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Mbappé, Galtier, ses ambitions… L’interview intégrale de Vitinha pour RMC Sport

EXCLU RMC SPORT – Première recrue du PSG, en provenance du FC Porto, Vitinha (22 ans) a accordé sa première interview en France à RMC Sport. Le milieu de terrain portugais évoque notamment ses ambitions, son style de jeu et sa personnalité.

RMC Sport: Merci de nous recevoir dans ta nouvelle maison, à Paris. Pour vous souhaiter la bienvenue, nous avons un cadeau. Des Cerelac, des céréales pour enfants. On a lu que c’était votre secret!

Vitinha: Vous avez bien fait vos devoirs! Clairement, vous avez bien travaillé. Je le range ici et on continue de parler. Je ne sais pas si c’est un secret, mais ça a bien fonctionné jusqu’ici. Et je continue d’en manger.

Quelles sont vos premières impressions de Paris? Connaissiez-vous déjà la ville?

Je n’ai pas encore eu l’opportunité de visiter. Je suis arrivé il y a deux jours. J’étais venu faire mes tests médicaux, signer et je suis reparti. Je suis là depuis deux jours. J’ai eu le temps de m’entraîner le matin et l’après-midi. Je n’ai pu voir la ville qu’en voiture.

Il y a un an seulement, vous reveniez d’un prêt à Wolverhampton et vous intégrez l’équipe du FC Porto où peu vous imaginaient titulaire. Aujourd’hui, vous êtes la première recrue du Paris Saint-Germain. Tout ça va vite. Est-ce que cela vous fait peur?

Non. J’aurais eu peur si je n’avais pas joué à Porto, si je n’avais pas joué où que je sois. Tout le monde rêve de ça. Ça me rend juste heureux et je n’ai aucunement peur.

Au Portugal, la majorité des joueurs a pour rêve d’évoluer un jour en Premier League ou en Liga espagnole. Jouer au PSG, en Ligue 1, ça faisait partie de vos objectifs, de vos rêves?

Oui, c’était l’un de mes objectifs. Le championnat français est très compétitif, un peu physique, très rapide dans le jeu. Et on va voir comment je réagis face à ces caractéristiques de jeu. Et comme je l’ai déjà dit quand j’ai signé pour le Paris SG, je veux aussi imposer un peu mon jeu, imposer un peu ma façon de jouer, pour que je sois important.

Le FC Porto a officialisé votre transfert pour un peu plus de 41 millions d’euros. Sentez-vous ue forme de pression liée au montant du transfert?

Non, je ne fais pas attention à ça. C’est quelque chose qui est dicté par le marché, par les clubs. Je ne peux, et ne dois pas, me concentrer là-dessus. Je me concentre sur mon travail au quotidien, et c’est ce que je peux promettre aux supporters du PSG. Travailler et être prêt à aider l’équipe.

“J’aime avoir le ballon, organiser, penser le jeu, créer”

Nous savons que vous n’aimez pas trop parler de vous, mais pour les supporters du PSG qui ne vous connaissent pas bien, quelles sont vos forces, vos qualités?

Quand je suis arrivé ici, j’ai dit que je n’aime pas trop parler de moi. Je préfère que chacun regarde et tire ses propres conclusions. Mais je peux dire que je suis un joueur technique. J’aime avoir le ballon, organiser, penser le jeu, créer. Dernièrement, notamment au cours de l’année qui vient de s’écouler, j’ai ajouté à cela ce que je n’avais pas autant avant: la partie défensive, l’agressivité, la réaction à la perte du ballon. Je suis aujourd’hui un joueur bien plus complet, même s’il y a toujours de la place pour progresser.

S’il y a un aspect où vous pourriez encore progresser, quel serait-il?

Je ne sais pas s’il y a un aspect spécifique. Je pense que, tous les jours, je peux m’améliorer dans beaucoup d’aspects, y compris ceux dans lesquels je suis plus fort, je peux encore être plus fort encore. Et c’est ça que je vais tenter de faire.

Le PSG possède beaucoup de joueurs au milieu de terrain. Quelle peut être votre plus-value dans ce secteur?

On est différents les uns des autres. On a des caractéristiques différentes. L’entraîneur tirera, certainement, le meilleur de chacun et il alignera celui qu’il jugera être le meilleur pour aider l’équipe. Moi, je dois travailler et aider l’équipe quand on fera appel à moi, être prêt à aider.

La saison dernière, vous avez été l’un des joueurs les plus utilisés par Sérgio Conceição, à Porto. Venez-vous avec l’intention d’être titulaire à Paris?

N’importe quel joueur vient avec l’intention d’être titulaire. Qui veut être remplaçant? Ce qui est vrai, c’est que seuls onze joueurs peuvent débuter les matchs. Je dois être prêt à n’importe quel scénario. Si je joue, c’est parfait, c’est ce que chaque joueur veut si je ne joue pas, il faudra que je sois prêt à travailler encore plus.

“Je veux moi aussi être une référence”

Cette année est aussi une année de Coupe du monde, au Qatar, un pays très lié au PSG. C’est aussi un objectif pour vous d’être dans la liste de Fernando Santos pour le Mondial?

Bien sûr. Tous les joueurs veulent aller à la Coupe du monde et je ne suis pas une exception.

Jorge Costa [légende du FC Porto] vous a comparé à Iniesta; vous avez aussi été comparé à Xavi, Deco, João Moutinho. Quelle est votre référence ? Avez-vous, ou aviez-vous, un modèle?

J’ai pris un petit peu de chacun. J’aimais et j’aime beaucoup les voir jouer, mais je veux être Vitinha. Je veux moi aussi être une référence pour qu’un jour, plus tard, on pose cette même question à un autre joueur. Et c’est ce que je vais essayer de faire.

En France, beaucoup vous décrivent comme le nouveau Verratti. Que pensez-vous de cette comparaison?

Je donne la même réponse que précédemment. On a des milieux de terrain différents, avec toutes les caractéristiques. Et je suis un joueur de plus pour aider l’équipe.

Il y a déjà des débats se demandant si Verratti et vous seriez compatibles. Pensez-vous que vous l’êtes?

C’est à l’entraîneur de répondre à ça, pas moi.

Avez-vous déjà pu échanger avec Christophe Galtier, tout juste intronisé nouvel entraîneur. Avez-vous déjà une idée de la façon dont l’équipe va jouer la saison prochaine? Est-ce quelque chose dont vous avez parlé avec Antero Henrique, Luís Campos, au moment de votre venue ?

L’entraîneur est arrivé il y a deux jours. Il a parlé au groupe. Les premières impressions sont bonnes. On a parlé de plusieurs choses, mais on n’a pas encore pu évoquer le modèle de jeu.

Que saviez-vous de Christophe Galtier avant qu’il vienne à Paris?

Je sais qu’il a été champion avec Lille, c’est son point culminant qu’on connait tous. Je sais qu’il est resté huit ans à Saint-Étienne et l’année dernière, il était à Nice, avec une bonne cinquième place. Il a fait du très travail et on va faire ne sorte pour cette année ce soit encore du bon travail. Le meilleur.

“J’ai envie d’atteindre le niveau de Mbappé”

Comme Danilo et Nuno Mendes, vous allez faire partie de ces joueurs qui cohabitent avec Messi et Cristiano Ronaldo. Vous savez quelle va être la question: êtes-vous plutôt Team Messi ou Team Ronaldo?

Et vous connaissez déjà surement la réponse: on ne peut pas comparer, ce sont deux monstres du football. Et je suis un privilégié de pouvoir jouer avec les deux.

Au-delà de Messi, Paris a des joueurs comme Mbappé, Neymar. Êtes-vous intimidé à l’idée de cohabiter avec ces stars?

Je pense que personne n’est intimidé. Je me sens surtout chanceux de les avoir comme coéquipiers. Je me sens privilégié de partager le même vestiaire, les entraînements, les matchs, avec eux. Je vais tout faire pour que ça passe au mieux.

Mbappé et vous êtes de la même génération. Vous n’avez que quelques mois de différence d’âge. Il est déjà une référence au niveau mondial, l’un des piliers du projet du PSG. Que vous inspire-t-il?

Il m’inspire que… j’ai envie d’atteindre son niveau. Il a un niveau incroyable, l’un des meilleurs du monde. Je vais tout faire pour atteindre ce niveau-là. Je suis dans le meilleur club pour le faire. Mais il manque beaucoup de travail pour le faire. Avec du travail, l’aide de l’équipe et la mienne aussi, je peux y arriver. C’est par ce prisme que je le vois, comme inspiration, c’est d’atteindre le niveau qui est le sien.

La Ligue des champions est le grand objectif de Paris. Qu’a-t-il manqué au PSG, selon vous, pour la remporter? Vous qui venez d’un club qui compte deux C1 dans son histoire…

Quand Porto l’a remportée, ce n’était pas avec moi. Je ne suis personne pour venir ici et apprendre quoi que ce soit à qui que ce soit. Je vais revenir à ce que je disais tout à l’heure: je suis un élément de plus pour aider l’équipe, pour atteindre cet objectif et d’autres, comme le championnat, la coupe… Toutes les compétitions dans lesquelles on est engagés sont faites pour être gagnées. La Ligue des champions est l’une d’entre elles et c’est un rêve de la jouer et de faire en sorte de la remporter.

“Pauleta m’a appelé”

Le PSG a eu beaucoup de joueurs portugais dans son histoire. Avez-vous pu échanger avec certains d’entre eux avant de venir à Paris?

Je peux vous révéler que Pauleta m’a appelé. Ce fut incroyable, il a été très sympathique. Il m’a proposé son aide pour tout ce dont j’avais besoin. Et bien sûr, j’ai aussi parlé avec mes coéquipiers, Danilo et Nuno Mendes. Et on va certainement plus se parler encore, pour des questions liées à la maison, la voiture, tout ça… Ils sont là pour m’aider et ils ont été super avec moi, jusqu’ici.

Dans vos premières déclarations sur le site du PSG, vous avez déclaré être très proche de votre famille. Comment allez-vous vivre la distance avec eux, notamment avec votre père qui a été joueur au Portugal?

C’est facile. Je pense qu’il doit y avoir 13 vols par jour entre Paris et Porto. Je serai ici avec ma femme et ma fille, qui sont les plus importantes pour moi. Et mes parents, ma sœur, mes amis, quand ils le pourront, une semaine sur deux, ils viendront ici. Je n’aurai plus le mal du pays, la saudade du Portugal, parce que les gens viendront ici.

C’est la deuxième fois que vous quittez le Portugal, après l’expérience à Wolverhampton. Celle-ci a-t-elle surgi trop tôt dans votre carrière?

On peut dire ça, parce que je n’ai pas laissé ma marque. J’ai peu joué avec les Wolves. On peut donc dire ça. Mais je pense que ce fut très bon. Ça m’a apporté des choses que je n’aurais probablement pas eues si je ne n’y étais pas parti. J’ai beaucoup grandi, y compris en dehors du terrain, sur les choses que j’avais à apprendre, sur ce qu’est être dans un club, hors de son pays, en dehors de sa zone de confort. Si je pouvais revenir en arrière, je ne changerais rien. Parce que c’est ce qui m’a fait arriver ici, et avoir un bagage bien plus important.

C’est ce que nous allions vous demander: cette expérience vous a-t-elle aidé dans votre cheminement, à arriver jusqu’ici, à Paris?

Oui, sans aucun doute. Cela m’a beaucoup aidé.

“Les contacts avaient été pris il n’y a pas si longtemps”

Quelle a été l’importance de Sérgio Conceição dans l’évolution de votre carrière?

J’ai déjà eu l’opportunité de le dire, mais je vais le redire et le répéter autant de fois que nécessaire: il a été très important. Il me disait une phrase qui était drôle, mais qui fait sens. C’était que compte-tenu de ma façon de jouer, il y a un ou deux en arrière, je pouvais faire l’affaire dans deux ou trois clubs à peine. Au niveau de la possession du ballon, d’être très technique… Il manquait plus. Maintenant, avec ce que j’ai ajouté à mon jeu, avec ce qu’il m’a aidé à avoir et à tirer de moi, de mon jeu, je peux jouer dans n’importe quel club du monde, y compris dans le meilleur club de France, le PSG.

Dans une interview, il avait déclaré – et vous l’aviez vous-même confirmé – que ce qu’il vous manquait il y a un an, c’était une forme d’agressivité. Pensez-vous être prêt, là-dessus, pour jouer en Ligue 1 et au PSG?

Je suis preparadíssimo. On a toujours des choses à améliorer, même là où je suis plus fort. Je n’ai que 22 ans, je suis jeune. J’ai encore beaucoup à apprendre. On apprend toujours, mais moi j’ai vraiment beaucoup, beaucoup, à apprendre. Et je vais certainement beaucoup apprendre avec le staff technique, avec ses joueurs phénoménaux à mes côtés. On ne peut que progresser. Et c’est pour ça que je vais travailler tous les jours.

Vous êtes la première recrue parisienne de la saison. Comment se sont noués les contacts? Cela s’est-il fait vite, ou était-ce dans les tuyaux depuis un moment?

Les contacts avaient été pris il n’y a pas si longtemps. Je connaissais les intentions du PSG et ça s’est fait naturellement. Je suis très reconnaissant au président, Nasser Al-Khelaïfi, à Luís Campos, à tous ceux qui m’ont donné cette opportunité. Être ici est un privilège et je vais tout faire pour que ça se passe le mieux possible.

Luis Campos a une grosse réputation, qu’il n’a sûrement jamais eue au Portugal lorsqu’il était entraîneur. Que pouvez-vous dire sur lui?

Je ne le connaissais pas personnellement. Je l’ai connu lorsque le PSG m’a approché. C’est une personne extraordinaire, à qui je peux parler et sur qui je peux compter. Je sens que je peux lui faire confiance. Professionnellement, son CV parle pour lui. Il a une réputation incroyable en France, qui est le fruit de son travail, de ses succès. Et celui-ci en sera certainement un autre.

“Je n’ai jamais eu d’idole”

Christophe Galtier a dit mardi qu’il voulait que Neymar reste au Paris Saint-Germain. Aimeriez-vous jouer avec lui, la saison prochaine?

Qui n’aime pas jouer avec des joueurs comme ça, comme Neymar? Bien sûr que j’aimerais.

Fait-il partie des modèles que vous aviez enfant?

Tous ceux qui regardent le foot ont ces grands joueurs comme référence, peut-être pas comme une idole, mais celui qui regarde le foot, sait qu’ils sont les meilleurs.

Pardon d’insister avec cela, mais quels étaient les posters qui tapissaient votre chambre, lorsque vous étiez gamin?

Je crois que je n’en n’avais pas.

Vítor Manuel (son père, qui avait été joueur pro)…

J’avais surement un “Panini” de lui.

Mais vous n’aviez pas d’idole quand vous étiez jeune…

Je crois que je n’ai jamais eu d’idole affirmée. Je regardais beaucoup de matches, j’aimais beaucoup de joueurs mais il n’y avait pas une personne qui…

Pour finir, il y a-t-il un système dans lequel vous vous sentez le plus à l’aise? Préférez-vous jouer avec un autre 8 ou devant deux 6? Avez-vous une préférence? On se demande comment Paris va jouer la saison prochaine, notamment au milieu…

Ce que je préfère, c’est jouer! Quelle que soit la façon de jouer. Pouvoir aider l’équipe et c’est tout.

Nicolas Vilas et Timothée Maymon

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