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Fin de la grève qui menaçait l’approvisionnement de gaz en Europe

La catastrophe a été interrompue de justesse. Mardi 5 juillet, dans la soirée, le gouvernement norvégien a décidé d’intervenir pour mettre fin à un mouvement de grève, commencé le matin même. Un geste rare, qui révéle la gravité de la situation, alors que la grève, si elle s’étendait, menaçait de stopper plus de la moitié des exportations de gaz naturel du pays, deuxième fournisseur du Vieux continent, dont un quart de la consommation d’énergie provient du royaume scandinave.

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Mardi, le géant Equinor, détenu à 67 % par l’État norvégien, avait dû stopper la production sur trois champs, à la suite de l’arrêt de travail de 74 cadres. Leur syndicat, Lederne, réclamait une hausse des salaires, afin de maintenir le pouvoir d’achat de ses adhérents, face à l’inflation, qui a atteint 5,7 % en mai dans le pays. Une première grève avait été interrompue de justesse au début du mois de juin, avec la signature d’un accord entre le patronat et plusieurs syndicats, prévoyant une revalorisation de 4 à 4,5 % des revenus, dans l’industrie offshore.

Mais le 30 juin, les membres de Lederne l’ont rejeté à 67 % des voix et déposé un préavis de grève. N’affectant initialement que 1 % des exportations de gaz norvégiennes, le mouvement devait monter d’un cran, mercredi, avec la suspension de la production sur quatre champs supplémentaires, qui entraînait 13 % des exportations d’hydrocarbures.

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Les prix du gaz ont bondi

Le pire, cependant, restait encore à venir. D’ici samedi 9 juillet, trois autres champs devaient être touchés par la grève, ce qui aurait provoqué une réaction en chaîne et entraîné à la paralysie d’une bonne partie de la production norvégienne. Selon l’organisation patronale Norsk Olje & Gass, 56 % des exportations de gaz auraient alors été suspendues, soit un manque à gagner quotidiennement de 1 826 milliards de couronnes (176 millions d’euros).

La note risquait d’être encore plus salée pour les pays européens. Mardi, les prix du gaz ont bondi de 16 %, atteignant leur plus haut niveau depuis mars. « Une grève de cette ampleur crée d’énormes problèmes pour les pays qui reconstituent leurs réserves de gaz naturel avant l’automne et l’hiver », s’inquiétait de Norsk Olje & Gass. Parmi eux, la France, dont l’approvisionnement en gaz dépend à plus de 40 % des exportations norvégiennes.

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Mardi soir, le gouvernement a annoncé qu’il renvoyait les partenaires sociaux devant un conseil national des salaires. Les grévistes sont des prix de reprendre immédiatement le travail. Elisabeth Brattebø Fenne, négociatrice pour le patronat, s’est réjouie que le gouvernement « comprenne la gravité de la situation et prend des mesures pour maintenir la bonne réputation de la Norvège en tant que fournisseur fiable et stable de gaz naturel en Europe ».

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