Volodymyr Zelensky en vedette américaine de la cérémonie d’ouverture du Festival

Volodymyr Zelensky en vedette américaine de la cérémonie d'ouverture du Festival
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Mardi 17 mai, à 19 heures, fut déclenchée la soixante-quinzième édition du Festival international du film, prêt à voguer toutes voiles dehors avec une pandémie contenue et le retour annoncé des professionnels. Il revint à la sirène Virginie Efira d’incarner, tout en lamé argent, bague assortie et ruissellement de chevelure blonde, l’ondoyante parure de la cérémonie d’ouverture.

De l’autre côté du décor, aux manettes, une nouvelle armada. Celle de France Télévisions, qui remplace Canal+ pour la couverture officielle du festival et qui a mis le paquet en mobilisant toutes ses chaînes. C’est aussi le retour du producteur historique du cérémonial télévisuel Cannois, Renaud Le Van Kim, évincé de Canal+ voici quelques années, qui revient aux opérations tant avec le groupe du service public qu’avec Brut, plateforme d’information performante qu’il a créé entre-temps, et qui devrait apporter une force de frappe nouvelle, en direction de la jeunesse d’une part, de l’étranger d’autre part, à la divulgation de l’événement.

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Il est vrai que la vieille dame cannoise, avec ses rituels plus ou moins désuets et son apparence immuable, demande à être à la fois respectée et bousculée. Le monde autour d’elle est en feu, les images migrent, quant au cinéma, il tremble sur ses bases. On n’en redira pas ici, pour la millième fois, les raisons, en vaticinant sur sa mort prochaine et en invoquant ad libitum les spectres qui creusent sa tombe.

Virginie Efira prononce un discours lors de la cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes, le 17 mai 2022.

Le défi actuel du festival ne se comprendrait pas, cependant, sans avoir ce grand théâtre du changement et le péril de ces abîmes à l’esprit. Thierry Frémaux le premier, dans les colonnes de la revue Ecran total de mai, s’en inquiète : « Il ne faut pas que d’ici vingt-cinq ans nos enfants demandent pourquoi nous avons laissé mourir les salles de cinéma. » Quand bien même ils nous reprocheront, plus sûrement, d’avoir saccagé la planète entière, on voit bien qu’aujourd’hui la gageure du festival, plus que jamais, consiste à ménager le léger et le lourd, le glamour et le tragique, le rêve et l’inquiétude.

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Larmes aux yeux, ovations debout et vibratos collectifs

S’il fallait un signe plus qu’encourageant de la manière dont il entendait la relever, la cérémonie d’ouverture le donna en une heure à peine. Elle fut parfaite de bout en bout. Empreinte de sobriété, de dignité, d’émotion, de surprise, de justesse. Si loin des sommets d’ennui et de contentement de soi que suscitent trop souvent ce genre d’événement.

Sans doute, la conscience que l’heure était grave et fut pour beaucoup. Et l’art de la dialectique y fut si bien mené, entre le fracas du monde et la manière dont le cinéma en répond, entre l’amour des hommes et le courage des idées par quoi le septième art, en ce qu’il a de plus noble, nous emporte sans coup férir. Une cérémonie qui se déroula en somme comme un film, dans une dramaturgie dont la réussite est à mettre au crédit de nombreux talents. La scénographie tout d’abord, grande ouverte sur la ville grâce à des panneaux où le paysage urbain lui-même était filmé. Belle idée que ce lien restauré entre le vase clos de la cérémonie et la réalité alentour. La maîtresse de cérémonie, belle, vibrante, atteinte elle-même, et parfois dépassée, par l’émotion de tel ou tel instant. Le président du jury, Vincent Lindon, auteur d’un discours écrit et lu sur scène sans faillir, d’une incroyable tenue, pour célébrer cette « arme d’émotion massive » qu’est le cinéma.

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