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La Nasa a trouvé une solution pour soulever la Station spatiale sans l’aide de la Russie

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Les relations étant ce qu’elles sont avec la Russie, et il y a peu de chance que cela s’arrange dans un avenir proche, la Nasa et ses partenaires occidentaux et japonais sont contraints de trouver une alternative aux cargos Progress russes utilisés pour « piloter » le complexe orbital.

Cela dit, un désengagement de la Russie n’est pas à l’ordre du jour et ce n’est pas non plus le scénario que privilégie la Nasa actuellement. Mais, si rien n’indique que la Russie pourrait mettre à exécution les menaces de Dmitri Rogozine, le chef de l’Agence spatiale russe Roscosmos, la Nasa est bien obligée de tenir compte de cette situation plutôt incertaine.

Depuis le retrait des ATV européens (ATV pour véhicule de transfert automatique), les cargo Progress sont les seuls véhicules utilisés pour rehausser l’orbite de l’ISS et corriger sa trajectoire pour éviter des débris par exemple. Les deux autres cargos en service, le Dragon de SpaceX et le Cygnus de Northrop Grumman et Thales Alenia Space, n’ont pas été conçus pour cette tâche bien spécifique.

Apparement, seul le cargo Cygnus pourrait suppléer les Progress russes. Parmi les améliorations apportées au Cygnus depuis sa mise en service en 2013, on compte la fonction « reboost ». Au conditionnel donc car, pour l’instant, le Cygnus n’a pas démontré qu’il pouvait réaliser cette manœuvre ô combien importante. Sans petit coup de boost régulier, l’orbite de la Station spatiale internationale s’abaisserait inexorablement, semaine après semaine.

Une manœuvre apparemment concluante 

La Nasa et Northrop Grumman se sont concertés pour tester la capacité du Cygnus à soulever l’ISS. Ce n’est pas la première fois que le Cygnus est utilisé de la sorte. En juillet 2018, un Cygnus avait allumé son moteur pendant une cinquantaine de secondes, ce qui avait permis d’élever l’altitude de la Station de 86 mètres. Une manœuvre concluante mais insuffisante pour qualifier le cargo pour cette tâche.

Ce test a démontré la capacité de Cygnus à rehausser l’orbite de la station

Une nouvelle tentative a eu lieu ce 26 juin. Cette fois-ci, la manœuvre a duré plus longtemps. Le Cygnus amarré à la station a allumé son moteur pendant 301 secondes augmentant le périgée de la station d’environ 0,8 km et son apogée de près de 0,2 km. Ce test a démontré la capacité de Cygnus à rehausser l’orbite de la station. La manœuvre a été concluante. C’est du moins l’avis de Steve Krein, vice-président, espace civil et commercial, systèmes spatiaux tactiques chez Northrop Grumman qui souligne que « ce boost de l’ISS à l’aide du Cygnus ajoute une capacité essentielle pour piloter la station spatiale ».

La Nasa n’a pas communiqué sur la manœuvre. Il est donc trop tôt pour dire si les futurs cargos Cygnus pourraient être utilisés en complément ou remplacement des Progress russes. À cela s’ajoute que l’avenir de ces véhicules est plutôt incertain ! En effet, Antares, leur lanceur attitré, utilise le moteur russe RD-181 pour son étage principal qui est sous maîtrise d’œuvre ukrainienne. Or, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ces deux éléments sont indisponibles. Cependant, Northrop Grumman a confirmé disposer de deux lanceurs Antares opérationnels et qu’il avait un « plan de secours » après ces deux lanceurs mais sans donner plus de détails. À suivre donc.

La Nasa cherche une solution en urgence pour piloter la Station spatiale sans la Russie

Article de Rémy Decourt publié le 05/03/2022

Les cargos de SpaceX et de Northrop Grumman, qui ravitaillent la Station spatiale internationale, pourraient-ils être utilisés pour piloter le complexe orbital ? Jusqu’à présent, la Nasa ne s’était jamais préoccupée de trouver une solution de remplacement au cas où les Russes, les seuls capables de la piloter, décidaient d’abandonner la Station à son sort. Bien que les relations spatiales russo-américaines ont toujours résisté aux tempêtes géopolitiques passées, avec le conflit en Ukraine, elles n’ont jamais été aussi proches de se rompre. Il y a donc une certaine urgence pour la Nasa à répondre à cette question par l’affirmative et de voir comment.

La Nasa se veut prévoyante. Dans le cas où les relations russo-américaines atteindraient un point de non-retour, la Russie « pourrait se retirer de la Station spatiale internationale », comme l’a habilement déclaré Dmitri Rogozine, le chef de l’Agence spatiale russe Roscosmos.

Dmitri Rogozine n’a évidemment pas dit qu’il projetterait la Station spatiale sur les États-Unis, mais sous-entendu qu’il pourrait laisser à l’abandon le segment russe.

Or, si le côté américain fournit l’électricité et le support vie à l’ensemble du complexe orbital, les Russes sont responsables de la propulsion du maintien de l’ISS à une altitude d’environ 400 kilomètres et du contrôle d’attitude et des corrections de trajectoire.

Sans Progress pour la piloter, l’orbite de la Station s’abaisserait inexorablement, semaine après semaine

Pour cela, ils utilisent les cargos Progress dont un est en permanence amarré au module Zvezda. Sans Progress pour la piloter, l’orbite de la Station s’abaisserait inexorablement, semaine après semaine. Elle serait aussi dans l’incapacité de corriger sa trajectoire pour éviter des débris par exemple.

C’est dans ce contexte très incertain, et bien que la Russie coopère toujours avec la Nasa à la bonne marche de la Station spatiale, que la Nasa a décidé d’étudier des solutions de secours pour la piloter. Au cas où les Russes décideraient de l’abandonner à son sort du jour au lendemain.

Les cargos américains à la manœuvre pour piloter la station ?

Northrop Grumman, qui ravitaille la station avec le cargo Cygnus (dont le module est construit par Thales Alenia Space) et SpaceX qui fait de même avec son cargo Dragon, ont proposé à la Nasa de « faire le job ». Toutefois, si les cargos des deux industriels pourront être convertis et adaptés à une mission de « reboost » de l’ISS pour rehausser son orbite, il faut savoir que les ports d’amarrage des cargos américains sont vraiment très mal situés pour réaliser cette tâche !

Ils s’amarrent via les ports PMA des modules Unity et Harmony (Pressurised Mating Adapters) équipés d’un système CBM actif pour attraper le cargo. C’est d’ailleurs pour cela que l’ATV de l’Agence spatiale européenne s’amarrait au même endroit que les cargos Progress russes pour remonter l’orbite de la Station.

Il sera intéressant de voir les solutions proposées par Northrop Grumman et surtout celles de SpaceX quand on sait qu’Elon Musk a toujours des idées très originales et audacieuses !

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