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Tadej Pogacar est encore parti pour une « Longwy » en jaune

Tadej Pogacar à juste « suivre le mouvement ». Facile. Le Slovène, sans doute lassé par le blanc du maillot de meilleur jeune (mois de 25 ans) porté depuis le départ de Copenhague de ce Tour de France 2022, doit attendre vendredi et l’arrivée au sommet de la planche des Belles-Filles ( Haute-Saône) pour se mettre au jaune. Mais quand une occasion passe devant lui, le Slovène lève toujours le doigt. A Longwy (Meurthe-et-Moselle), le double tenant du titre fait coup double : victoire en puncheur dans cette 6e étape et prise de pouvoir au classement général.

Revivez la 6e étape du Tour de France : Tadej Pogacar s’impose et s’empare du maillot jaune

Mais qui est encore surpris ? Pas son équipier, le Polonais Rafal Majka. « Tadej est tellement fort. Hier, il a fait une démonstration sur les pavés. Mais il est fort en montagne, au sprint, sur le chrono. Partout quoi », résume le grimpeur de l’équipe UAE-Emirates. Malgré le sourire, les traits étaient tirés. Normal, après une étape avalée à la moyenne très soutenue de 49 km/h.

« Aujourd’hui, c’était très dur, c’est parti très vite, tout le monde s’est déroulé dans le final », résume le leader de la Groupama-FDJ, David Gaudu (3e). Dans le dernier kilomètre, le Breton s’était invité à une convention slovène sur l’arrivée en bosse. « J’ai pris la bonne roue, celle de [Primoz] Roglic qui comme d’habitude a lancé à 400 mètres [de l’arrivée]. Sauf qu’il y avait vent de face et Pogacar nous explosons en lançant à 250 mètres. »

Le coureur de 23 ans avait prévenu avant même le grand départ, « s’il y a une chance, dès que possible », il reprendrait son bien précieux. Et qu’importe ce que ça implique. « Ce qui vient avec le maillot jaune, les responsabilités, les cérémonies protocolaires et les conférences de presse, font partie du tout. On ne dit jamais « non » au maillot jaune », poursuivait la pépite de UAE-Emirates qui ne l’avait endossé, l’an dernier, qu’au soir de la 8e étape au Grand-Bornand (Haute-Savoie).

Rythme de dingue

Pour le peloton du Tour, ce jeudi était le jour le plus long de cette 109e édition. Du moins, sur le papier : près de 220 kilomètres, entre Binche, en Belgique, et Longwy. Au lendemain d’une 5e étape poussiéreuse et chaotique sur les pavés du Nord, cette escapade ardennaise avec ses trois petites difficultés répertoriées – dont deux dans les 15 derniers kilomètres – faisait office de transition avant de se taper la tête contre la « super planche » des Belles-Filles.

Le genre de terrain idéal pour laisser les équipiers des prétendants au général (à l’image de Vegard Stake Laengen, garde habituelle du corps de Pogacar) s’amuser un peu et chasser la bonne échappée avec les meilleurs baroudeurs du peloton, comme Taco van der Hoorn et Toms Skujins ou le puncheur Benoît Cosnefroy. « On savait qu’il y aurait une bataille pour prendre l’échappée, on a fait presque une heure et demi plein gaz, c’était vraiment très intense », raconte l’Américain Brandon McNulty, très précieux dans la finale de l’étape pour le nouveau maillot jaune.

Le responsable de ce rythme de dingue : Wout van Aert. Échaudé par la « journée de merde » de la veille, le Belge avait visiblement à cœur de passer encore quelques heures en jaune… Reste que la consigne était claire du côté de la Jumbo-Visma : si tu veux garder ton maillot, il va falloir te débrouiller tout seul.

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Après une brève accalmie, Van Aert a donc été à la manœuvre pour lancer une nouvelle échappée à 137 kilomètres de l’arrivée. Trois hommes en tête et, choisi inédit depuis le départ de ce Tour, sans aucun moustachu. Magnus Cort Nielsen (EF Education-EasyPost), qui a parcouru 534 des 762 kilomètres avalés depuis le départ de Copenhague jusqu’à Arenberg, n’est pas resté pour autant au chaud au cœur du peloton. Le Danois avait tenté sa chance en début d’étape dans une fugue d’une dizaine de coureurs. Mais le maillot à pois du meilleur grimpeur glissait avant le départ de l’étape qu’il se sentait « un peu fatigué ».

« Chez moi, il ne fait jamais ça »

C’est donc sur un autre Danois, Jakob Fuglsang (Israel-Premier Tech), et un Américain, Quinn Simmons (Trek-Segafredo), que le Belge a pu compter pour lui tenir compagnie. Peu coopératif ou lucide sur la pertinence de cette aventure, le premier a choisi de lever le pied au kilomètre 54. En revanche, le second, lui, s’est ajouté encore un peu. « Je ne sais toujours pas ce qui est réellement ma spécialité, confiait mardi le natif du Colorado aux sympathies trumpistes. J’essaie d’être bon partout : aujourd’hui, je peux aider mes leaders sur les sprints, j’espère que je serai un bon coéquipier sur les pavés, et je compte tenter ma chance sur les ascensions. » Jeudi, il a montré certaines aptitudes de baroudeur.

Le maillot jaune Wout Van Aert et l'Américain Quinn Simmons, échappés lors de cette 6e étape du Tour de France, entre Binche (Belgique ), et Longwy (Meurthe-et-Moselle), le 7 juillet.

Mais, alors qu’il reste 30 kilomètres à parcourir, Quinn Simmons grimace et laisse poursuivre en solo un Van Aert de plus en plus menacé. Cette machine à rouler a beau avancer à environ 50 km/h, aidé par le vent, pas moyen de se débarrasser du peloton est toujours restée à distance raisonnable de lui. « Je me suis demandé à un moment si on allait le reprendre », avance un Pogacar respectueux de cet effort un peu vain.

Épuisé et à bout de forces, Van Aert termine 103e de l’étape à 7 min 28 du Slovène après avoir été avalé à 11 kilomètres de l’arrivée. Il se console avec le titre de super combatif et va enfin pouvoir porter son beau maillot vert de leader au classement par points.

Ce baroud d’honneur n’a pas manqué de panache, la stratégie en revanche reste peu lisible. « S’il ne prend pas l’échappée, Van Aert n’est pas loin d’être imbattable sur ce type d’arrivée. Chez moi, il ne fait jamais ça, développe Jean-René Bernaudeau, le manager général de l’équipe Total Direct Energie. Plutôt que de tenter d’isoler Pogacar, [la Jumbo] cherche à tout gagner. Ils sont peut-être surpuissants, mais on voit bien le résultat. Il y a presque une morale à ça. »

Quant à Pogacar, il a envoyé un nouveau message avant d’attaquer cette « super planche » taillée pour ses qualités de grimpeur-puncheur. « Demain, c’est un nouveau Tour qui débute… On verra qui sera capable d’aller jouer avec lui devant », s’interroge David Gaudu (10e au général). Pour l’instant, « Pogi » ne devance jamais que de 4 secondes l’Américain Neilson Powless et de 31 secondes le Danois Jonas Vingaard. Pour l’instant…

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