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le directeur et quatre managers en passe d’être licenciés

Le feuilleton continue au magasin Hyper U d’Exincourt. Le directeur Karim Soufari ainsi que quatre managers (NDLR : sur la douzaine que compte l’hypermarché) sont mis à pied par leur patron Jérôme Bourgeat, et convoqués pour un entretien préalable redémarré à la semaine prochaine. En mai dernier, Karim Soufari était déjà en passe d’être licencié. La nouvelle avait ému une grande partie du personnel, qui s’était mis en grève, ainsi que quatre managers qui avaient mis leur démission dans la balance. Une solidarité qui avait permis de faire réintégrer le directeur.

Les quatre managers étaient grévistes

Aujourd’hui, ce sont les mêmes managers grévistes qui sont en passe d’être licenciés avec le directeur. Les principaux concernés comme les syndicats en sont convaincus : pour eux, ce n’est « pas un hasard ».

« Ça s’est calmé 15 jours, et puis il s’est mis sur notre dos », confie l’un d’entre eux. Tous dénoncent une forme de harcèlement, qui aurait commencé « après la grève ». « Quand ils ne veulent plus de quelqu’un, ils deviennent pointilleux et photographiquent tout ce qui ne va pas pour prouver nos fautes ».

Jérôme Bourgeat : « Il y a des fautes graves commises »

Une version que conteste Jérôme Bourgeat, pour qui il n’y a « pas de lien » entre la grève et les mises à pied : « Il y a des fautes graves de commises, certaines qui pourraient remonter jusqu’au procureur. Il y a des cas de harcèlement. Il ne faut pas écouter ces gens », commente le patron. Il n’a pas souhaité en dire plus sur les causes des licenciements, puisque les entretiens auront lieu la semaine prochaine. Il évoque « des gens qui veulent se protéger en allumant des contrefeux ».

« Il n’y a rien, il monte tout un scénario », répond une syndicaliste, ses attaques sont ciblées ».

« On a tenté une rupture conventionnelle », confie l’un des managers. « Mais il a dit non, il s’est senti trahi, fils mais, c’est de punir », ajoute une syndicaliste.

« J’ai 26 ans de grande distribution, je n’ai aucun licenciement, aucune affaire aux prud’hommes », lance le directeur mis à pied Karim Soufari, qui devait, lors de son arrivée, s’associer à Jérôme Bourgeat dans l ‘affaire.

La centrale Système U alertée

Les cinq mis à pied affirment aussi ne pas avoir compté leurs heures pour remonter le magasin, après un démarrage « compliqué », et d’évoquer « 20 jours d’affilée en décembre pendant les fêtes », ou des « semaines de 80 heures » . « Mais on ne le regrette pas, on a appris beaucoup sur nous-mêmes pendant cette période », confie l’un des managers. Ces efforts semblaient avoir, en partie, porté leurs fruits : « au début, c’était la cata, mais la situation économique s’est améliorée progressivement depuis 2021 », confie Karim Soufari.

La nouvelle n’a cette fois-ci pas activé de mouvement de grève. « Les salariés ne sont pas tranquilles », commentent les syndicats, qui disent avoir « alerté la centrale Système U » de la situation.







Un contexte lourd depuis deux ans

Ces entretiens préalables à licencier s’inscrivent dans un contexte particulier, chez Hyper U. L’intersyndicale (CGT, CFDT, FO) dénonce depuis plusieurs mois des pressions voire des harcèlements de salariés poussés vers la sortie. Notamment contre les « Casino ». Pour rappel, le patron Jérôme Bourgeat, déjà patron du Super U d’Audincourt, a racheté l’hypermarché Géant Casino il y a deux ans, pour le passer sous l’enseigne Hyper U. Un investissement important de six millions d’euros. Il reprend alors la quasi-intégralité des salariés (près de 130). Petit détail, la convention collective Casino était, expliquent les syndicats, plus avantageux que chez U. Les syndicats ont dénoncé un travail de sape contre les « Casino », qui nous a été confirmé sous couvert d’anonymat par une quinzaine de personnes, encore en poste ou soirées. Avec, à la clé, des distributions d’avertissements. Qui amenaient parfois à des licenciés, des départs, ou des arrêts maladie. À l’heure actuelle, les « Casino » seraient au nombre de 45 parmi la centaine de salariés du magasin. « Nous ne sommes pas les Lucky Luke de l’avertissement », s’était défendu Jérôme Bourgeat. Et d’évoquer un « choc culturel » et une « résistance au changement » face aux nouvelles méthodes.

BM

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