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les douleurs et la solitude des malades

Le premier bouton de Jérémie ressemblait à l’acné. Celui d’Ynes, à une piqûre de moustique. Une sensation de fièvre est apparue ainsi qu’une forte fatigue, assortie de réveils dans des draps trempés. « Je ne transpire jamais et là, c’est comme si on m’avait lancé un seau d’eau durant la nuit », décrit Ynes (les personnes témoignant dans cet article sont désignées sous leur seul prénom). Comme 1 837 personnes en France, au mardi 26 juillet, l’aide-soignante de 36 ans et Jérémie, 38 ans, ont contracté le virus de la variole du singe.

Cette maladie infectieuse et contagieuse causée par un virus, dont la propagation inquiète l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est considérée depuis le 23 juillet comme une urgence de santé publique de portée internationale. C’est seulement la septième fois que l’OMS a recours à ce niveau d’alerte, le plus haut de l’organisation. Si le risque dans le monde est considéré comme relativement modéré, il est jugé élevé en Europe, où trois premiers cas avaient été détectés au Royaume-Uni, début mai. L’épidémie touche désormais près de 16 000 personnes dans soixante-quatorze pays.

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Dans un premier temps, la maladie peut être confondue avec d’autres infections, en raison de symptômes peu spécifiques qui varient selon les patients. Fièvre, douleurs musculaires, fatigue, « Je pensais avoir contracté le Covid-19 », se rappelle Ynes. Le médecin traitant de Mikaël, 38 ans, avait, lui, présumé une angine. Après de multiples consultations, des diagnostics erronés, des douleurs telles « une joue ouverte arrosée de jus de citron » ous « des coups de couteau dans l’anus »ainsi que des démangeaisons, Ynes appelle le SAMU, trois jours après ses premiers symptômes.

Trois semaines d’isolement

Ynes, qui est une femme transgenre, est transportée aux urgences. « J’entends des propos transphobes, je suis mal accueillie, j’ai de l’hypotension, on me dit que ça va alors que ça ne va pas du tout, je souffre et j’ignore pourquoi. » Lorsqu’elle montre ses éruptions cutanées qui sont progressivement devenues purulentes, « on me diagnostique finalement la variole du singe ». Les soignants lui prescrivent du tramadol puis de la morphine, deux puissants antalgiques. « Surtout ne revenez pas à l’hôpital, isolez-vous trois semaines », lui aurait lancé un soignant avant qu’elle ne reparte.

La variole du singe se transmet par contact direct avec les muqueuses et les lésions cutanées, ou avec des surfaces ou des objets contaminés. Elle peut également se transmettre par des gouttelettes respiratoires, lors d’une exposition face à face prolongée. L’Assurance-maladie imposer ainsi vingt et un jours d’isolement total, sans contact physique avec autrui, « à partir de la date de début des symptômes jusqu’à guérison totale des lésions de la peau », précise-t-elle.

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