VIDÉO. Lot : au centre de rééducation de Montfaucon, le long combat des patients qui sortent du Covid

VIDÉO.  Lot : au centre de rééducation de Montfaucon, le long combat des patients qui sortent du Covid
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l’essentiel
Le centre médical de la Roseraie est le seul site spécialisé du Lot qui soigne les patients touchés par les séquelles du Covid ou qui ont le Covid long. Ici, après des mois d’errance médicale, les malades se reconstruisent.

Le chemin de la guérison est long. Mais le chemin de croix est derrière eux. Quand ils arrivent au centre de rééducation de la Roseraie, à Montfaucon, les patients souffrant du Covid arrivent brisés. « Ils sortent de réanimation, d’intubation, d’une embolie pulmonaire, de troubles neurologiques, certains sont restés couchés tellement longtemps à l’hôpital que les muscles et les nerfs sont affaiblis », explique le docteur Valérie Elbaz Kerkad. mars 2020, elle soigne avec les équipes du centre médical ces patients qui sortent d’un Covid éprouvant ou qui traversent un Covid long. Très vite, il a fallu s’adapter. ” On a formé des équipes dédiées, réunies les patients Covid dans le service 400, un service polyvalent géré par un médecin pneumologue qui a fonctionné en vase clos, avec son propre circuit de linge et de repas “, raconte-t-elle.

Pendant la première et la deuxième vagues, l’établissement reçoit au plus fort de la crise 15 patients Covid. Depuis, ils sont 7 sur des places de Covid long et deux en hospitalisation de jour sur les 115 lits que compte le centre. Parfois, il faut tout réapprendre : “Certaines ont perdu tellement de force qu’elles ne sont plus capables d’enfiler leur soutien-gorge”. D’autres ne peuvent plus marcher. ” Il faut les lever, remontrer les gestes du quotidien comme se faire un café, se nourrir de nouveau surtout que certains ont perdu beaucoup de kilos pendant la réanimation, d’autres n’ont même plus la force musculaire ou respiratoire pour tousser ou même cracher, ils sont fatigués et fatigables, nous avons dû aménager une chambre pour les patients trop épuisés entre les séances”, poursuit le docteur. Des vies à réparer.

Des groupes de parole

Aux séquelles physiques, s’ajoute une autre cicatrice : ” Ils ont été traumatisés par la réanimation, pour les aider à passer cette épreuve morale, nous avons mis en place des groupes de parole garantis aux patients Covid et animés par un psychologue”. À La Roseraie, le panel de compétences est assez large pour prendre en compte tous les aspects du Covid : ergothérapeute, neuropsychologue, diététicien, orthophoniste, kinésithérapeute, infirmier, assistant social… Les équipes se sont adaptées à ces patients d’un nouveau genre. “Contrairement à ceux qui sortent d’une opération programmée comme la pose d’une prothèse, qui restent trois semaines et se retrouvent une vie normale, ceux touchés par le Covid ne savent pas quand ils pourraient revenir chez eux”, confie le docteur Valérie Elbaz Kerkad.

Guillaume Pautot est arrivé à Montfaucon il y a plus de deux mois. Il ne sait pas quand il repartira. Ni même s’il pourra refaire un jour de l’escalade, de la voile ou de l’ULM. Le patient originaire d’Agen s’est retrouvé à La Roseraie après deux Covid, en août 2020 puis en mars 2021, et un an d’errance médicale. “J’ai décompensé au niveau respiratoire et j’ai perdu 30% de mes capacités pulmonaires”, se souvient-il.

« Un seul face à la maladie »

Les mois qui suivent, le quinquagénaire a des pertes de mémoire, son bras droit paralysé, des fourmillements, des sensations de chaud-froid. ” Je n’étais pas fatigué, j’étais terrassé, quand ça arrivait je n’avais pas d’autre choix que de m’asseoir et attendre que ça passe “, glisse-t-il. Il doit arrêter son métier de coiffeur et passe en invalidité. Pendant un an, il consulte plusieurs médecins : il ne comprend pas ce qu’il a, les docteurs non plus. “Ils me disaient : restez au calme et prenez du Doliprane”, explique-t-il amer. « Il avait l’impression qu’on le prenait pour un fou », note le docteur.

On le prend pour un malade imaginaire. “Les Covid longs sont encore trop mal orientés et peuvent rester longtemps avec leur fatigue leur douleur” note la directrice de La Roseraie, Béatrice Gaillard. Finalement, Guillaume Pautot entre à Montfaucon dirigé par un infectiologue de Cahors, sa “seule porte de sortie”. Ici, sa vie d’avant s’est arrêté mais quelque chose a remplacé : ” J’ai passé un seul face à la maladie, ici je me sens considéré, je me sens mieux, j’avais besoin d’un suivi psychologique aussi “. Il enchaîne les séances de kiné, au sol sur le tapis, des étirements, sur le tapis de marche, des exercices de respiration et de cohérence cardiaque. L’avenir reste encore flou. Mais le goût revient.

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