Test de Vampire : The Masquerade

Test de Vampire : The Masquerade
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Dans cette nouvelle adaptation narrative de Vampire The Masquerade, le jeu de rôle papier, le joueur incarne trois vampires chargés d’enquêter sur ceux qui cherchent à nuire à la Camarilla (comprenez le clan) de Boston.

Plongeon narratif dans le lore intarissable du Monde des ténèbres créé par Mark Rein-Hagen,
Vampire : The Masquerade – Swansong
conte les tribulations des buveurs de sang de Boston. Fraîchement érigée au rang de Prince du clan de la Camarilla, Hazel Iversen compte bien faire appliquer d’une main de fer la Mascarade, la Loi vampirique (celle qui dissimule leur existence aux humains). Une proposition éditée par Nacon et développée par les Français de Big Bad Wolf, amateurs reconnus de la joute verbale depuis The Council. Le titre entend étoffer la formule essoufflée des dialogues à choix avec de généreuses mécaniques de jeu de rôle.

Conditions de test

Le test du jeu a été réalisé depuis une version PS5.

Enquête chez les vampires de Boston

Dans les hautes sphères organisées des vampires de Boston, le code rouge a été lancé, synonyme d’une crise majeure. Sans savoir laquelle, trois protagonistes issus de factions différentes, Galeb, Emem et Leysha, sont convoqués par le Prince Hazel. Missionnés dans les clans les plus aventureux des États-Unis, nos vampires dont le charisme dépasse largement dix Edward Cullen brushingués vont devoir protéger le secret de leur société maintenant ébranlé. Néophytes du Monde des ténèbres, il vous faudra naviguer à maintes reprises dans le glossaire du jeu qui ne s’embarrasse certainement pas de formules de politesse ou d’une quelconque introduction à son univers prolifique. Mais maîtriser le jargon de Vampire : The Masquerade, c’est finalement embrasser un monde captivant jusque dans ses arrière-plans. Le récit déroule une grande intrigue de conspiration, de meurtre, et de lutte de pouvoirs ; une sorte de Guerre des Trônes aux créatures glamours qui nous réconcilie volontiers avec les histoires de vampires modernes. Simplement, il faut aimer lire. Alors si vous n’êtes pas familier avec la licence, attendez-vous à patauger une poignée d’heures. D’autant que l’épisode foisonne de clans, sectes et personnages, trop même peut-être. Des dizaines de noms sont largués dans un fil narratif d’une robustesse tout de même éclatante mais dont les sous-intrigues s’éparpillent de la même façon.

Ici le moindre clampin semble avoir une histoire au minimum esquissée. Aussi, mettez de côté leurs regards vitreux et leurs expressions figées et vous pourrez apprécier toute la recherche et le goût placés dans leur design. Même observation faite pour les décors de Swansong qui s’inscrivent dans un style de classe et de sensualité. Le tout étant drapé d’une voluptueuse bande-son aux mélodies parfois rock et aux quelques instants d’apothéose. Enfin si la mise en scène est somme toute assez classique, elle s’offre également des moments d’éclat.

Le RPG narratif

À une époque où le jeu narratif à choix multiples semble avoir déjà exploité à outrance toutes ses ressources, que reste-t-il à Swansong ? Réponse : une formule aussi rafraîchissante qu’une brise d’été grâce à l’ajout abile de mécaniques RPG. Ce que vous aurez entre les mains, c’est à quelques détails près un The Council sauce vampire, pour ceux à qui la référence parle. Par l’acquisition de points d’expérience, les personnages peuvent chacun débloquer leurs lots de compétences et d’avantages spéciaux. Rhétorique, persuasion, technologie, érudition… à vous de voir quel profil accorder aux trois protagonistes qui se passent le relais.

Ajoutez à cela quelques équipements bonus à grappiller lors de vos explorations, très limités mais toujours utiles lors de confrontations fébriles. Car c’est là toute la singularité de l’expérience narrative de Big Bad Wolf : vos affrontements prennent la forme de discussions argumentées, lors desquelles vos qualités orales pourront mener à la fermeture de clapet de votre interlocuteur. Ces dernières peuvent par ailleurs être boostées temporairement par la consommation de points de volonté et de points “de faim” (ces derniers étant gérables en croquant des humains) qu’il faudra minutieusement économiser. Manquez de souffle et vous ne pourrez pas envoyer votre argument de charmeur en béton, gargouillez un poil trop fort et vous ne pourrez pas non plus manipuler le cerveau de votre proie. Un système qui rend les échanges tout à fait prenants mais qui ne devient vraiment consistant qu’au bout de quelques heures, une fois l’expérience suffisamment emmagasinée.

Une histoire à fins multiples

Enfin comme le genre le suggère, différents embranchements scénaristiques significatifs succèderont à vos décisions. Ils sont généralement bien visibles et sont imbriqués au sein d’une narration globalement plaisante à suivre et d’une solide durée de vie (comptez une quinzaine d’heures et la possibilité de rejouer chaque scène). Mais si l’histoire propose certes des variations très intéressantes, la progression n’en demeure pas moins assez linéaire. Libre à vous de choisir avec quel personnage débuter un nouveau chapitre, mais ses actions tisseront généralement un fil bien précis. Alors si vous êtes bloqué sur un objectif, difficile de s’atteler à autre chose pour conserver un bon rythme. Des situations qui génèrent souvent de longs moments de flottement à errer dans une pièce, parfois simplement à la recherche d’un bout de plastique planqué sur un coin de commode. En revanche, chaque scène explorée fourmille d’activités alternatives, d’options difficiles à cocher qui rendent le programme séduisant. D’autant que vous êtes généralement libre dans votre exploration, sans indication particulière. Comptez également sur une poignée de puzzles relativement réussis, à plusieurs reprises résolus par les capacités uniques de nos personnages. Leysha notamment peut devenir invisible adopter l’apparence (du moins le look) d’autres individus. Un pouvoir qui fait clairement de l’ombre à ceux des deux autres, capables de prouesses moins impressionnantes.

Conclusion

Points forts

  • Un univers consistant et captivant
  • Une narration globalement plaisante
  • Le système revisité des dialogues à choix
  • Des personnages au style implacable
  • Des choix à impact
  • Une solide durée de vie

Points faibles

  • Une progression globalement très linéaire
  • Un surplus de personnages
  • Les animations des personnages

Si l’univers foisonnant de Vampire : The Masquerade – Swansong constitue une entrée fastidieuse pour les nouveaux venus, il n’en devient pas moins passionnant une fois maîtrisé. Les amateurs du studio Big Bad Wolf seront probablement ravis par la formule “The Council façon Monde des ténèbres” ; Entendez par là un système de dialogues à choix revisités par l’ajout maîtrisé de mécaniques RPG. Swansong déroule un récit consistant, parfois trop, menés par trois protagonistes au style impeccable dont la progression reste assez linéaire.

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