les dernières révélations sensibles sur l’affaire Gérard Depardieu

les dernières révélations sensibles sur l'affaire Gérard Depardieu
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Gérard Depardieu assiste à la cérémonie de clôture du Festival Cinéroman. (Nice, le 24 octobre 2021.) Abaca

L’acteur de 73 ans, visé par une plainte pour viols et agressions sexuelles, a récemment demandé l’annulation de sa mise en examen. Depuis, le parisienne a publié de nouvelles révélations sur les circonstances de ces agressions présumées.

Les faits se produiraient durant l’été 2018. Charlotte Arnould, 23 ans, aurait alors croisé le chemin de Gérard Depardieu, ami de longue date de son père, au détour d’une balade avec sa mère Blaisette. «On tournera ensemble bientôt», lui aurait lancé l’apprentie comédienne. Vingt-cinq jours plus tard, la jeune danseuse et pianiste porte plainte contre le septuagénaire pour viols et agressions sexuelles. Celui qu’elle considérait comme son «deuxième papa» et le «plus grand acteur de tous les temps» l’aurait, selon elle, violée dans le secret de son hôtel particulier du VIe arrondissement. Le comédien a demandé l’annulation de sa mise en examen, au motif de l’absence d’indices sérieux. La décision de la chambre de l’instruction de Paris sera annoncée le jeudi 10 mars.

Une affaire sur laquelle est revenu le parisienne, ce mercredi 9 mars, en faisant état de nouvelles informations. Selon le quotidien, c’est Blaisette, dont l’époux connaît Gérard Depardieu depuis une quarantaine d’années, qui aurait recontacté l’acteur après leur rencontre fortuite. Ensemble, ils auraient été échangés par téléphone autour des projets d’actrice de Charlotte. Blaisette aurait ainsi demandé au comédien de donner des conseils à sa fille en vue de sa future carrière. Gérard Depardieu aurait recontacté Charlotte Arnould dans la matinée du 7 août 2018. À 10 heures, ce jour-là, la jeune femme franchit la porte de «l’atelier», une pièce dans laquelle l’acteur entrepose de multiples œuvres d’art .

“C’est horrible, il m’a touchée”

Tous deux évoquent notamment le concours d’entrée au Conservatoire national d’art dramatique. « Nous avons évoqué professionnellement comme cela cinq minutes avant qu’il me dise de m’approcher de lui pour qu’il regarde le maquillage de mes yeux », a expliqué la danseuse aux policiers. D’après Charlotte Arnould, Gérard Depardieu aurait soudainement passé sa main sous ses vêtements, avant de lui toucher les parties intimes. Le comédien lui aurait également imposé une pénétration digitale. La jeune femme, « tétanisée » et « choquée », n’aurait su comment réagir. Elle n’a alors aucune expérience sexuelle, se remet d’une anorexie, et est encore fragile. L’acteur aurait quant à lui souligné sa maigreur et lui aurait posé des questions intrusives sur sa sexualité.

L’échange aurait été interrompu par l’arrivée de la femme de ménage. Il se serait vendu par un baiser fugace échangé, selon Charlotte Arnould, par automatisme. Durant la même matinée, Gérard Depardieu aurait proposé à son interlocuteur de lui faire visiter son jardin, qui se trouvait à l’étage. Une fois en chemin, il lui aurait demandé de s’allonger sur un lit, et lui aurait fait subir de nouveaux attouchements et un cunnilingus non consentis. « Incapable de bouger », Charlotte Arnould aurait par la suite quitté le domicile de l’acteur, « dévastée ». Elle aurait appelé sa mère et affirmé, en pleurs : «C’est horrible, il m’a touchée.»

“Entente” et “curiosité”

L’interprète de Cyrano de Bergerac l’aurait rappelée le midi même, soucieux de savoir s’il « ne l’avait pas traumatisée ». Les enquêteurs ont depuis confirmé l’existence de cet appel. Gérard Depardieu a quant à lui déclaré à la Police Judiciaire parisienne qu’il avait bel et bien touché la préoccupée et posé des questions sur sa vie sexuelle. Mais il a soutenu que cette dernière était «pleinement consentante». «J’ai senti dans son regard et son comportement une curiosité et une entente qui m’ont poussé à aller plus loin, at-il indiqué. Si j’avais senti la moindre résistance ou opposition, elle n’aurait pas eu besoin de dire un mot, j’aurais arrêté immédiatement.» Il a cependant nié toute pénétration digitale.

Concernant l’agression qui aurait eu lieu dans la chambre de l’hôtel particulier, l’acteur relate qu’il a demandé à la jeune femme si son cunnilingus lui procurait du plaisir. «Elle m’a dit non, alors j’ai arrêté», at-il expliqué lors de son audition. Avant d’ajouter : “Mon souhait n’était en aucun cas de l’atteindre mais au contraire de faire en sorte, avec son consentement, de lui donner du plaisir.” La défense évoque par ailleurs la teneur des échanges qui ont suivi l’incident. Lorsque Gérard Depardieu lui propose de répéter un rôle chez lui, Charlotte Arnould accepte. Dans l’optique, dit-elle, d’exprimer son « dégoût » au regard du comportement de l’acteur.

“J’étais comme un robot”

«J’avais l’intention de lui dire qu’il m’avait traumatisé, volé quelque chose de précieux et d’irrécupérable», a expliqué la jeune femme durant son audition. Mais l’entrevue ne se serait pas déroulée comme prévu. À son arrivée, le duo aurait de nouveau échangé un baiser, et l’apprentie-comédienne, sidérée, aurait subi une autre pénétration digitale. “J’étais comme un robot […] une loque sans réaction, at-elle déclarée. Devant lui, je suis hypnotisée, tétanisée, sous son emprise.» Avant de poursuivre : « Il a vu ma fragilité, il savait que j’avais toujours des problèmes avec mon corps. […] J’étais raide, je ne bougeais pas.»

Des allégations que dément Gérard Depardieu. «Imposer un acte sexuel est pour moi quelque chose d’inconcevable et d’insupportable, at-il soutenu aux enquêteurs, après le dépôt de plainte de Charlotte, le 25 août. Je n’aime pas être un pygmalion.» La Police Judiciaire s’est quant à elle interrogée sur les images des caméras de vidéosurveillance de «l’atelier», sur lesquelles la jeune femme apparaît selon eux «décontractée». Aucune caméra n’avait encore été installée dans les étages. Les policiers ont par ailleurs été intrigués par un message de la suspecte, traduit à Gérard Depardieu après la seconde viole présumée. «Mon doux Gérard, j’ai appris la scène et j’espère la travailler avec vous bientôt», écrit ainsi Charlotte Arnould.

“J’avais besoin d’expulser la mort”

Dans un message vocal daté du 19 août 2018, elle déclare également qu’elle aimerait chanter Barbara avec lui au Cirque d’Hiver. Puis s’exclame dans un mail traduit à Fanny Ardant, la metteuse en scène de la comédie musicale Passion, dans laquelle elle officie : “quel homme !” « J’avais besoin d’expulser la mort qui m’habite, a précisé Charlotte Arnould lors de son audition. […] Je n’avais pas envie d’y croire encore. J’étais dans le déni, la sidération, la dissociation. Je n’ai pas pris conscience de la gravité des faits.»

Le parquet de Paris classe d’abord l’enquête sans suite, estimant que les investigations n’ont pas permis de caractériser suffisamment les violes. Charlotte Arnould dépose une seconde plainte, avec constitution de partie civile. En décembre 2020, le juge d’instruction décide de mettre l’acteur en examen. Une décision dont le parquet général a demandé le maintien, au mois de février.

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