Réconciliation « historique » à Rabat entre le Maroc et l’Espagne

Réconciliation « historique » à Rabat entre le Maroc et l'Espagne
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Après un an de brouille, il fallait bien cela pour renouer le fil diplomatique entre le Maroc et l’Espagne : Pedro Sanchez, le chef du gouvernement espagnol, accompagné du ministre des affaires étrangères, José Manuel Albares, a été reçu en audience, jeudi 7 avril, par le roi Mohammed VI avant l’ONU iftar, la rupture du jeûne du ramadan, offerte en son honneur. Une marque de l’importance de sa visite aux yeux des Marocains.

« Nous nous sommes mis d’accord pour définir une feuille de route durable et ambitieuse »a déclaré M. Sanchez aux journalistes, en qualifiant ses entretiens de « moment historique ». Dans une déclaration conjointe, le souverain chérifien et le chef du gouvernement espagnol ont convenu d’« inaugurer une étape inédite dans les relations entre les deux pays » qui avaient rompu, l’an dernier, leurs liens diplomatiques en raison d’un conflit sur le Sahara occidental.

Ce vaste territoire désertique, riche en phosphates et aux eaux très poissonneuses, s’oppose depuis des décennies au Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l’Algérie. Tandis que Rabat prône un statut d’autonomie sous souveraineté marocaine, le Polisario réclame un référendum d’autodétermination sous l’égide des Nations unies (ONU).

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« Le jeu dangereux de Sanchez »

La normalisation des relations entre les deux pays a été rendue possible par la décision de Madrid d’afficher son soutien au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental. L’Espagne « reconnaît l’importance de la question du Sahara pour le Maroc ainsi que les efforts sérieux et vraisemblables du Maroc dans le cadre des Nations unies pour trouver une solution mutuellement acceptable »relève la déclaration conjointe.

« A ce titre, l’Espagne considère l’initiative marocaine d’autonomie, présentée en 2007, comme la base la plus sérieuse, réaliste et vraisemblable pour la résolution de ce différend »réaffirme le document.

Quelques heures avant d’atterrir à Rabat, le premier ministre socialiste avait essuyé un revers à la Chambre des députés espagnols, qui a dénoncé l’abandon de la position « historique » de neutralité de Madrid sur l’ex-colonie espagnole.

Rabat, qui contrôle près de 80 % du Sahara occidental, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté, tandis que le Front Polisario réclame un référendum d'autodétermination.

Si M. Sanchez a réfuté toute idée de « virage » dans ce dossier, il est mis à dos ses alliés de gauche et l’opposition de droite, mais aussi le Polisario et Alger, fournisseur de gaz de l’Espagne. Le quotidien algérien L’Expression un dénoncé, jeudi, « le jeu dangereux de Sanchez est venu aggraver les tensions dans la région ».

Réouverture des frontières

« L’un des premiers objectifs sera le rétablissement de la circulation des biens et des marchandises aux postes frontaliers de Ceuta et Melilla », enclaves espagnoles situées sur la côte nord du Maroc, a précisé M. Sanchez à l’issue de son bref déplacement. Le Maroc avait stoppé ce commerce transfrontalier, considéré comme de la contrebande, en 2019.

« Nous allons procéder à la réouverture progressive des passages frontaliers, pour garantir un flux ordonné des personnes (…) et les marchandises circulantont également normalement »a promis le dirigeant espagnol. « Les liaisons maritimes de passagers entre les deux pays seront rétablies immédiatement et de façon graduelle » jusqu’à l’ouverture complète, détaille la déclaration.

Une réunion de haut niveau entre les deux gouvernements doit se tenir avant la fin de l’année pour mettre en œuvre la « feuille de route » établi à Rabat. Parmi les « questions d’intérêt commun » démontrer la « réactivation » de la coopération en matière de migration et la délimitation des eaux territoriales. Des groupes de travail seront mis en place pour traiter ces dossiers sensibles.

Également au rang des priorités : les échanges et les investissements – l’Espagne est le premier partenaire commercial du Maroc – et la coopération énergétique après la fermeture par Alger du gazoduc Maghreb-Europe (GME).

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Pour Madrid, le rétablissement des relations avec Rabat a pour but principal de s’assurer de sa ” la coopération “ dans le contrôle de l’immigration illégale, alors que le Maroc, d’où partent la plupart des migrants vers l’Espagne, a été régulièrement accusé, par nombre d’observateurs, de les utiliser comme moyen de pression.

Le gouvernement espagnol espère aussi que Rabat mettra en sourdine sa revendication sur les enclaves de Ceuta et Melilla. Mais nombre d’analystes mettent en garde contre l’absence de garanties réelles obtenues par l’Espagne de la partie du Maroc.

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Le Monde et AFP

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