La Banque de France prévoit moins de croissance et plus d’inflation à cause de la guerre en Ukraine

Les chocs subis par la France vont toutefois s
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La guerre en Ukraine vaiser l’économie pénale française, même si les chocs subis vont s’estomper progressivement à l’horizon 2024. C’est ce que prévoit la Banque de France, qui a publié ses récents risques, en deux scénarios, l ‘un qualifié de “conventionnel”, tablant sur un prix du pétrole en 2022 à 93 dollars, et l’autre “dégrader”, fondé sur un prix atteignant 119 dollars. Deux scénarios “possibles” selon le directeur général de l’institution, Olivier Garnier, qui se dit incapable “de dire lequel est le plus probable” . Ceci, alors que la Banque centrale européenne (BCE) a abaissé jeudi ses attentes de croissance pour la zone euro de 0,5 point pour 2022, à 3,7% (et a publié trois scénarios différents pour les années à venir en fonction de la sévérité de l’impact attendu de cette guerre et des sanctions).

Une croissance entre 3,4% et 2,8% en 2022

En 2022, la croissance de l’économie française devrait ainsi baisser de 0,5 à 1,1 point de pourcentage à cause du conflit, selon la banque centrale. Le produit intérieur brut (PIB) français a progressé en effet de 3,4 % en 2022 selon le premier scénario, mais de seulement 2,8 % selon le deuxième. Or, sans la guerre, la Banque de France aurait relevé sa prévision de croissance de 3,6% à 3,9%, at-elle précisé.

En 2023 et 2024, la croissance, qui bénéficie encore cette année d’un fort acquis du début d’année, diminuera encore plus, selon l’institution, en s’établissant 2% puis à 1,4% ou à 1,3 % puis à 1,1%.

Une inflation entre 3,7% et 4,4% cette année

Quant à l’inflation, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) devrait atteindre cette année 3,7%, selon le premier scénario, et 4,4% selon le second. Cet indicateur s’est élevé à 4,1 % sur un an en France en février, mais selon les modélisations réalisées par la Banque de France avant la guerre, il devait revenir aux alentours de 2 % avant la fin 2022.

Ensuite, l’inflation devrait baisser à 1,9% en 2023 puis à 1,7% en 2024 dans le scénario conventionnel, mais se maintenir à 3,3% l’an prochain avant de retomber à 1,5% l’année suivant dans le scénario “dégradé”.

Des conséquences plus brutales en cas d’arrêt des importations d’énergie

Les chocs du conflit sur l’économie française fournis par la Banque de France sont notamment une augmentation des prix de l’énergie et des matières premières, une réduction de la consommation et de l’investissement, ainsi qu’une diminution de la demande adressée à la France qui affecte le commerce extérieur.

L’institution admet qu’il pourrait aussi y avoir d’autres scénarios. Elle n’a notamment pas calculé l’effet qu’aurait un arrêt des fournitures de gaz et de pétrole russes, qui aurait probablement des conséquences économiques encore plus graves.

Samedi sur France Inter, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau avait indiqué que l’économie française devrait être “un peu moins” affectée que le reste de la zone euro par les conséquences de la guerre en Ukraine et des sanctions occidentales contre la Russie en raison de sa moindre dépendance au gaz russe et aux énergies fossiles.

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La France la moins probablement touchée

Rappelant que la perte de croissance pour la zone euro pourrait aller jusqu’à 2 points de PIB cumulés d’ici à 2024 dans le scénario le plus sévère de la BCE, François Villeroy de Galhau a déclaré que “pour la France, ce serait probablement un peu moins parce que notre dépendance au gaz russe est moins forte que la moyenne et notre dépendance aux énergies fossiles (…) est moins forte”. Le gouverneur de la Banque de France a insisté sur le fait qu’il n’était pas prévu de reculer, même dans le scénario le plus extrême, et que ces nouvelles étaient soumises à “énormément d’incertitudes”.

Croissance mondiale : le FMI abaisse ses escrocs

Par la voix de la directrice générale, Kristalina Georgieva, le FMI a d’ores et déjà indiqué que le mois prochain, lors des réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, il fallait s’attendre à une baisse des « projections de croissance mondiale », sans toutefois avancer de chiffres. En janvier, la prévision du FMI avait déjà été ramenée à 4,4% pour 2022, contre 4,9% en octobre et près de 5,9% l’an passé.

S’agissant de l’impact de la guerre sur la Russie, la dirigeante du Fonds a souligné que les sanctions « sans précédent » imposées par les pays alliés conduits à « une contraction brutale de l’économie russe » et même « une profonde rétrograde ». L’impact de la guerre en Ukraine est sévère : dépréciation massive de la monnaie qui fait grimper l’inflation à la dégringolade du pouvoir d’achat et du niveau de vie d’une grande majorité de la population russe. « Les également contenus sur les pays voisins sont importants, en particulier les pays qui sont plus intégrés à l’économie ukrainienne et russe », citant les pays d’Asie centrale, la Moldavie et les pays baltes.

Un défaut de paiement de la Russie « n’est plus un événement improbable », at-elle poursuivi, tout en notant que le problème n’était pas la disponibilité de l’argent mais l’incapacité de l’utiliser depuis que le pays a été coupé du système financier mondial. Mardi 8 mars déjà, l’agence de notation Fitch pointait ce risque lorsqu’elle annonçait rétrograder de « B » à « C » la note de la dette à long terme du pays, une décision signifiant que le risque d’un défaut souverain est , à ses yeux, « imminent ».

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Au Royaume-Uni, la croissance pourrait tomber à 1,9% en 2022

Au Royaume-Uni aussi la croissance pour cette année 2022 est menacée par la guerre et l’inflation. Cet horizon sombre est quelque peu éclairci par les chiffres de janvier de son Produit intérieur brut (PIB) publié ce vendredi 11 mars par l’Office national des statistiques (ONS). +0,8% après une baisse de -0,2% en décembre, due à la vague du variant Omicron du Covid-19 et aux restrictions mises en place.

Pour autant, malgré ce rebond, « la dynamique de croissance sera probablement interrompue par le conflit en Ukraine, avec des prix des matières premières plus élevées et plus volatiles et des pénuries de matériaux clés affectant la production et entraînant une hausse de l’inflation » , a prévenu Yael Selfin, économiste de KPMG. Et d’ajouter : « Les niveaux élevés d’incertitude, le resserrement des conditions de financement » avec des taux d’intérêt en hausse, « et les perturbations du commerce pourraient réduire la croissance à 3,3 % cette année et 0,8 % l’an prochain », selon elle.

Soit un gros coup de frein comparé au rebond de 7,5% de l’économie britannique en 2021, la plus forte progression du G7, après une contraction historique de 9,4% l’année précédente à cause de la pandémie, également la plus fort du G7.

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Le centre de réflexion économique CEBR est encore plus pessimiste. « La hausse du coût de la vie, une baisse de la consommation et des exportations en raison des sanctions contre la Russie » pourrait faire chuter la croissance à 1,9 % cette année et à zéro l’an prochain, selon lui.

En parallèle, les analystes s’accordent à dire que l’inflation dépasse entièrement la dernière estimation de la Banque d’Angleterre, qui envisageait début février un pic à 7,25% en avril. Pour Paul Dales, de Capital Economics, le gouvernement peut se permettre d’emprunter davantage « pour amortir le coup porté au pouvoir d’achat des ménages », sans pour autant porter atteinte à ses objectifs d’équilibre fiscal. Le Royaume-Uni n’est en effet « pas aussi exposé aux conséquences économiques de la guerre en Ukraine que le reste de l’Europe », notamment car le pays, producteur d’hydrocarbures, est moins dépendant des énergies russes que d’autres pays, rappelle-t-il.

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La Chine prévoit une croissance “d’environ 5,5%”

Le Premier ministre chinois a averti, ce vendredi 11 mars, que le pays aura du mal à « maintenir » une croissance élevée en 2022. Le géant asiatique se prépare déjà début mars à un ralentissement de sa croissance avec un objectif « d’environ 5 ,5% » pour cette année, contre +8,1% en 2021. Ce rythme serait, hors période de Covid, le plus faible pour la Chine depuis le début des années 1990.

Des craintes toujours d’actualité. « Au niveau mondial, maintenir une croissance moyenne à élevée pour une économie de cette taille (comme la Chine) est un défi majeur », a révélé devant la presse le Premier ministre chinois, Li Keqiang. Avec la pandémie mondiale, un rebond épidémique en Chine et la guerre en Ukraine, « l’économie fait face à de nouvelles pressions baissières », at-il averti. Le Premier ministre n’a pas mentionné ces facteurs mais évoqués « divers environnements complexes qui changent et des incertitudes qui augmentent ».

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Sur le front épidémique, la Chine continue à suivre une politique zéro Covid, à contre courant de bon nombre de pays qui optent pour une cohabitation avec le virus et lèvent les restrictions. Si la stratégie chinoise a permis au pays de se remettre rapidement du premier choc épidémique, le zéro Covid s’accompagne d’un coût social et économique élevé.

Interrogé en marge de la session parlementaire, le Premier ministre n’a pas répondu sur l’impact qu’il pourrait avoir la guerre en Ukraine sur l’économie chinoise. La Chine est le premier partenaire commercial de l’Ukraine, considéré comme le grenier de l’Europe. Le pays fournit notamment au géant asiatique près du tiers de ses importations de maïs.

(Avec Reuters et AFP)