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L’aéroport Paris-Vatry, c’est fini !

Lune décision a été prise lors d’un conseil d’administration en mars dernier et devrait être effective à la rentrée : l’aéroport Paris-Vatry va changer de nom. Objet, au mieux, de railleries par les candidats étrangers au voyage en France en découvrant qu’ils vont atterrir à 140 km à vol d’oiseaux des Champs-Élysées, le terme « Paris » accolé à « Vatry » date de 2006.

La plateforme avait alors obtenu cette dénomination officielle par l’IATA (organisation internationale du transport aérien). Aujourd’hui, Christian Bruyen, président (DVD) du conseil départemental de la Marne et du CA de l’établissement public gérant l’aéroport (qui appartient au Département), lève le voile sur ce nouvel épisode de l’existence de la structure .

Pourquoi ?

« L’idée de joindre Paris à Vatry visait à donner une plus forte notoriété à ce nouvel aéroport. Pourquoi pas ! Mais, il est presque malhonnête de vouloir faire croire aux passagers qu’il y a une bouche de métro juste à la sortie de l’aérogare. La dernière expérience connue sur notre plateforme, qui consistait à vendre, à des Londoniens, la Tour Eiffel n’a pas été très probante. C’est le moins que l’on puisse dire et je l’avais dit, mais nous n’étions pas décideurs (lire ci-contre). Dans la mesure où l’on s’aperçoit que le nom actuel n’est pas demandé des plus judicieux, une réflexion s’impose. »

Un terme négatif pour le fret

« Aujourd’hui, pour le fret, dire que notre aéroport est « parisien » est négatif, tant que les opérateurs n’en peuvent plus d’être souvent « maltraités » dans la capitale, du fait des délais des opérations liées aux marchandises qui peuvent être extrêmement longs. »

L’activité frette seulement au niveau de 2021

12 983 tonnes de fret consommées en six mois. Jusqu’en 2020, cela aurait plus que satisfait les dirigeants successifs de Vatry ! En 2022, c’est la déception qui s’affiche car c’est à peine mieux que lors des six premiers mois de 2021 (12 939 tonnes). Et l’objectif 2022, 45 000 tonnes, affiché après un exercice 2021 flamboyant (30 588 tonnes, en augmentation de 150%), apparaît plus délicat. Après deux premiers mois sur les chapeaux de roues, (5 782 tonnes au 1er mars, +70 %), le conflit en Ukraine et les difficultés en Chine avec les nouveaux confinements face au Covid, ont mis un coup d’arrêt à l’ activité. Néanmoins, l’activité devrait reprendre assure la direction de Vatry. Pour ce faire, elle compte sur de nouvelles rotations fret (Vietnam Airlines avec Hanoï), le renforcement d’autres (Bolloré Logistics qui double ses rotations avec la Chine), la reprise du e-commerce par FTL Express (qui doit toujours construire un entrepôt dédié de 13 000 m² au bord du tarmac de Vatry), une compagnie cargo française doit se baser à Vatry, une ligne cargo régulière avec l’Afrique qui pourrait être désormais assurée par Ethiopian Airlines… De quoi atteindre les 45 000 tonnes de fret à fin décembre ?

Quel nom ?

« La décision sera donc d’abord d’enlever, ou pas, le terme Vatry. Ajouter Champagne ? La réflexion peut aussi porter sur cette idée. Cela nous est proposé par les acteurs institutionnels et privés du tourisme. Mais notre activité essentielle est la frette et pas le passager. »

Pas de com

« Ce changement de nom est une opération à destination du business, pas obligatoire, du moins dans un premier temps, du grand public et des passagers. C’est donc le CA de l’aéroport qui, à la rentrée, va se positionner, faire des choix, sans permettre à une agence de communication dans un premier temps. Rien ne dit que nous y aurons recours ensuite. Nous n’allons pas révolutionner la communication sur cet aéroport de Vatry, cela se fera par étapes, au fil des attentes ou opportunités qui se feront jour. »

Le flop Inzeeair

L’annulation des vols vers Londres, Nice et Ajaccio que devait assurer la nouvelle compagnie Inzeeair, de fin mai à fin septembre, mettait à mal le programme passagers au départ de Vatry. « Nous avons cru en ce projet même s’il y avait des interrogations. Nous avons tout fait pour l’aider et éviter l’arrêt total des vols », assure Christian Bruyen. « Nous restons toujours ouverts au développement du trafic passagers via des lignes vers le sud de la France, des pays de l’UE et au-delà. Par contre, vers Londres, je ne pense pas qu’il y ait un avenir ». En attendant, seuls les vols de Ryanair vers Marrakech et Porto sont assurés cet été, et l’hiver prochain, depuis Vatry.

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