Mystérieuse hépatite chez les enfants : la piste du Covid de plus en plus privilégiée par les chercheurs

Mystérieuse hépatite chez les enfants : la piste du Covid de plus en plus privilégiée par les chercheurs
Written by admin

D’origine inconnue, cette maladie pédiatrique se propage dans le monde et a déjà contaminé au moins 450 enfants

Elle est apparue au mois d’avril au Royaume-Uni et depuis elle continue d’infecter des enfants. Elle a même été fatale pour une dizaine d’entre eux.

Mais surtout elle reste d’origine inconnue.

Les scientifiques qui tentent de trouver son origine, malgré le manque de recul, ont quand même fait quelques avancées en quelques semaines.

Une origine virale

La plupart des patients présentaient des symptômes gastro-intestinaux avant que cela n’évolue en jaunisse jusqu’à une insuffisance hépatique aiguë. Aucune exposition environnementale commune n’a été trouvée et un agent infectieux reste la cause la plus plausible.

Cette hépatite sévère chez les enfants serait d’origine virale, mais ne concernerait pas les virus connus des hépatites, ni la A, ni la B, ni la C… jusqu’à E.

La piste virale est évidemment certaine, mais encore faut-il l’identifier.

Il s’agirait d’un adénovirus de type 41. En tout cas, chez la plupart des petits patients, cet adénovirus a été détecté.

Mais les chercheurs n’en sont pas certains car ce virus n’entraîne pas normalement de dommages au foie chez les patients mineurs qui sont en bonne santé, ou c’est le cas avec cette hépatite.

Lire aussi – Hépatite d’origine inconnue chez les enfants : des cas en France, quels sont les symptômes à surveiller ?

Des recherches qui se concentrent sur le Covid

Une autre hypothèse est actuellement étudiée : le Covid. En effet, la plupart des patients atteints par cette hépatite ont été testés positifs au Covid au moment de la maladie ou quelque temps avant.

Et selon des chercheurs anglais et américains qui ont publié un article le 14 mai dernier dans The Lancet, c’est une piste à étudier sans rejeter la piste de l’adénovirus.

Pour eux, cette hépatite sévère pourrait être la conséquence d’une contamination par un adénovirus, mais qui peut se développer après une infection au Covid.

Car “la persistance virale du Covid dans le tractus gastro-intestinal peut entraîner la libération répétée de protéines virales à travers l’épithélium intestinal, entraînant une activation immunitaire. Cette activation des cellules immunitaires médiée par un super antigène a été proposée comme mécanisme causal du syndrome inflammatoire multisystémique chez les enfants”, comme le rapporteur Petter Brodin et Moshe Arditi, les auteurs de la publication.

Ce qui signifie qu’il faudra approfondir la possibilité que le Covid persiste chez les enfants et lorsqu’ils sont atteints de l’adénovirus par la suite, ils ont un terrain plus fragile qui entraîne cette hépatite.

Sur les souris, le mécanisme de cette “double” infection favorise l’hépatite et entraîne la mort de l’animal.

Les auteurs de la publication insistent : “Nous suggérons que les enfants atteints d’hépatite soient concernés pour la persistance du Covid dans les selles notamment car cela pourrait fournir la preuve d’un mécanisme lié au Covid chez un hôte sensibilisé à l’adénovirus de type 41.”

Si tel était le cas, un traitement adapté pourrait être administré aux enfants et leur sauver ainsi la vie.

En chiffres : une centaine de cas répertoriés en Europe

Comme le précise l’European Centre for Disease Prevention and Control, le nombre de cas recensés au 10 mai, s’élèvent à plus d’une centaine :

35 en Italie, 22 en Espagne, 9 en Suède, 8 au portugal, 6 aux Pays-Bas, 6 au Danemark, environ 5 en Irlande, 4 en Norvège, 3 en Belgique, 2 en France, 2 à Chypre, 2 en Autriche et un en Pologne.

Leave a Comment