les signaux en provenance des négociations russo-ukrainiennes en Turquie sont « positifs », estime Volodymyr Zelensky

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Les troupes russes, qui étaient entrées dans la ville de Slavoutytch, où vivent les employés de la centrale de Tchernobyl, sont parties

Le maire de la ville de Slavoutytch, où vivent les employés de la centrale de Tchernobyl, annonce au Monde que les troupes russes, qui encerclaient la ville depuis un mois et y sont entrées samedi, sont parties, démentant les informations selon lesquelles la ville serait occupée. « Il n’y en a plus depuis deux jours »précise Youri Fomitchev.

« Il y a quelques jours, on nous a lancé un ultimatum : soit on se rend, soit l’ennemi va nous attaquer. Nous avons décidé que notre ville ne se rendrait pas sans se battre », raconte-t-il. L’armée ukrainienne n’est pas présente dans la ville. « On est depuis longtemps dans la zone occupée. On ne peut pas amener de la nourriture, des médicaments et des armes. Notre armée ne pouvait nous aider qu’en pilonnant les troupes de l’ennemi qui s’approchaient de la ville. » Les combats ont duré deux jours, selon lui.

« C’était de simples habitants de Slavoutytch qui ont pris les armes et ont défendu la ville. Ce ne sont pas des militaires professionnels, ils sont allés défendre la ville parce qu’il fallait le faire. » Samedi, une immense manifestation s’est tenue à Slavoutytch. « Il y avait beaucoup de monde, au moins 5 000 personnes. Moi, j’étais en route pour venir depuis un village voisin. J’y étais pour des raisons de sécurité, pour éviter que les occupants puissent menacer la ville de me capturer »raconte le maire.

En chemin, Yuri Fomichev est tombé dans une embuscade. « J’ai été obligé d’avouer que j’étais maire. J’ai exigé de rencontrer leur commandant pour empêcher le bombardement de la ville, où il n’y a ni forces armées, ni militaires, ni armes. Ils m’ont amené voir leur commandant. » Il a négocié le départ des Russes. « Leur seule condition, qu’on a acceptée, c’était de les laisser vérifier les bâtiments pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’armes. Notre condition était que la ville reste sous le drapeau ukrainien et vive selon la loi ukrainienne »raconte le maire, qui leur a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de coopérer avec eux.

« Il fallait agir vite pour empêcher le bombardement de la ville. Quand les manifestants ont appris que j’avais été favorisés, ils ont exigé que je sois libéré et que les occupants se parent. Ils criaient « Rentrez chez vous ! » Le maire a ensuite été relâché et s’est rendu à la manifestation. « Les occupants avaient très peur que, parmi ces manifestants, il pouvait y avoir des personnes armées qui tiraient sur eux. Je leur ai dit : « Je vais aller en premier, vous me suivez et, s’ils tirent, ils tireront sur moi. »

Personne n’a tiré, hormis les Russes – en l’air – pour intimider la foule. Sans succès. Devant les manifestants, Yuri Fomichev a réaffirmé que Slavoutytch, construit après l’accident de Tchernobyl en 1986, était « ukrainienne et qu’il était hors de question de changer de drapeau, de lois et de coopérer avec les Russes ».

Il essaie, désormais, de « tout faire pour que les gens puissent survivre ici et tenir le coup », malgré l’isolement quasi total de la ville. Selon lui, les Russes ont accepté de partir parce que « La ville n’est pas stratégique pour eux. Nous sommes loin de la ligne de front et n’avons pas de grandes entreprises ».

Un autre élément lui semble déterminant : la présence à Slavoutytch des employés de la centrale nucléaire de Tchernobyl, qui assure son fonctionnement. « En Russie, il n’y a pas de tels spécialistes, assure Yuri Fomichev. C’est peut-être pour cela qu’ils ne touchent pas trop à la ville. »

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a de nouveau fait part dimanche de son inquiétude à propos de la centrale nucléaire de Tchernobyl, prix par l’armée russe dès le début du conflit. « Il n’y a pas eu de rotation des employés depuis près d’une semaine » sur le site, un relevé de l’Agence. Elle s’inquiète de la fatigue des employés qui gèrent les opérations quotidiennes sur le site de déchets radioactifs, ce qui laisse craindre la possibilité d’une erreur humaine.

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