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Le Festival « off » d’Avignon, un aimant pour plus de mille compagnies

Le Festival « off » d’Avignon renoue avec son gigantisme. Trente-trois mille leviers de rideau, 1 570 spectacles, 6 000 artistes, 138 lieux chiffres, les de cette 56e édition, qui se déroulera du 7 au 30 juillet, tordent le cou à deux années perturbées par le Covid-19. Annulé en 2020, organisé en mode dégradé sous contraintes sanitaires en 2021, ce plus grand rassemblement théâtral, en marge du « in », tenue cet été plus de mille entreprises.

Pour elles, le « off » agit comme un aimant, un rendez-vous sans équivalent pour montrer leurs créations et espère une diffusion indispensable. Car professionnels et directeurs de lieux venus de toute la France viennent y faire leur marché. « 25 % de la programmation nationale est issue du « off » », rappelle Harold David, le nouveau coprésident, au côté de Laurent Domingos, de l’association Avignon Festival & Compagnies (AF&C). Ce binôme – le premier est codirecteur de trois salles avignonnaises (l’Atypik, l’Archipel et Le Rouge Gorge), le second est comédien, metteur en scène et directeur artistique de la compagnie Minuit44 – a été élu mi-avril, en remplacement de Sébastien Benedetto, dans une ambiance délétère.

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La crise sanitaire n’a pas seulement perturbé le festival mais aussi activé une guerre de clans et d’ego au sein d’AF&C, association qui accompagne et supervise le « off », notamment en éditant le catalogue des spectacles proposés. Huissier, assignation au tribunal pour non-respect des statuts, « le conseil d’administration a vécu six mois de cauchemar »témoigne Véronique Boutonnet, de la compagnie Les Ames Libres, et entraînée des démissions.

Vaste marché

Cette guerre intestinale a plusieurs origines. D’abord le fonds d’urgence accordé, à l’été 2020, par le ministère de la culture au « off » d’Avignon, pour atténuer les conséquences de son annulation. Dénonçant l’absence de concertation de l’AF&C et les critères d’attribution des aides (seuls 49 lieux ont pu en bénéficier), des dizaines de salles avignonnaises non permanentes se sont regroupées au sein d’une nouvelle Fédération des théâtres indépendants d’ Avignon (FTIA), coprésidée par Harold David.

Les nouveaux présidents d’AF&C, Harold David et Laurent Domingos, ne remettent pas en cause les chantiers lancés avant eux

Ensuite, la volonté affichée de Sébastien Benedetto et de son équipe de proposer un festival « plus apaisé et plus raisonnable », notamment en limitant le nombre de créneaux horaires par salle, a fini de cristalliser les oppositions sur la manière de contrôler ce vaste marché du spectacle vivant. « Réguler le festival, rééquilibrer les risques financiers entre lieux et entreprises, c’était une manière d’assurer l’avenir »a défendu Sébastien Benedetto.

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