Nouveau retard et coût qui flambe pour EDF en Angleterre

Nouveau retard et coût qui flambe pour EDF en Angleterre
Written by admin

C’est une technologie prometteuse qui se fait désirer. Le groupe d’énergie français EDF a annoncé jeudi que le chantier de construction de deux réacteurs nucléaires de nouvelle génération (EPR) à Hinkley Point en Angleterre accuserait un nouveau retard d’un an et des coûts supplémentaires d’au moins 3 milliards de livres .

« Le démarrage de la production d’électricité de l’unité 1 est désormais prévu en juin 2027. Le risque de rapport de la livraison des deux unités est évalué à 15 mois, en supposant l’absence de nouvelle pandémie et d’effet additionnel de la guerre en Ukraine », a indiqué le groupe dans un communiqué.

Initialement, le démarrage était prévu pour fin 2025, et il avait déjà été repoussé, l’an dernier, à juin 2026. La centrale se situe dans le Somerset (sud-ouest de l’Angleterre).

40 % plus cher que prévu

EDF estime désormais le coût du projet « entre 25 et 26 milliards de livres sterling » de 2015, contre 18 milliards en 2016, lors du feu vert du gouvernement britannique et du début du chantier, soit un surcoût de 40 %.

Le retard est mis sur le compte des deux ans de pandémie : « les personnes, les ressources et la chaîne d’approvisionnement ont été mises à rude épreuve et leur efficacité a été limitée. De plus, le volume d’études et de travaux de génie civil, et le coût de ces travaux et en particulier des ouvrages maritimes, ont augmenté », explique le groupe.

Le prochain jalon sera la pose du dôme sur l’unité 1 de la centrale, au deuxième trimestre 2023, contre fin 2022 précédemment. Le projet, controversé à l’origine et contesté par les syndicats français pour son coût, avait déjà été réévalué entre 22 et 23 milliards de livres. Il n’a pas échappé pas aux déboires subis par d’autres EPR.

Macron veut relancer le nucléaire

L’EPR (European Pressurized Reactor) est un modèle de réacteur nucléaire plus puissant et conçu pour être plus sûr que les générations précédentes. Trois sont terminés, en Finlande et en Chine, et trois sont en construction, un en France et deux à Hinkley Point. Mais le réacteur fini (Olkiluoto-3) a démarré en mars avec 12 années de retard, et sur les deux EPR chinois mis en service en 2018 et 2019, l’un est à l’arrêt depuis juillet 2021 pour des problèmes techniques.

Quant au réacteur français, à Flamanville, les retards cumulés dépassent 11 ans pour un chargement du combustible désormais prévu au 2e trimestre 2023, et le coût est monté à 12,7 milliards d’euros selon l’estimation d’EDF au 12 janvier 2022 En 2006, ce réacteur très puissant de 1.650 MW était annoncé à 3,3 milliards d’euros.

EDF cumule les mauvaises nouvelles depuis le début de l’année. Le groupe a dû être recapitalisé en avril, et son bénéfice va plonger cette année en grande partie car l’État français lui a demandé de vendre plus d’électricité à des prix bas – un dossier sur lequel le PDG s’oppose publiquement au gouvernement .

En France, la technologie EPR reste au cœur de la stratégie énergétique. Le président Emmanuel Macron a annoncé son intention de relancer un programme nucléaire avec six réacteurs de nouvelle génération EPR2, vantant notamment l’avantage climatique de l’électricité ainsi produite. Ce chantier au long cours n’aboutit pas durant le quinquennat. La première mise en service n’est pas attendue avant 2035 ou 2037. Mais l’enjeu financier est immédiat et considérable, avec un coût correspondant à plus de 50 milliards d’euros pour six réacteurs.

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