Bastia : la colère gronde à la clinique Maymard

Bastia : la colère gronde à la clinique Maymard
Written by admin

La tension monte encore entre les représentants syndicaux CGT et la direction qui ne comprend pas une telle levée de boucliers. Le directeur, Franck Valangendock, s’est défendu d’avoir fait des investissements et d’être à l’écoute de toutes les personnes sous sa responsabilité.

Depuis l’arrivée du groupe Almaviva comme actionnaire principal de la clinique Maymard de Bastia, l’établissement de soins n’a jamais fait autant parler de lui au niveau syndical. Si, avant, la gestion se voulait quasi paternaliste, avec un règlement des conflits sans y mêler les organisations syndicales, depuis le changement de propriétaire, ces derniers montent souvent au créneau. C’est la CGT qui tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, la confédération dénonce “un ras bol général des personnels. Aujourd’hui, l’humain a disparu et nous sommes dirigés par des bureaucrates à mille lieues des réalités et de notre vécu au quotidien”.

Des points noirs sont listés par les personnels réunis sous la bannière de la CGT. “Manque de communication, priorité donnée aux chiffres comptables et non à l’humain. Une gestion purement comptable permet de ne pas remplacer les absences du personnel, au mépris de la qualité des soins et de l’épuisement du personnel.”

“Pratiques discriminatoires inacceptables”

La CGT enfonce le clou et affirme “que les salaires n’évoluent pas et que les qualifications ne soient pas reconnues”. Toujours selon le syndicat : “Les rémunérations pour les nouvelles embauches (celles rendues indispensables et urgentes à la suite des nombreuses émissions) se négocient de gré à gré et parfois plus avantageuses que celles imposées aux personnels plus anciens ! Enfin, aucune reconnaissance envers celles et ceux qui depuis tant d “années ont remporté à la renommée de nos établissements. Pratiques discriminatoires inacceptables.” Après avoir dressé cette liste de revendications, la CGT déplore que “malgré les nombreux projets de rénovation, nous travaillons toujours dans des locaux inadaptés pour une prise en charge optimale et sécurisée. Nous attendons toujours le premier coup de peinture ! Il est temps que notre direction reconnaisse que notre clinique n’est pas une start- up ni une machine à cash ! La CGT continue d’alerter sur la situation dégradée de nos établissements. Tout le monde s’en va ! Réagissez ! Comme elles sont loin les promesses d’amélioration et d’un futur assuré et rayonnant. La CGT alerte la direction, l’ARS, les pouvoirs publics sur les conséquences catastrophiques qui résulteraient si des changements profonds n’intervenaient pas sans délai dans la gestion de nos établissements.”

“Le problème des effectifs est général”

De son côté, le directeur de la clinique Maymard, Franck Valangendock, est étonné “de cette communication syndicale dont je ne connaissais pas la teneur et que j’ai pu découvrir sur Corse Net infos. Deux choses me surprennent, tout d’abord l’absence de travaux. Depuis que le groupe Almaviva est arrivé, en mars 2021 , nous avons déjà investi plus de 2,5 millions d’euros. Ce n’est pas anodin. C’est sans compter sur les sommes qui vont être injectées dans nos établissements pour les améliorer et les rénover. Deuxième élément qui m’interpelle : le manque de communication. C’est quand même étrange puisque, dans notre petite structure, je me permets dès qu’il y a des informations de les faire passer personnellement et par mail à nos 300 salariés. Cette remarque me laisse sans voix.”

Le dit directeur comprend, cependant, la revendication sur les difficultés de remplacement des personnels qui viennent à s’absenter ou à démissionner. Une tendance qui est générale selon lui. “Ce n’est pas propre à notre clinique. L’hôpital actuellement ne peut faire tourner que deux blocs faute de personnels soignants. Nous avons réussis nous des jours à en ouvrir cinq. Le problème des effectifs est général. J’en veux pour preuve le plan lancé par l’ARS au niveau régional pour recruteur des soignants. Enfin, comme nos salaires sont plus bas que dans le public, pour un poste identique une infirmière se dirigera davantage vers l’hôpital public que vers notre clinique où elle touchera moins . Et les inégalités salariales existantes et sont maintenues par l’État lui-même qui, lors du Ségur de la santé, a accordé des primes plus importantes aux personnels soignants du public. Après, je ne vous cache pas que dans notre situation financière, avec des déficits de 860 000 euros en 2019 et de 1,6 million d’euros en 2020, il est difficile d’augmenter des salaires ou de donner des primes.” A la clinique Maymard, le climat se tend entre salariés et le groupe Almaviva.

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