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L’Europe repart dans le rouge, inflation et recul inquiètent – 05/07/2022 à 14:02


L’EUROPE REPART DANS LE ROUGE, INFLATION ET RÉCESSION INQUIÈTENT

par Claude Chendjou

PARIS (Reuters) – Wall Street est attendu en baisse mardi et les Bourses européennes évolueront dans le rouge à mi-séance, la tendance positive dans les premiers échanges, alimentée par l’optimisme sur les relations sino-américaines, ayant laissé place aux craintes toujours persistantes sur l’inflation et la perspective d’une régression mondiale alors que les prix du gaz ont atteint un niveau record.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,41% pour le Dow Jones, de 0,53% pour le Standard & Poor’s 500 et de 0,70% pour le Nasdaq.

À Paris, le CAC 40 recule de 1,03% à 5.893,17 vers 11h25 GMT. À Francfort, le Dax abandonne 0,98% et à Londres, le FTSE cède 0,96%.

L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 reflue de 0,41%, l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,72% et le Stoxx 600 de 0,54%.

Le ministère chinois du Commerce a déclaré mardi que le vice-Premier ministre chinois, Liu He, avait eu un dialogue économique “constructif” avec le secrétaire américain au Trésor, Janet Yellen, alimentant l’espoir d’une levée des surtaxes douanières sur certaines produits chinois.

L’activité du secteur des services en Chine a en outre rebondi en juin après trois mois de déclin pour progresser à son rythme le plus rapide en près d’un an, a montré les résultats de l’enquête Caixin publiés mardi.

Ces deux nouvelles ont soutenu les marchés d’actions en début de séance mais la tendance s’est retournée en raison d’un regain d’inquiétude sur l’inflation et après la publication de statistiques économiques mitigés en Europe.

Les investisseurs redoutent que la grève en cours des salariés du secteur du pétrole et du gaz en Norvège, à l’appui de revendications salariales, alimente une nouvelle flambée des prix après un nouveau bond de 17% du cours du gaz naturel en Europe continentale et en Grande Bretagne.

“Leur action va exacerber le problème de la hausse des prix et conduire à un approvisionnement encore plus tendu sur le marché de l’énergie déjà sous pression”, souligne Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.

“Cela survient à un moment de grande fragilité géopolitique puisque l’UE est confrontée à la menace d’une fermeture brusque des robinets (de l’énergie) par la Russie, ce qui risque de plonger des industries essentielles dans la crise”, ajoute -t-elle.

Sur le plan macroéconomique, la croissance dans le secteur privé de la zone euro a de nouveau ralenti, l’indice d’activité PMI composite étant ressorti en baisse à 52,0 en juin, son plus bas niveau depuis 16 mois, montre les résultats les définitifs de l’enquête de S&P Global qui ont fait que la région pourrait entrer en retraite ce trimestre.

En Grande-Bretagne, la croissance des entreprises s’est avérée un peu plus forte que prévu en juin, mais la flambée de l’inflation a affecté les nouvelles commandes.

La Banque d’Angleterre (BoE) a en outre averti mardi que les perspectives économiques aussi bien au Royaume-Uni qu’au niveau mondial s’étaient dégradées depuis le début de l’année et a demandé aux banques d’augmenter leurs réserves de capitaux pour s’assurer qu’elles pourraient résister au choc.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

Tesla recule de 1 % dans les échanges en avant-Bourse, le constructeur automobile américain ayant annoncé samedi une baisse de 17,9 % de ses livraisons de véhicules au deuxième trimestre, à 254.695 unités, en raison de l’impact des restrictions sanitaires en Échine.

VALEURS EN EUROPE

En Europe, la majeure partie des principaux compartiments du Stoxx 600 évolue dans le rouge, la baisse la plus importante étant à l’actif des ressources de base (-3,02%), victimes notamment de prise de bénéfice au lendemain de leur forte progression. De l’autre côté du spectre, l’immobilier(+0,88%), qui a subi lundi une nette baisse lundi dans la crainte d’une remontée de taux d’intérêt, affiche mardi la meilleure progression de l’indice paneuropéen .

Dans l’actualité des entreprises, Rémy Cointreau grimpe de 3,71%, soutenu par la recommandation de Jefferies à “acheter”, l’intermédiaire estimant que le groupe de vins et spiritueux est bien placé face aux pressions inflationnistes.

Côté baisse, le groupe français de musique en ligne Deezer chute de 24,70 % pour sa première séance de cotation après son rachat par le véhicule d’investissement I2PO, certains analystes estimant que la plate-forme, qui a peu de poids pour bénéficier avec les grands labels, est confrontée à la redoutable concurrence des géants comme Amazon Prime ou Apple Music.

Ailleurs en Europe, la compagnie aérienne en difficulté SAS plonge de 10,53% après avoir engagé une procédure de sauvegarde aux Etats-Unis pour tenter d’accélérer sa restructuration.

Uniper, qui a chuté de 27,6% lundi, recule encore de 3,27%, des commerçants évoquant une possible nationalisation de la compagnie allemande, qui souffre de la baisse des approvisionnements en gaz russe.

TAUX

Le regain d’inquiétude sur les perspectives économiques après la publication des indices PMI de services pèse sur les rendements obligataires en Europe : celui du Bund allemand à dix ans, qui a pris lundi onze points de base lundi, recule de quatre points à 1 301 % .

Son équivalent français de même échéance, abandonne deux points à 1,910%.

Le rendement des Treasuries à dix ans gagne en revanche quatre points de base à 2,9078% après un week-end de trois jours lié à la fête nationale américaine.

CHANGEMENTS

Aux changes, l’euro est tombé mardi à son plus bas niveau depuis près de 20 ans, la nouvelle envolée des prix du gaz naturel en Europe attisant les craintes d’une régression.

La monnaie unique européenne, en réplique de 1,23%, se traite à 1,0293 dollar, à un creux depuis décembre 2002, et a perdu depuis le début de l’année 11%.

Le dollar, lui, affiche une hausse de 1,06 % par rapport à un panier de devises de référence, favorisé par la remontée des rendements des bons du Trésor américain.

Le yen, pénalisé depuis plusieurs mois par le creusement de l’écart entre les taux d’intérêt américains et japonais, se négocie à 136,18 face au dollar, tout près de son récent plus bas de 24 ans.

Le dollar australien cède 1,24 % malgré l’annonce par la banque centrale australienne du relèvement de son principal taux directeur de 50 points de base, une décision conforme aux attentes.

ESSENCE

Les cours pétroliers sont également affectés par les craintes d’une régression qui pourrait peser sur la demande.

La baril de Brent perd 1,56% à 111,73 dollars et celui du brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 0,43% à 107,96 dollars.

(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)

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