Festival de Cannes : l’apparition en direct du président Zelensky surprend et émeut à la cérémonie d’ouverture

Festival de Cannes : l'apparition en direct du président Zelensky surprend et émeut à la cérémonie d'ouverture
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Ça, c’était quelque chose de choisi. Plus qu’un moment de télé. Un sentiment d’humanité très profond. « Mesdames et messieurs, en direct de Kiev, le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky », a lancé la maîtresse de cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes, Virginie Efira, ce mardi 17 mai, à19h43.

Zelensky, un acteur, c’est vrai, à l’origine. Devenu un acteur de l’Histoire en pleine guerre en Ukraine. Une surprise totale, inattendue, dont rien n’avait filtré. C’était dire l’importance du plus grand festival du monde, sur France 2 pour la première fois, en direct de Cannes, mais aussi de Kiev.

Des mots empruntés à Charlie Chaplin

La salle s’est figurée pour écouter le président ukrainien évoquer « le Dictateur » de Charlie Chaplin, mentionnant les massacres à Boutcha ou Marioupol dans une tristesse calme qui imposait le souvenir.

Il a cité à plusieurs reprises Charlot et « La voix de la liberté », le pouvoir du cinéma même quand « Hitler, le dictateur, n’a pas perdu tout de suite » alors que le film du comique — comme Zelensky l’a été longtemps à la télévision ukrainienne — se moquait du leader nazi.

Quelle émotion dans ces mots si simples empruntés à Charlot : « Nous manquons de tendresse et de gentillesse ». Le fil du discours, rendu parfois difficile par la traduction, importait moins que de le voir en gros plan, un plan de vie, un rappel que le Festival de Cannes a toujours été engagé, politique. Plus que jamais pour son 75e anniversaire.

« Le cinéma, cette arme d’émotion massive »

Vincent Lindon, président du jury, avait ému, lui aussi, juste avant. Avec sa gravité à lui : « J’ai essayé d’écrire un texte. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour arriver à parler, voilà », a commencé l’acteur, qui a annoncé qu’il allait suivre sans que nous le sachions, en évoquant « les tourments d’une planète qui saigne, qui souffre et qui brûle dans l’indifférence des pouvoirs ». « J’ai souvent pris le risque de parler haut, parfois naïvement », pour prêter sa voix à ceux qui n’en ont pas, à-il poursuivi, en ajoutant : « C’est notre métier ». Et célébrant « le cinéma, cette arme d’émotion massive ».

Parler haut et fort, ce mardi soir au Palais du Festival. Il devait s’amuser peu et Vincent Delerm avait déridé la salle en lui demandant avec son anglais charmant de reprendre à ses côtés « Que je t’aime » de Johnny. L’émotion, ce sont aussi ces petites choses de la vie. Ces grands moments qui passent vite : Pierre Lescure, pour son dernier festival comme président — ça en faisait trois à l’antenne ! — remettant une Palme d’or d’honneur à Forest Whitaker, un acteur qui vous a saisi d’un battement de paupière par son énorme présence et prestance.

Dire qu’à 19 heures, on essayait de décrire la robe endiamantée de Virginie Efira, qui confirmait le déclin du décolleté. Enfin, c’est un spécialiste qui nous confia. Futile et utile, puisque Cannes, c’est aussi cela, ces bonbons, toutes ces robes roses de la montée des marches, dans toutes les matières possibles et in (imaginables). Virginie Efira avait lancé d’emblée : « Au milieu de notre nuit résonne une note d’espoir ». Cannes, avant le glamour, c’est de l’amour.

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