredi 13

The Quarry : Après Until Dawn, le jeu d'horreur narratif a un nouveau maître

On comprend rapidement que le périple nocturne du jeune couple n’est là que pour poser le contexte. La nuit se poursuit sur une reprise de Flying to the Moon (Frank Sinatra, Count Basie) et l’intrigue effectue soudainement un bond dans le temps. Deux mois ont passé, les vacances d’été sont terminées et les moniteurs du camp d’Hackett’s Quarry s’apprêtent à retrouver leur quotidien. Pour Jacob, le moment est un déchirement car il s’est rapproché de la belle Emma et le gaillard ne veut pas que cette histoire se termine. Suite au sabotage du véhicule, et malgré la mise en garde du responsable de camp, la fine équipe décide d’effectuer une grande fête à la belle étoile. Une nuit de liberté totale, cela ne se refuse pas !

Très mauvaise idée…

À l’inverse d’Until Dawn ou The Dark Pictures Anthology, le dernier-né de Supermassive Games prend le temps de développer la personnalité de chaque individu et les évènements ne sont pas précipités. Le joueur s’approprie ainsi le tempérament des moniteurs et s’identifie plus facilement à eux. Très moderne dans son approche, The Quarry joue avec les thématiques actuelles (la lampe du portable remplace par exemple les bonnes vieilles torches). Peu à peu, on s’attache à la petite bande et on en vient à vouloir sauver tout le monde ! À mesure que l’on progresse, les questions s’accumulent et la tension monte peu à peu, nous embarquant dans une histoire plus folle et surprenante qu’on pourrait le croire. De Vendredi 13 à La Cabane dans les Bois en passant par Scream, Evil Dead ou encore Massacre au camp d’été, le jeu exploite toutes les ficelles des grands classiques ! Et ça fonctionne !

Souviens-toi l’été dernier

The Quarry : Après Until Dawn, le jeu d'horreur narratif a un nouveau maître

Si la formule est efficace, c’est aussi parce les développeurs sont parvenus à optimiser les mécaniques qu’ils chérissent tant. La construction repose ainsi sur une alternance de séquences se déroulant dans différents lieux, chacune d’elles mettant l’accent sur un seul animateur ou un binôme. Grâce à ce procédé, The Quarry imprime un rythme intéressant en misant à la fois sur des phases en solitaire et d’autres où l’avatar est accompagné d’un PNJ – occasionnant une narration plus dynamique entre chambrages et coups de gueule. Pour entretenir la tension, l’aventure mêle habilement différentes phases de gameplay, certaines étant ponctuées d’idées excellentes. Aux différents embranchements et dialogues à choix multiples s’ajoutent les indispensables QTE hérités de Shenmue (consistant à appuyer sur un bouton ou une direction au bon moment), diverses interactions avec des mécanismes et objets et même des phases de tir dans la veine d’un Alan Wake – la lumière de la cible marquant l’impact futur de la balle. Il est vrai, celles-ci sont peu nombreuses, mais elles prennent en compte le recul de l’arme et la dispersion du tir. Autant dire qu’il en faut peu pour rater sa cible ! Bien évidemment, plus celle-ci est éloignée, moins les dégâts sont importants. En tant que proie, il sera aussi parfois difficile de choisir entre la fuite ou la planque. En se cachant, le joueur a toutefois une solution pour s’en sortir : retenir son souffle. Il faut alors maintenir le bouton correspondant pendant un moment en veillant à gérer la jauge de respiration. Le procédé n’est pas nouveau (puisque déjà exploité dans The Dark Pictures Anthology), mais il a été amélioré. The Quarry demeure un film interactif, mais il tente d’apporter un peu plus de gameplay qu’à l’accoutumée. Et pour la première fois, trois vies sont accordées sur l’ensemble de l’aventure pour tenter de sauver un maximum de monde. Trois vies, et pas une de plus.

La diseuse de bonne aventure

Chaque chapitre est entrecoupé d’une rencontre avec une diseuse de bonne aventure. Cette femme, étrange et ténébreuse, vous donne quelques clés pour que vous puissiez sauver la peau d’un maximum d’animateurs. Pour vous aider, elle a besoin de cartes de tarots planquées un peu partout dans les environnements. À chaque fois qu’une carte est retrouvée, elle vous permet d’accéder, pendant quelques secondes, à une séquence se déroulant dans le futur. Pendant ces moments furtifs, le joueur peut ainsi détecter certains éléments et donc agir en conséquence lorsque vient l’heure du choix. The Quarry cache plusieurs cartes et vous serez parfois obligé de choisir entre l’une ou l’autre – la diseuse de bonne aventure ne pouvant lire qu’une carte à la fois. Ce procédé narratif emprunté à The Dark Pictures Anthology est l’une des bonnes idées du titre de Supermassive Games.

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La Colline a des Yeux

Par rapport à ses prédécesseurs, The Quarry a pour lui une qualité indéniable : son écriture. Si les stéréotypes sont très prononcés, le scénario dépeint des personnalités qui sont finalement éloignées de leur physique apparent. Emma, l’influenceuse et bimbo du groupe, s’affirme peu à peu en affichant un courage hors-normes et un caractère en acier trempé. Dylan, quant à lui, va se révéler très important avec ses connaissances de geek et son détachement assez hallucinant. Chacun des neufs moniteurs se dévoilent ainsi dans ce périple complètement barré… et très surprenant. En effet, The Quarry n’est pas un Until Dawn 2 auquel on pouvait s’attendre. S’il reprend les recettes de l’original, il s’imprègne également d‘œuvres comme la Colline a des Yeux, le Projet Blair Witch, Midsommar et même Resident Evil VII. Se nourrissant de ces références, The Quarry parvient à séduire grâce à ses dialogues réussis, son atmosphère teintée de surnaturel, ses différents twists et sa réalisation en béton armé.

Visuellement, ce titre est tout simplement un petit bijou ! Modélisation remarquable des décors et des protagonistes, angles de caméra soignés, animations et expressions faciales criantes de réalisme, jonglage permanent entre ombres et lumière, qualité de texture… Supermassive Games n’a vraiment pas chômé et livre un visuel admirable ! Rarement personnages virtuels n’ont été si convaincants ! Il faut dire que les développeurs ont pu compter sur des têtes d’affiche à faire pâlir bon nombre de productions vidéoludiques. Au casting, on retrouve ainsi des pointures comme David Arquette (Scream), Ted Raimi (Evil Dead, Spider-Man), Ariel Winter (Modern Family), Ethan Suplee (Le Loup de Wall Street), Lin Shaye (The Grudge, Insidious), Justice Smith (Détective Pikachu, Jurassic World : Fallen Kingdom), Evan Evagora (Star Trek : Picard), Miles Robbins (Halloween, Contrôle parental), Grace Zabriskie (Armageddon, Sailor et Lula), Zach Tinker (13 Reasons Why), Lance Henriksen (Aliens, Terminator), Halston Sage (X-Men : Dark Phoenix, La Face cachée de Margo), Brenda Song (Dollface, The Social Network) et, comme dit en début d’article, Siobhan Williams (Forsaken) et Skyler Gisondo (The Social Dilemma). Du beau monde qui a mis le paquet pour faire de The Quarry une expérience inoubliable ! On profite ainsi de doublages en anglais fabuleux, mais que les non-adeptes de la langue de Shakespeare se rassurent, les voix françaises sont franchement réussies (même si la synchronisation labiale n’est pas optimale) !

Digne de The Until Dawn ?

The Quarry : Après Until Dawn, le jeu d'horreur narratif a un nouveau maître

Tout en s’appuyant sur les qualités d’Until Dawn, The Quarry écrit sa propre grammaire et n’est jamais avare en surenchère. Pour autant, il ne faut pas s’attendre à une accumulation de jumpscares. Généreux en hémoglobine, le jeu impose un rythme plus lent et ne réinvente pas le cinéma du genre. Si l’expérience, dans son ensemble, est très réussie, on note tout de même quelques anomalies, avec des protagonistes parfois détachés par rapport aux évènements qu’ils sont en train de vivre. Dans pareille situation, tout le monde serait totalement flippé, perdant tout repère. Certes, cela répond aux codes du slasher movie, mais cela fait parfois sortir le joueur de l’atmosphère dans laquelle il est plongé. Par ailleurs, assez loin dans l’aventure, il y a une longue séquence de parlotte qui se déroule dans un endroit confiné et qui tranche avec la variété des précédents chapitres. Il est aussi important de souligner que le système des trois vies peut parfois faire remonter de longues minutes avant (dans le cas où la vie d’un personnage dépend d’une alternance de séquences liées à un autre individu). Dans ces conditions, une option permettant d’accélérer les scènes n’aurait pas été de trop. Pour terminer, le jeu n’est pas exempt d’incohérences, mais sa mise en scène et son intrigue font qu’on replonge rapidement. Sans être parfait, The Quarry apparaît comme la production la plus aboutie du studio britannique. En plus d’être passionnant à vivre, le jeu intègre des modes intéressants, comme la coopération locale (jusqu’à 8 joueurs peuvent se passer la manette) ou le mode cinéma qui, une fois le jeu terminé, permet de revivre l’ensemble du scénario en choisissant certains paramètres – tout le monde meurt, tout le monde survit, etc. Il y a même des filtres pour s’immerger dans l’aventure avec une ambiance rétro. On ne va pas se mentir, la fin est un peu expédiée, tous les choix n’ont pas le même impact (comme notamment ceux liés aux relations entre les personnages), mais les crédits réservent une bonne surprise. Si vous avez aimé les autres jeux de Supermassive Games, il paraît impensable de passer à côté de The Quarry. Pour notre part, on repart pour une autre dizaine d’heures de jeu avec la ferme intention de sauver tout le monde lors de notre second run.

Conclusion

Points forts

  • Une expérience cinématographique d’exception
  • Scénario étonnant et captivant
  • Le casting, les personnages
  • La qualité du doublage, VO comme VF
  • Des environnements assez variés (pour qui aime la nuit)
  • Atmosphère maîtrisée et bande-son sublime
  • Des embranchements et choix qui ont de vrais impacts
  • Le mode local jusqu’à 8 joueurs
  • La tension omniprésente
  • La titre n’est pas -18 pour rien (gore et violent)
  • Bonne rejouabilité

Points faibles

  • L’utilisation des trois vies sans possibilité d’accélérer
  • Des personnages parfois trop détachés des évènements
  • Un final haletant, mais une fin expédiée
  • Rythme plus lent qu’Until Dawn
  • Quelques incohérences

Gros coup de cœur pour The Quarry ! Tout en reprenant les codes d’Until Dawn, la nouvelle production de Supermassive Games parvient à se démarquer grâce à une construction maîtrisée et une intrigue captivante. Porté par un casting de luxe, le titre immerge le joueur dans une ambiance incroyable, où se côtoient adrénaline, frissons et choix cornéliens. Avec ses personnages attachants, sa bande son fabuleuse et ses divers embranchements scénaristiques, l’œuvre du studio anglais fera date parmi les jeux narratifs à teneur horrifique. Fort d’une réalisation remarquable, The Quarry n’est pas parfait et aurait mérité une fin moins expéditive, mais il fait incontestablement partie des ténors du genre. Entre potes, via le mode local, l’expérience peut être géniale. Un titre qui tombe à point nommé avant les longues soirées estivales !

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