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on en a maintenant la certitude, les ingrédients de base de la vie étaient à sa surface

Depuis 2012, le rover Curiosity mène des investigations à la surface de Mars dans le but de mieux contraindre l’évolution climatique de la Planète rouge et la présence d’eau liquide dans son passé, mais également de déterminer si oui ou non Mars a pu un jour accueillir la vie.

Si l’on sait désormais que de nombreux lacs et rivières ont façonné le paysage martien et que son climat a été un jour propice à la vie, aucune trace biologique directe n’a pour l’instant été retrouvée. Qu’à cela ne tienne, les scientifiques continuent de chercher, notamment en se penchant sur la présence des briques chimiques élémentaires nécessaires à l’émergence de la vie.

Une quantité de carbone organique comparable à certaines régions terrestres

En 2014, Curiosity a ainsi réalisé une série d’expériences pour mesurer la fraction de carbone organique total contenue dans les roches martiennes. Après huit années d’analyses de données, les résultats sont enfin disponibles dans la revue PNAS et révèlent que les roches martiennes sont relativement riches en carbone organique, qui est l’un des composants clés pour la mise en route de réactions chimiques prébiotiques et potentiellement la construction de molécules biologiques.

Cela fait un certain temps que les scientifiques ont trouvé des traces de carbone organique sur la Planète rouge. Mais l’évaluation de sa quantité disponible est un paramètre majeur, qui détermine le potentiel de développement de la vie. Et les résultats sont plutôt surprenants, puisqu’ils montrent que les roches martiennes contiennent une fraction significative de carbone organique, comparable à certaines régions terrestres. Certes, les valeurs sont plutôt similaires à celles d’environnements rudes et appauvris en carbone organique (pour le référentiel terrestre), comme le désert d’Atacama, mais ce sont des résultats encourageants en ce qui concerne Mars. Car cela montre que le carbone était disponible en quantité suffisante pour la construction (hypothétique) de molécules organiques, qui sont à la base de toutes les formes de vie connues à ce jour.

De l’eau, du carbone, des sources d’énergie… tous les ingrédients de la vie réunis

Le carbone organique total se définit comme la quantité d’atomes de carbone liés dans des molécules organiques (composées généralement d’atomes d’hydrogène, d’oxygène et d’azote). Si sur Terre une grande part du carbone organique a une origine biologique, il peut avoir des origines non biologiques, notamment les météorites, l’activité volcanique, ou encore certaines réactions chimiques à la surface de la planète. La présence de carbone organique sur Mars ne prouve donc en rien que la vie s’est un jour développée sur cette planète.

Avec l’eau liquide, la présence de carbone organique en quantité significative est par contre un nouvel élément qui indique que les ingrédients de base nécessaires à la vie étaient bien présents sur Mars il y a quelques milliards d’années. La cratère Gale dans lequel évolue Curiosity aurait d’ailleurs été un endroit assez propice à l’apparition de la vie, puisqu’en plus de l’eau et du carbone, le milieu possédait les autres éléments essentiels : des sources d’énergie, une faible acidité, de l’oxygène, de l’azote et du soufre.

Curiosity pourrait donc se trouver au bon endroit pour découvrir les premières traces de vie martienne tant recherchées. Pourtant, si tant est qu’elles existent, ces dernières pourraient être plus difficiles d’accès que ce que l’on pensait.

Revoir la stratégie de recherche des molécules organiques comme les acides aminés

Une nouvelle expérience réalisée par la Nasa suggère en effet que pour avoir une chance de trouver des molécules organiques, le rover devrait forer à une profondeur de deux mètres dans le sous-sol martien. Cela concerne en particulier la recherche d’acides aminés, qui peuvent être d’origine biologique ou non, mais qui dans tous les cas sont considérés comme étant des briques de base pour la construction de protéines. Or, les acides aminés sont fragiles et facilement détruits par les rayons cosmiques atteignant la surface de Mars dont la fine atmosphère ne permet pas une protection efficace. Actuellement, les rovers forent à une profondeur de cinq centimètres. Les scientifiques estiment qu’à cette profondeur, les acides aminés sont détruits en seulement 20 millions d’années. Sachant qu’une potentielle vie martienne aurait pu se développer il y a plusieurs milliards d’années, investiguer ce niveau très superficiel apparaît donc comme totalement inutile.

Ces résultats, publiés dans Astrobiologie, montrent la nécessité de mettre en œuvre une nouvelle stratégie de recherche pour les rovers actuellement en fonction, qui ne sont malheureusement pas équipés pour forer à la profondeur requise. Une solution serait de chercher des affleurements ayant mis récemment à nu des parties profondes du sous-sol, comme dans de petits cratères d’impacts âgés de moins de 10 millions d’années ou dans du matériel éjecté de tels cratères.

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