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Le paracétamol en rupture de stock dans les pharmacies : l’ANSM appelle à limiter la vente

Le Doliprane est particulièrement concerné par cette rupture d’approvisionnement (©Pixavril / Adobestock)

Problème de fabrication, demande accrue avec le Covid-19, pratiques déloyales de certains fournisseurs… Depuis plusieurs mois, les pharmacies françaises font face à de sérieuses difficultés d’approvisionnement en médicaments. Antibiotiques, anti-cancéreux, anti-inflammatoires, antalgiques… Presque aucune boîte n’échappe à ce phénomène.

Mais c’est surtout le paracétamol qui manque à l’appelalerte l’ANSM (Agence nationale de la sécurité du médicament), dans un communiqué publié mi-juillet 2022.

Surtout le paracétamol pour enfants

« À ce jour, il existe des retards d’approvisionnement des formes orales et des suppositoires de paracétamol. Celles-ci font suite à des difficultés de production auxquelles s’ajoutent une augmentation des consommations dans le contexte notamment de la 7e vague de Covid-19. » Cependant, l’approvisionnement des hôpitaux « est assuré », promet l’ANSM.

En cette fin juillet, la situation ne s’est que légèrement améliorée, comme le souligne auprès d’actu.fr Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) : « On manque essentiellement de Doliprane, notamment celui pour les enfants, que ce soit en sirop ou en suppositoires. Mais également pour ceux adultes en comprimés. »

Nous faisons face à une tension d’approvisionnement. Quand ce n’est pas une marque, c’est une forme qui manque.

Pierre-Olivier VariotPrésident de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine

Deux boîtes maximum par client

Le représentant des pharmaciens tient à préciser « qu’il n’y a pas de pénurie de paracétamol ». Il assure que chaque bureau dispose à chaque fois « d’une alternative, soit de la marque d’un autre laboratoire, soit sous un autre format ».

Cette situation a conduit l’ANSM à émettre plusieurs recommandations, à destination des pharmaciens :

  • Limiter les commandes en paracétamol
  • Privilégier la dispense sur ordonnance
  • Réguler dans la mesure du possible la dispensation selon les besoins du patient : limiter la dispensation à deux boîtes par patient sans ordonnance
  • Limiteur la vente en ligne du paracétamol

Et à destination des clients :

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  • Ne demander du paracétamol au médecin ou au pharmacien qu’en cas de nécessité immédiate (traitement de la douleur ou fièvre importante)
  • Respecter les règles de bon usage du paracétamol

Grossistes-répartiteurs, des intermédiaires pointés du doigt

De plus, l’agence a mis en place plusieurs mesures pour préserver les stocks disponibles :

Nous nous sommes assurés de la mise en œuvre d’un contingentement quantitatif [limiter l’approvisionnement d’un produit, NDLR] par les laboratoires au niveau de la vente aux grossistes-répartiteurs et de la vente directe aux officines. Cette mesure a pour objectif de répartir équitablement les approvisionnements sur l’ensemble du territoire et de préserver les stocks disponibles dans le temps.

ANSM

Les grossistes-répartiteurs, également appelés short-liners (intermédiaires qui achètent, vendent, stockent et distribuent les médicaments), sont régulièrement pointés du doigt par la profession pour des pratiques commerciales déloyales, qui conduisent à des tensions d’approvisionnement.

« Bien qu’ils soient dans l’obligation de disposer d’un stock pour livrer parfois les pharmacies, ils décident de vendre leurs médicaments beaucoup plus chers dans d’autres pays européens, et de nous proposer des produits importés et falsifiés », déplore Pierre-Olivier Variot.

Les pharmaciens intimés à une meilleure traçabilité

L’ANSM avait d’ailleurs prononcé, en 2018, cinq injonctions et sanctions financières à l’encontre de ces grossistes-répartiteurs, pour un montant total de 480 500 euros.

Est-ce suffisant ? Pas aux yeux des pharmaciens : « Il faudrait une meilleure traçabilité des boîtes pour s’assurer que celles-ci sont bien toutes vendues en France et pas ailleurs », soutient le président de l’USPO.

L’ANSM reste confiante dans l’évolution des stocks et estime un retour à la normale après la période estivale, lorsque la production sera relancée. « Si nécessaire, nous adaptons les mesures en place. »

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