Le Toulousain ATR lance une nouvelle génération d’avions régionaux hybrides

Le Toulousain ATR lance une nouvelle génération d'avions régionaux hybrides
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Le Toulousain ATR, leader mondial de l’aviation régionale, a obtenu le feu vert de ses deux actionnaires Airbus et l’Italien Leonardo pour lancer EVO. D’ici 2030, cette nouvelle génération d’avions consommera 20% de moins et pourra être hybride grâce à de nouveaux moteurs.

C’est une grande nouvelle dans le monde de l’aviation régionale. ATR dont le siège et la ligne d’assemblage sont installés à Toulouse a annoncé ce matin qu’il allait lancer la nouvelle génération d’avions régionaux à hélices. Baptisé EVO, cet appareil constitue une évolution majeure pour la gamme d’avion régional apporté en 1984 puis modernisée avec la version 600 en 2013. Près de dix ans après, c’est un saut technologique majeur que franchit ATR vers une aviation plus responsable sur le plan environnemental.

2,2 à 2,3 litres par passager sur 100 km

Depuis plusieurs mois, ATR a interrogé les motoristes pour faire évaluer ces moteurs à hélices avec l’ambition de réduire de 20 % la consommation de kérosène, de les rendre compatibles à 100 % avec l’utilisation de carburant durable (SAF) et avec la possibilité de rendre les moteurs hybridisables avec l’énergie électrique. Un cahier des charges fourni qui permet à Stefano Bortoli, le président d’ATR d’annoncer la couleur face à ses concurrents principaux, les jets : “Propulsé au kérosène, l’appareil émettra plus de 50 % de CO2 de moins qu’un jet régional. Avec 100 % de SAF, ses émissions seront proches de zéro”. L’hybridation électrique a fortement contribué à réduire l’empreinte carbone de l’avion notamment dans les phases nécessitant le plus d’énergie comme le décollage. Au final, la consommation devrait afficher 2,2 à 2,3 litres par passager pour 100 kilomètres.

Entrée en service prévue entre 2028 et 2030

“Nous avons interrogé les grands motoristes mondiaux pour qu’ils nous proposent un nouveau moteur. Les réponses sont attendues pour le mois de juin 2022” confie le patron d’ATR. Suite à la réponse technique, un travail d’une année sera engagé avec les compagnies aériennes afin de geler la configuration technique de l’appareil d’ici juin 2023. La décision du lancement industriel interviendra dans la foulée. L’objectif est d’obtenir la certification d’EVO “avant la fin de la décennie” anticipe Stefano Bortoli pour une entrée en service entre 2028 et 2030 chez les entreprises clientes. Si le bloc propulsif sera entièrement nouveau, les fondamentaux de l’avion comme le nombre de sièges (40 à 70 places selon les versions) ou la masse maximale au décollage devront rester rappelés.

Cette nouvelle génération d’ATR sera l’occasion d’introduire l’éco-conception avec des matériaux éco-sourcés et plus légers notamment, de rénover la cabine et d’améliorer l’aérodynamique et la performance avec des moteurs à hélices de suffisamment huit pâles au lieu de six jusqu’à présent.

Les moteurs à hélices seront de huit pales contre six aujourd’hui.
RTA

C’est le Lotois Ratier Figeac (Groupe Collins Aerospace) qui fournit aujourd’hui ces hélices. Ce moteur sera décliné sur les trois versions d’ATR existantes : 42 (40 places), 72 (70 places) et STOL (atterrissage et décollage depuis une piste courte). En revanche, il sera impossible de monter les nouveaux moteurs sur d’anciens ATR.

54 livraisons d’ATR en 2024

Aujourd’hui s’ouvre une période d’un pendentif dans lequel ATR va travailler avec les compagnies aériennes sur la meilleure définition du futur EVO. “Nous sommes au début de notre effort d’exploration du nouvel avion avec une exigence maintenir la compétitivité de l’avion pour nos clients. AVO devra proposer la meilleure technologie au moindre coût possible pour nos clients” martèle le président d’ATR. De son côté, Fabrice Vautier, directeur commercial d’ATR précise : “EVO affichera une réduction à deux chiffres des coûts d’exploitation, permise notamment par une baisse de 20 % à la fois de la consommation de carburant et des coûts de maintenance” . De quoi bétonner sa position de leader mondial de l’aviation régionale et même de prendre des parts de marché aux jets qui utilisent des moteurs à réaction beaucoup plus gourmands. Des arguments qui ont convaincu les deux actionnaires paritaires d’ATR (Airbus et Leonardo) de donner leur feu vert. “C’est le bon pour ATR d’investir car nous remontons nos cadences de production avec cinquante livraisons d’avions neufs prévus en 2024” chiffre Stefano Bortoli.

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