La Russie exige un « statut neutre » pour l’Ukraine qui refuse

La Russie exige un « statut neutre » pour l'Ukraine qui refuse
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Le point sur la situation en Ukraine à la mi-journée

La guerre va entrer dans sa quatrième semaine, et il est indéniable que l’armée russe progresse désormais difficilement par endroits. Pour autant, les tirs d’artillerie et les bombardements perdurent sur plusieurs grandes villes, dont Kiev, Mykolaïv et, depuis hier, aux alentours d’Odessa, ainsi que de façon plus brutale encore sur les villes assiégées de Marioupol et Kharkiv. Mykhaïlo Podolyak, un des négociateurs ukrainiens, a annoncé, ce mardique les forces armées ukrainiennes avaient lancé une « contre-offensive dans plusieurs régions opérationnelles »sans donner plus de précisions.

Des explosions à Kiev, capitale sous couvre-feu. Plusieurs fortes explosions ont été entendues à l’aube dans le quartier de Chevtchenko, où un bâtiment de douze étages a été endommagé. La presse n’est pas autorisée à circuler dans la ville en raison du couvre-feu, le deuxième depuis le début de la guerre. Les combats violents ont toujours lieu à la périphérie nord-ouest, dans et autour des villes d’Irpin, d’Hostomel et de Boutcha.

Stratégie voulue ou subie ? Pour un responsable du département de la défense des États-Unis, cité par Associated Press, les troupes russes tirent à l’artillerie lourde sur le centre-ville de Kiev précisément parce qu’elles ne peuvent plus avancer. Elles se trouveraient à une quinzaine de kilomètres de ce dernier depuis plusieurs jours.

Marioupol, ville assiégée depuis deux semaines. La situation dans la grande ville du Sud, où sont encore coincées entre 200 000 et 400 000 personnes selon les autorités, est dramatique. Les évacuations de 20 000 personnes ont pu avoir lieu, mardi ; la vice-première ministre ukrainienne craint que le couloir humanitaire ne fonctionne déjà plus aujourd’hui. La ville de Zaporijia, à 220 kilomètres à l’ouest, a beau être la destination du couloir humanitaire, elle a été visée par des bombardements, mercredi, a dit le gouverneur de la région. Les convois humanitaires avec des vivres et de l’eau sont, eux, toujours empêchés d’entrer à Marioupol.

Deux journalistes d’Associated Press sont dans la ville depuis trois semaines et rapportent des scènes d’une violence inimaginable, avec des bombardements incessants – « parfois un toutes les minutes » – visant des maternités, des maisons, une église ou une école. La ville est encerclée, les routes aux alentours minées et le port bloqué. « De nombreux décès documentés par AP sont des mères et des enfants, malgré les affirmations de la Russie qui dit ne pas cibler les civils, écrivent les journalistes. Les médecins ont dit aux familles de laisser les cadavres dans les rues car il est trop dangereux d’organiser des funérailles. » La mairie évoque, depuis plusieurs jours, un bilan de près de 2 400 morts. Comme le reconnaît Pyotr Andryushchenko, un responsable à la mairie interrogé par le New York Timesle vrai chiffre pourrait être bien supérieur, avoisinant 20 000 morts.

A Kharkiv, les combats perdurent. La deuxième ville d’Ukraine est autorisée par les forces russes sur plusieurs côtés et les grands axes, mais n’est pas encerclée. Selon les services d’urgence, au moins 500 habitants ont été tués depuis le 24 février dans les bombardements et les combats.

Le bilan humain encore incertain de cette guerre. Près de 700 civils ont été tués depuis le début de la guerre et plus de 1 110 autres blessés, selon l’ONU. Mais ces chiffres étant très difficiles à vérifier, notamment lorsque sur le terrain les combats ou les bombardements ont encore lieu, l’ONU insiste sur le fait que ses bilans quotidiens sont probablement très inférieurs à la réalité. Près de 1 300 militaires ukrainiens ont été tués, selon le président ukrainien, alors que la Russie n’a été diffusée, le 2 mars, qu’un seul et unique bilan : 498 soldats tués.

Malgré sa fiabilité relative, le bilan de l’ONU, qui ne prend pas part au conflit, permet de donner une estimation indépendante des pertes civiles. Car du côté de la Russie ou de l’Ukraine, qui se livrent aussi une guerre de l’information, les chiffres annoncés sont liés à des enjeux très importants concernant l’avancée des Russes ou la défense des Ukrainiens. Enfin, comme pour tous les conflits dans le monde, le bilan des victimes est très souvent réévalué des années plus tard.

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