En 1991, Depardieu essuyait déjà une tempête en raison de ses propos sur la viole

En 1991, Depardieu essuyait déjà une tempête en raison de ses propos sur la viole
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L’acteur, dont la mise en examen vient d’être révélé, a été en 1991 au cœur d’une vive polémique quand Temps un exhumé un vieil entretien au magazine Commentaire du film. Il y avait alors été interrogé sur son adolescence tumultueuse.

Gérard Depardieu, dont la justice française a confirmé jeudi la mise en examen pour «violes» pour des faits qui dateraient de 2018, a été en 1991 au cœur d’une vive polémique franco-américaine obtenue par un entretien, à la traduction contestée, où il s’est reconnu de tels actes.

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L’histoire commence à l’été 1977 sur le tournage de préparez vos mouchoirs, un film du français Bertrand Blier. Le jeune acteur, déjà comparé à Jean-Paul Belmondo ou Alain Delon, est interrogé sur son adolescence tumultueuse à la fin des années 1950 à Châteauroux (centre de la France). Dans un portrait, le magazine américain Commentaire du film rapport ces propos en anglais de Depardieu. « C’est mon pote Jackie – il avait 16 ou 17 ans – qui m’a embarqué sur mon premier viol. Une choisie en menant à une autre, et hop ! C’était fait (…) C’était normal», aurait-il alors déclaré.

Le futur acteur n’a alors que 9 ans. «Après ça, j’ai eu plein de viols, trop pour les compter». “Mais il n’y avait rien de mal à cela”ajoutait encore le comédien cité dans cet article paru en 1978. « Les filles doivent être violées. Enfin, il ne s’agit pas vraiment de viol. C’est juste l’histoire d’une fille qui se met dans une situation qui lui plaît». Largement passés en aperçus, ces propos sont exhumés par l’hebdomadaire Temps en 1991, quand Gérard Depardieu est en lice pour l’Oscar du meilleur acteur dans Cyrano de Bergerac.

Une journaliste de Temps interroge alors l’acteur : «Et quid de l’histoire selon laquelle il a participé à 9 ans à son premier viol ? “Oui.” Et après ça, il y a eu de nombreuses violes ? “Oui”, avoue Depardieu, mais c’était absolument normal dans ces circonstances», selon l’échange rapporté alors par le magazine.

Ire des féministes américaines

Ce passage suscite l’ire des féministes aux États-Unis, à l’heure où la classe politique s’inquiète du nombre croissant de viols. “Horrifié”la puissante National Organization for Women (NOW) demande des excuses à l’acteur, une « idole devenue violeur » selon le Poste de Washington. Face aux « ligues de vertus » et au « puritanisme » américains, la France serre les rangs. C’est une “attaque orchestrée” par la presse américaine, « effrayée par la très grande popularité de l’acteur »affirme alors le journal d’Antenne 2. La classe politique française s’en mêle. “Je suis de tout cœur avec toi”lui envoyé par télégramme au ministre de la Culture, Jack Lang.

Gérard Depardieu dénonce, lui, une erreur de traduction. Lorsque la journaliste Victoria Foote-Blackman lui demande en français s’il reconnaît avoir «assisté à» des violes, Temps écrit en anglais qu’il confirme y avoir « participé », selon une courte transcription de l’entretien consultée par l’AFP. Erreur de traduction ? L’enregistrement intégral est aujourd’hui introuvable. Sollicitée par l’AFP, la journaliste, désormais retirée, se souvient : Depardieu a d’abord assumé en bloc ses déclarations à Commentaire du film en 1977, dit-elle, avant de confirmer avoir «assisté à» plutôt que « participé à » des violes. L’ex-journal explique aujourd’hui avoir trouvé «franchement paranoïaque» la réaction française à l’article de Temps, présenté comme une tentative américaine de déstabiliser un rival étranger pour l’Oscar. Sur ce qui a pu se passer dans la jeunesse de l’acteur, “il n’y a rien de certain”, dit-elle. “Depardieu faisait partie d’une bande qui, disait-on, se comportait de manière terrible”note notre consœur.

“Mauvaise adresse”

Dans son autobiographie Vivant ! (éd. Plon) parue en 2004, l’acteur revient sur sa jeunesse controversée mais nie tout viol et évoque une double erreur de traduction, dans Commentaire du film en 1978 puis dans Temps en 1991. Il reconnaît toutefois sa “maladresse” dans la manière de parler de cette “ignominie”.

Sollicité par l’AFP, l’avocat Hervé Temime explique que son client «n’a jamais tenu les propos qui lui ont été prêtés» qui «relèvent d’une erreur majeure de traduction» qui «a été admise, et l’édition européenne du Time a été modifiée à l’époque». «Gérard Depardieu avait mandaté des avocats américains pour engager une action en diffamation à laquelle il a renoncé après que Steve Ross, patron de Time Warner, lui eut présenté ses excuses», ajoute Me Temime. Contacté, Temps n’a pas répondu à l’AFP.

« Il est particulièrement malveillant de revenir sur cet épisode »

Maître Temime, conseil de Gérard Depardieu

Ce scandale, oublié en France, poursuit encore l’acteur. Il est mentionné, selon des sources proches du dossier, dans la plainte de la jeune comédienne Charlotte Arnould, qui vaut à Gérard Depardieu sa mise en examen pour «viol».

La presse anglophone l’a évoqué de nouveau à l’annonce en février 2021 de la mise en cause de l’acteur. Carine Durrieu-Diebolt, l’avocate de la plainte, n’a pas souhaité commenter. Son confrère Hervé Temime trouve « particulièrement dangereux de revenir sur cet épisode », d’après lui sans fondement. Selon une connaissance du monstre sacré du cinéma français, cette polémique ancienne a encore aujourd’hui le don de rendre fou Gérard Depardieu.

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