le développeur du jeu vidéo « World of Tanks » se retire de Biélorussie et de Russie

le développeur du jeu vidéo « World of Tanks » se retire de Biélorussie et de Russie
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Le studio de développement Wargaming, connu pour le jeu vidéo World of Tanks, a annoncé lundi 4 avril dans un communiqué qu’il allait cesser ses activités en Russie et en Biélorussie, allant jusqu’à fermer ses bureaux dans ce dernier pays. Aucune raison spécifique n’a été donnée par le studio, mais cette décision intervient au bout d’un mois de guerre en Ukraine et alors que les sanctions économiques et la pression politique compliquent les activités des entreprises internationales ayant des bureaux en Russie.

Fondée il y a plus de vingt ans en Biélorussie, Wargaming est devenue un des grands fleurons du jeu vidéo en Europe de l’Est. La société édite notamment les jeux de guerre et d’affrontements de tanks et de bateaux World of Tanks et World of Warships. Pour le premier, l’entreprise revendique plus de 160 millions d’inscriptions dans le monde en dix ans.

En 2020, le studio comptait plus de 5 000 employés, dont une partie non négligeable dans ses bureaux originels en Biélorussie, pays dans lequel le réseau social LinkedIn liste près de 1 500 salariés. « Wargaming a également lancé le processus de fermeture de son studio à Minsk. Nous fournirons autant de soutien que possible à tous les employés affectés par ce changement », a expliqué l’entreprise, qui avait déjà déménagé son siège social à Chypre en 2011. Selon le site officiel de la société, Wargaming possède également des bureaux en France, en Australie, à Singapour, au Japon, en Corée du Sud et aux Etats-Unis.

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Un marché important

En Russie, Wargaming possédait, depuis plus de dix ans, le studio de développement Lesta et ses bureaux à Saint-Pétersbourg. L’entreprise explique que les liens avec cette entité ont été rompus (sans préciser si elle a été vendue), déclarant simplement qu’« à compter du 31 mars, la société a transféré toutes ses activités liées au jeu en ligne en Russie et en Biélorussie à Lesta ». Selon Wargaming, les jeux du studio seront toujours accessibles aux internautes russes et biélorusses pendant une période de « transition » mais ils seront gérés dans ces deux pays par Lesta.

Cette annonce laisse plusieurs questions en suspens : on ignore si, à terme, il sera toujours possible de jouer à World of Tanks et World of Warships en Russie et en Biélorussie, ou encore si une relation commerciale ou contractuelle a vocation à subsister entre Lesta et Wargaming. Cette décision a, en tout cas, déjà entraîné des réactions au sein d’une chaîne Telegram de propagande prorusse : un appel à s’en prendre, sur les réseaux sociaux, aux comptes administrés par Wargaming a notamment été diffusé lundi 4 avril.

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Wargaming n’est pas la première société à suspendre ou mettre un terme à ses activités en Russie et en Biélorussie (très proche allié des autorités russes), plusieurs entreprises de l’industrie du jeu vidéo ayant fait des annonces en ce sens depuis le début de la guerre. Mais la décision de ce poids lourd du secteur pourrait avoir d’importantes répercussions économiques. « La société ne tirera pas de profits de ce processus, ni aujourd’hui, ni dans l’avenir. Au contraire, nous nous attendons à subir des pertes substantielles en conséquence de cette décision », a affirmé Wargaming dans son communiqué. La Russie est en effet un marché important pour elle : en 2013, les utilisateurs russes et vivant dans les anciennes républiques soviétiques représentaient plus d’un quart des joueurs de World of Tanks.

Le 1er mars, Wargaming a licencié l’un de ses cadres, qui avait fait polémique en s’exprimant en faveur de l’invasion militaire russe en Ukraine sur les réseaux sociaux. L’entreprise possède une branche à Kiev, qui a entre autres fait un don d’un million de dollars à la Croix-Rouge ukrainienne au début du mois. Au début du conflit, la société avait suspendu des campagnes publicitaires pour le jeu World of Tanks, afin de retirer des images montrant des avancées de chars. Les activités marketing ont depuis repris, sauf, selon PC Gamer, en Ukraine, en raison de la nature du jeu et de son imagerie inappropriée au contexte politique et humanitaire du pays.

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