Le directeur de la création d’Havas Paris, accusé d’agression sexuelle, mis à pied

Le directeur de la création d'Havas Paris, accusé d'agression sexuelle, mis à pied
Written by admin

Christophe Coffre, le directeur de la création d’Havas Paris, l’une des plus grosses agences françaises de communication, a été mis à pied, mardi 17 mai, par le groupe Havas après la publication d’une accusation évoquant une agression sexuelle, selon un e-mail interne consulté par l’Agence France-Presse (AFP).

M. Coffre était visé, depuis plusieurs semaines, par une série de témoignages anonymes publiés sur le compte Instagram « Balance ton agence » qui dénoncent des faits de harcèlement. Il s’était mis, début mai, « en retrait »ainsi que le PDG de l’agence, Julien Carette, le temps d’un audit par un cabinet extérieur.

Dans ce message envoyé mardi après-midi aux collaborateurs de l’agence, la direction du groupe Havas dit avoir « décidé sa mise à pied conservatoire, avec effet immédiat »après avoir pris connaissance « d’une allégation d’agression sexuelle » le concernant.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Havas Paris : l’agence de communication rattrapée par la vague #metoo

« Le groupe précis n’a jamais eu connaissance, à quelque moment que ce soit, de faits d’une telle nature » avant, et les avoir « immédiatement signalés au cabinet ASW mandaté le 4 mai dernier »selon ce document.

Selon ce témoignage publié lundi en story (format dont la durée de vie est limitée à 24 heures), une ancienne ” Créatif “ raconte « avoir repoussé, pendant plusieurs années, le harcèlement sexuel, moral et les assauts violents » du dirigeant, « au point que nous nous sommes battus physiquement » dans son bureau. « Il m’a menacé de détruire ma carrière naissante et que je ne pourrais jamais plus travailler dans ce milieu, si je ne cédais pas. »

Suspension du contrat de travail et de la rémunération

Une vingtaine de témoignages anonymes ont été publiés par le compte « Balance ton agence », qui dénonce depuis près d’une semaine l’ambiance sexiste régnant de longue date au sein de l’agence et met en cause ces deux responsables. Aux manettes depuis une dizaine d’années de l’agence, dont ils sont aujourd’hui coprésidents, les deux hommes sont accusés d’avoir cherché à « embrasser » ous « toucher », à de multiples reprises, des collaboratrices parfois stagiaires, dans les locaux d’Havas Paris ou lors d’événements extérieurs.

« JC, c’est un type brillant, mais il a la sexualité d’un ado. (…) Sous couvert d’être saoul, après deux verres, il saute sur tout ce qui bouge. Pareil pour le DC [directeur de création] d’Havas Event. Je me souviens de prévenir les stagiaires de ne surtout pas les approcher lors des soirées agence »selon l’un de ces témoignages.

« Commentaires sur toutes les tenues vestimentaires, mains sur l’épaule et la taille, bises très proches de la bouche, je l’évitais et ne redoutais qu’une chose, me retrouver face à lui », raconte une de ses anciennes collaboratrices à propos de Christophe Coffre. D’autres se souviennent, à son propos, d’un geste simulant un acte sexuel et de propos déplacés.

L’agence Havas Paris avait confirmé, au début du mois de mai, la mise « en retrait » de leurs fonctions de ses deux coprésidents, qui continuaient toutefois de travailler pour leurs clients. La mise à pied de M. Coffre signifie, cette fois, la suspension du contrat de travail et de la rémunération.

Contactés, l’agence Havas Paris et le groupe Havas n’ont fait aucun commentaire.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Ensemble, c’est #metoo : quand les victimes d’agressions sexuelles s’entraident

Le Monde avec AFP

Leave a Comment