sur le paiement du gaz en roubles, Russie et Union européenne défendent leur version

sur le paiement du gaz en roubles, Russie et Union européenne défendent leur version
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Le gaz russe pourrait-il manquer dès demain ? La question n’est pas si incongrue que cela, convient au ministre français de l’économie, Bruno Le Maire. « Il peut y avoir une situation dans laquelle demain (…) il n’y aura plus de gaz russe », at-il reconnu, le 31 mars à Berlin, lors d’une conférence de presse avec son homologue allemand, Robert Habeck.

A compter du vendredi 1euh avril, la Russie ne livrera du gaz aux pays de l’Union européenne (UE) qu’à une condition : les pays exprimés comme « inamicaux » – c’est-à-dire opposé à l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe – devra régler leurs factures en roubles pour s’approvisionner, plutôt qu’en euros ou en dollars. En cas de refus, « les contrats en cours seront arrêtés », a menacé le chef du Kremlin dans une allocution télévisée, jeudi.

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La mesure vise notamment à soutenir le cours du rouble, la devise russe s’étant effondrée après les premières sanctions occidentales pour protester contre l’invasion de l’Ukraine. Le gel des avoirs russes à l’étranger représenterait en effet quelque 300 milliards de dollars (271 milliards d’euros). Soit un peu moins de la moitié des réserves de la banque centrale russe.

Gazprombank, un intermédiaire bien utile

Tel que conçu par le Kremlin, le dispositif semble permettre, en réalité, à chaque protagoniste de s’arranger avec sa propre interprétation de la situation. Et pour cause, le Kremlin prévoit en effet deux comptes distincts pour les sociétés importatrices. Un compte pour verser leur paiement dans leur monnaie d’origine ; et un autre compte pour convertir tout cela en roubles, par l’intermédiaire de Gazprombank, l’institution bancaire de l’énergéticien russe Gazprom, qui a jusqu’à présent échappé aux sanctions européennes. « Pour celui qui reçoit le gaz russe, qui paie les livraisons, il n’y a dans les faits aucun changement. Ils acquièrent juste des roubles pour le montant en devises qui est prévu dans le contrat »a assuré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, jeudi.

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Ce semblant de compromis peut donner lieu à des communications paradoxales, chacun tentant de sauver les apparences. D’un côté, tout en assurant rester un fournisseur fiable, Vladimir Poutine met en avant son décret. De l’autre, le chancelier allemand, Olaf Scholz, rappelle qu’« il est écrit dans les contrats que les paiements se font en euros et parfois en dollars ». Et d’ajouter : « J’ai dit clairement au président russe que cela resterait ainsi. (…) Les entreprises veulent pouvoir payer en euros et le faire. »

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