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La Banque centrale européenne dévoile un nouveau bouclier anti-risque

La Banque centrale européenne (BCE) peut-elle lutter contre l’inflation, tout en volant au secours de Rome ? Alors que la démission du premier ministre italien, Mario Draghi, risque de plonger la péninsule – et la zone euro – dans une nouvelle crise, la question était, jeudi 21 juillet, sur toutes les lèvres des observateurs européens. A l’issue de la réunion de ses gouverneurs, l’institut de Francfort ya, en partie, répondu en dévoilant deux décisions importantes. « C’est un jour historique »un résumé de la présidente, Christine Lagarde, lors de sa conférence de presse.

De fait, la BCE a relevé ses directeurs taux de 0,5 point – une hausse plus forte qu’attendu et, surtout, la première depuis 2011. Son principal taux d’intérêt passe ainsi de 0 % à 0,5 % et son taux de dépôt, appliqué à certaines liquidités que les banques ne distribuent pas en crédit, de − 0,5 % à 0 %. Elle clôt ainsi l’ère des taux négatifs, amorcée en 2014 pour relancer les prix et l’économie européenne après la crise des dettes de 2011-2012.

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L’inflation galopante des derniers mois, intensifiée par la guerre en Ukraine, les pénuries en série et la flambée des cours de l’énergie a brutalement changé la donne. L’indice des prix a ainsi culminé à 8,6 % en juin dans la zone euro et « rester à un niveau élevé indésirable pendant un certain temps », une reconnue Christine Lagarde. Cela justifie que la BCE relève ses taux à un rythme supérieur au 0,25 point qu’elle avait annoncé en juin. « Elle pense peut-être que la fenêtre de tir pour les prochaines hausses de taux va se refermer rapidement »avance Carsten Brzeski, économiste chez ING.

Possible, voiture » l’horizon économique s’assombrit »une institution reconnue. « La zone euro est probablement déjà en recul », juge même Ludovic Subran, chef économiste du groupe Allianz. Il sera donc plus difficile de justifier, en septembre et en octobre, un fort relèvement des taux susceptibles de donner un coup de frein à une croissance déjà mise à mal.

Une communication limitée

Pour ne pas se lier les mains à l’avance et garder des marges de manœuvre, la BCE a décidé de ne plus communiquer trop en amont sur ses décisions futures – ce que l’on appelle la indications prospectives –, comme elle le faisait depuis plusieurs années. Désormais, elle se prononcera à chaque réunion, en fonction des données économiques disponibles. Cela n’a l’air de rien, mais là aussi, il s’agit d’un changement d’ère. « Ce n’est pas une mauvaise chose, quand personne n’a la moindre idée de ce que sera l’inflation dans six mois »a commenté sur Twitter Frederik Ducrozet, responsable de la recherche économique chez Pictet WM, dans la foulée de la réunion.

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