L’« Inexorable » descente aux enfers d’un Benoît Poelvoorde « mis à nu » par Fabrice Du Welz

L'« Inexorable » descente aux enfers d'un Benoît Poelvoorde « mis à nu » par Fabrice Du Welz
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Jamais Benoît Poelvoorde n’avait été aussi tragiquement bouleversant que dans Inexorable de Fabrice Du Welz, film découvert au Festival de Deauville. L’acteur belge incarne un romancier qui se laisse déchirer entre Mélanie Doutey (sa femme aimante) et Alba Gaia Bellugi (sa maîtresse mystérieuse) dans ce nouveau thriller signé par le réalisateur d’Adoration dans lequel Benoît Poelvoorde faisait une apparition.

« Je connais Benoît depuis que je suis gamin, précise Fabrice Du Welz à 20 minutes, mais j’ai mis longtemps à lui proposer un rôle principal. J’avais peur qu’il ne soit pas facile à gérer, tout en étant conscient que le jeu en valait la chandelle. Et d’ailleurs, il est réussi dans ce personnage tout en nuances. » L’homme que joue Benoît Poelvoorde n’a rien de sympathique. Egoïste et manipulateur, il mène la vie dure à son entourage, y compris sa fillette qui l’aime de tout son cœur.

Se mettre à nu

« Benoît Poelvoorde m’a vraiment donné, reconnaît Fabrice Du Welz. Il s’est vraiment mis à poil dans tous les sens du terme avec une intensité et un abandon que je crois perceptibles à l’écran. » Porté par une mise en scène virtuose, le comédien se laisse vraiment aller y compris dans des scènes de sexe assez crues avec ses partenaires féminines, des séquences indispensables pour faire percevoir les enjeux de leurs relations toxiques. « Tous trois m’ont fait confiance même si ce genre de choses n’est jamais évident à filmer », explique Fabrice Du Welz. Sensuels ou malaisants, ces moments d’intimité saisissent le spectateur dans les toiles d’une intrigue diabolique.

« Je pense que la maturité permet à Benoît Poelvoorde d’explorer des sensations nouvelles en canalisant son énergie, déclare Fabrice Du Welz. Nous avons bossé en étroite collaboration car je le sentais prêt à tenter des expériences pour aller toujours plus loin dans la folie de cet homme pris au piège. » Plus sa jeune passion le persécute, plus cet écrivain au bout du rouleau sombre, au risque d’entraîner sa famille avec lui. Benoît Poelvoorde apporte une subtilité remarquable au cœur de cette descente aux enfers dans un manoir dont la lumière du chef-opérateur Manu Dacosse rend les moindres reculs inquiétants.

« Benoît Poelvoorde est un grand comédien qui s’améliore d’année en année, découvert Fabrice Du Welz. Inexorable n’aurait pas été aussi vénéneux sans lui. Le film lui doit beaucoup. » C’est aussi à cette conclusion que permet le spectateur au terme de la projection.

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