Vallourec supprime 3000 postes et ferme l’usine de Saint-Saulve

Vallourec supprime 3000 postes et ferme l'usine de Saint-Saulve
Written by admin

Le parapétrolier dit ne plus pouvoir produire des tubes d’acier compétitifs en Europe de l’Ouest.

Moins de deux ans après un précédent plan social, Vallourec a annoncé mercredi l’arrêt de son activité européenne de fabrication de tubes sans soudure. Cela débouchera sur les fermetures de plusieurs usines, dont celles contenues en Allemagne et à Saint-Saulve (Nord), at-il détaillé. Au total, 2 950 postes seront supprimés dans le monde. L’enjeu, tel que présenté par le nouveau PDG du groupe Philippe Guillemot, est de stopper l’hémorragie de trésorerie. Le groupe est sorti en février 2021 d’un plan de restructuration qui s’était vendu par la suppression de 1 000 postes (dont 350 en France) et par une prise de pouvoir par les créanciers. Une recapitalisation de 300 millions d’euros avait suivi en juin 2021. Vallourec a été légèrement bénéficiaire en 2021.

«Face à la concurrence des pays de l’Est, l’Europe ne peut plus être une base de production de tubes à destination du Moyen-Orient ou d’autres géographies, argumentée par Philippe Guillemot. Nos concurrents ont d’ailleurs tiré cette conclusion il y a bien longtemps.» Le groupe avait mis en vente fin 2021 son usine allemande de fabrication de tubes qui employait 2135 salariés. Le site engloutissait 100 millions d’euros par an, depuis sept ans. Faute de repreneur jugée sérieuse, Vallourec a annoncé mercredi sa fermeture.

À VOIR AUSSI – Des salariés d’Ascoval bloquent les entrées du site de Vallourec (26 oct. 2018)

Fin d’une histoire

L’usine française de Saint-Saulve dépendait directement de la production allemande. Elle sera donc également fermée, ce qui entraînera le licenciement d’une centaine de salariés. Le site en comptait plus de 1 000 il y a dix ans, lors de la splendeur du parapétrolier. C’est donc aujourd’hui la fin de l’histoire entre la petite ville de la banlieue de Valencienne et Vallourec, qui s’était déjà séparée de l’aciérie Ascoval en 2017.

Le site d’Aulnoye-Aymeries, près de Maubeuge (Nord) n’est pas épargné. Vallourec conservera les deux usines qu’il y opère. Philippe Guillemot pose toutefois deux conditions à la poursuite de l’activité. D’abord, trouver de nouveaux composés hors du marché des hydrocarbures. Pour faciliter l’atteinte de cet objectif, le site écossais de Bellshill sera fermé (70 postes seront supprimés) et sa production rapatriée à Aulnoye. Deuxième condition à remplir, la réussite d’une nouvelle activité de «additif de fabrication». Un, voire plusieurs robots, seront installés pour fabriquer des pièces d’acier en petite série ou sur-mesure à la façon d’une imprimante 3D.
Vallourec veut aussi rationaliser son département R&D en rassemblant ses équipes sur un seul site, et supprimera donc une centaine de postes à Aulnoye. Mais Aulnoye deviendra le centre mondial de pilotage de la R&D du groupe, promet le PDG. Par ailleurs, une soixantaine de postes disparaîtra au siège de Vallourec en région parisienne. Au total, pas moins de 300 postes seront supprimés en France dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi. À l’issue, il reste 1300 salariés de Vallourec dans l’Hexagone.

La production à destination du Moyen-Orient sera concentrée au Brésil, et localement pour l’Amérique du Nord. L’objectif du plan «Nouveau Vallourec» est d’abaisser le point mort afin de ne pas brûler la trésorerie en période de vaches maigres. De quoi générer 230 millions d’ebitda (excédent brut d’exploitation) supplémentaires en année pleine, à partir de 2024.


À VOIR AUSSI – « On en a marre d’être pris pour des pigeons » : mobilisation des salariés d’Amazon devant le site de Lauwin-Planque

.

Leave a Comment