«  Là, c’est le match des hommes, faut pas qu’on pense à Roland-Garros, à machin, à truc », annonce Christophe Urios

«  Là, c’est le match des hommes, faut pas qu’on pense à Roland-Garros, à machin, à truc », annonce Christophe Urios
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C’était attendu et ça a fini par tomber ce mardi après-midi. Christophe Urios n’allait pas rester les bras croisés devant la série noire traversée par l’Union Bordeaux-Bègles (deux victoires sur les 11 derniers matchs). Alors après une petite dizaine de jours de vacances et avant les deux dernières rencontres de la saison régulière, l’emblématique manager bordelais a remis les points sur les i et les barres sur les t ! Et comme souvent ça vaut le détour.

Pour préparer le terrain, il avait envoyé au front l’un des leaders et papa du vestiaire, Jandre Marais puis son leader technique, Matthieu Jalibert. Ce dernier a confirmé que la reprise avait été musclée : « Ça a chauffé que ce soit avec le staff ou entre les joueurs mais c’est normal cette tension et entre guillemets ces règlements de compte puisqu’on a merdé et au bout d’un moment, il fallait dire les choses même si ça ne fait pas plaisir sur le moment. » Derrière Christophe Urios n’avait plus qu’à embrayer…

Est-ce qu’il était temps de remettre l’église au centre du village pour vous ?

Oui, je pense. On peut dire ça comme ça. Le match de Toulon (défaite à domicile 16-29) a bien montré qu’on n’était plus une équipe et c’est ce qui est ressorti des bilans des uns et des autres. Donc, il était temps de se repenser, c’est quoi une équipe ? Alors oui aujourd’hui, on a encore les cartes en main mais on a plus de marge ! Il fallait qu’on se remette les idées au clair.

Est-ce la période la plus difficile depuis votre arrivée à l’UBB ?

La dernière saison après la défaite face à La Rochelle, c’était un peu la même chose. Sauf que là, on a perdu cinq fois d’affilée à domicile, c’est inacceptable. Inacceptable. Cela ne doit jamais arriver ! Donc, il faut qu’on le regarde en face ça. Les défaites contre Pau et Toulon sont insupportables pour moi.

Avez-vous une explication à ça ?

Je ne sais pas. Je n’ai pas vraiment de réponse. La seule a choisi que je peux dire, c’est que ça montre le manque de caractère de l’équipe. Voilà, c’est tout. Perdre à domicile comme ça, ça t’arrive une fois, deux fois mais pas cinq. Ce n’est pas normal. Et après on vient me voir et on me dit “il ya de la tension” mais heureusement qu’il ya de la tension ! Et encore, ici c’est gentil. Si ça se passe à Castres ou à Perpignan, ils te coupent les c….. les mecs.

Arrive-t-elle trop tard cette tension selon vous ?

Ce n’est pas qu’elle arrive trop tard mais je ne pouvais pas le faire avant car j’entraînais une équipe de Crabos (catégorie juniors, en raison des sélectionnés et des blessés). Je le fais quand je peux le faire.

Pensez-vous que votre équipe peut réagir ?

Bien sur ! Sur l’a déjà fait. A Montpellier, on est une vraie équipe mais une semaine après c’est plus le cas donc ça veut dire qu’on se laisse aller ! Il n’y a pas d’autre mot, on se laisse aller et ça, ce n’est pas acceptable ! Ça va bien à tout le monde, hier soir on avait une réunion avec les supporteurs, tout le monde était content… Tu croises les gens dans la rue, pareil. Mais non ! On peut finir 7e ! Donc moi à un moment donné, ça va quoi ! Oui, c’est un problème de caractère, un problème de responsabilité, un problème d’ouvrir les yeux… Ce qu’on a fait contre Toulon, c’est juste pas possible ! Là, on se fout dans la m….

Est-ce que c’est de la suffisance ?

Non, je ne crois pas. Cela fait plusieurs fois qu’on me pose la question et je ne pense pas. Je ne crois pas qu’on se sent mieux que les autres. Ce n’est pas ce que je ressens. Il y a de la légèreté mais ce n’est pas par rapport à l’adversaire, c’est par rapport à nous-même. On est comme ça, il fait beau, tout le monde est gentil, il y a 30.000 personnes au stade… Moi, j’ai honte ! Je vous le dis, j’ai honte et j’aimerais que tout le monde ait honte. Je sais que des gens sont comme moi mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

Le stage de la semaine dernière peut-il être un nouveau point de départ ?

Non mais ça peut-être permis d’ouvrir les yeux à certains. On a parlé toute la semaine. Mais attention, on a parlé comme quand ça ne va pas et ça ne va pas ! Là, depuis deux semaines, je vois une équipe qui s’entraîne (enfin) bien. Mais c’est ma faute aussi car j’ai accepté des choses et peut-être qu’il n’aurait pas fallu.

Malgré tout ça, vous avez encore les cartes en main…

Oui car on a été notamment capable de gagner deux fois à l’extérieur ce qui montre la qualité du groupe. Quand on s’y met… Donc, le groupe est capable d’être focus. Mais, je le redis, on est léger ! On n’arrive pas à lancer une vraie dynamique positive depuis février. Donc là, contre Lyon, va voir et s’il y en a qui tremble, ce n’est pas la peine de mettre le maillot car ça va m’énerver ! Là c’est le match des hommes, on est face à nos responsabilités. On en est capable mais il faut que tout le monde soit dans la même direction. Faut pas qu’on pense à Roland-Garros, à machin, à truc, il faut être focus ! La priorité pour tout le monde doit être le Top 14.

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