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Hausse des taux de la BCE : quelles conséquences pour l’assurance vie ?


En relevant les taux, la BCE cherche à contenir la poussée de l’inflation en zone euro (Crédit photo : 123RF)

La BCE (Banque centrale européenne) a annoncé jeudi 21 juillet un relèvement de ses taux directeurs de 0,50 %. Quelles sont les conséquences de cette décision pour l’assurance vie ?

La hausse des taux de la BCE

Cela ne s’était pas produit depuis 2011. Jeudi 21 juillet, la BCE a procédé à une hausse des taux directeurs de 0,50 %, une hausse beaucoup plus forte que prévue puisqu’elle était pressentie autour de 0,25 %. En pertinent les taux, la BCE cherche à contenir la poussée de l’inflation en zone euro, estimée à 8,6 % en juin 2022 (en annuel), dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, le ralentissement de la croissance économique et la crise politique en Italie. En effet, la hausse des taux directeurs doit entraîner la hausse des taux de crédit pour les particuliers, et ainsi freiner la consommation puis la hausse des prix.

Selon la Commission européenne, l’inflation en zone euro devrait revenir à 4 % l’an prochain, un niveau encore très éloigné de l’objectif de 2 % de la BCE. Il est donc probable que la BCE procède à d’autres relèvements d’ici la fin de l’année.

En ce qui concerne les taux, l’institution doit toutefois veiller à ne pas trop aggraver la situation des États les plus endettés. Depuis l’annonce en juin d’un durcissement de la politique de la BCE, les taux d’emprunt des États européens ont grimpé : par exemple, le taux d’emprunt de l’État italien à 10 ans s’élève à 3, 45 % le 22/07. Christine Lagarde, Présidente de la BCE, a expliqué que le Conseil des gouverneurs pourrait permettre si besoin au programme « IPT » (instrument de protection de la transmission) qui prévoit des achats de dette potentiellement illimités pour protéger les États en difficulté.

Quelles conséquences pour l’assurance vie ?

Les fonds en euros de l’assurance vie sont composés en moyenne de 80 % d’obligations d’États et d’entreprises. La remontée des taux devrait donc se faire ressentir sur la performance des fonds en euros, même si celle-ci ne devrait remonter que progressivement car les assureurs n’achètent de nouvelles obligations qu’au fil de l’arrivée à échéance des obligations en stock . Le rendement des fonds en euros devrait remonter, mais moins vite que les taux d’intérêt obligatoires.

La rémunération du livret A, qui dépend notamment de l’inflation, doit passer à 2 % le 1er août prochain. Les épargnants pourraient être tentés d’effectuer des arbitrages du fonds en euros vers les livrets. Si tel était le cas, cela pourrait mettre en difficulté les assureurs car ils seraient alors dans l’obligation de liquider des obligations en stock (des obligations à faible rendement et qui ont donc perdu de la valeur) et enregistrer des moins-values. Toutefois, en cas de difficulté trop importante, la loi Sapin 2 autorise le HCSF (Haut Comité de Sécurité Financière) à limiter la possibilité de retrait pour les épargnants de faire des versements sur le fonds en euros de leur contrat, suspend ou limite la possibilité de retrait leur épargne ou encore limiteur la distribution de dividendes.

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