Diastème inquiet avec son monde d’après les élections présidentielles

Diastème inquiet avec son monde d'après les élections présidentielles
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Quand Diastème mêle cinéma et politique, il ne ménage pas le spectateur. Après avoir brossé le portrait d’un skinhead dans Un Français en 2015, il aborde le sujet sous un autre angle dans Le Monde d’hieren confrontant une présidente de la République, jouée par Léa Drucker , à un terrible cas de conscience quand un candidat d’extrême droite est sur le point de lui succéder.

Benjamin Biolay, Denis Podalydès et Alban Lenoir complètent une distribution impeccable. Ils entourent une femme de pouvoir qui pense à adopter des solutions drastiques pour se débarrasser de son rival, quitte à prendre quelques libertés avec la légalité. « Un Français ait expliqué en quoi l’extrême droite est un danger, raconte Diastème à 20 minutes. Le Monde d’hier est une piqûre de rappel sous forme de thriller car l’extrême droite a nettement progressé depuis 2015 et de façon préoccupante. »

Dépassé par la réalité

Le Monde d’hier dévoile le dessous des instances politiques comme si l’on était dans la position d’une petite souris qui assiste à des tractations occultes. L’histoire, qui sonne terriblement juste, n’en est que plus angoissante « On propose que le film corresponde à la réalité, mais pas à ce point ! avoue Diastème. Pour éviter tous les soucis, j’avais inventé un candidat fictif marié qui couche avec son attachée de presse et j’ai été rattrapé par la vraie vie. » Un profil qui n’est pas sans rappeler un postulant actuel alors que le scénario a été écrit il y a deux ans. « C’est un peu désinvolte d’avoir été à ce point visionnaire, avoue Diastème. J’aurais aimé l’être moins sur ce coup-là. »

Ce film grinçant évite l’écueil du « tous pourris » sans se montrer exagérément optimiste. « Il faut bien reconnaître qu’aujourd’hui, on est simplifié dans la merde et qu’il est difficile de ne pas devenir misanthrope ou alcoolique, voire les deux ! » Soupire Diastème. Le Monde d’hier n’est pas qu’un pamphlet politique. Il s’agit aussi d’un solide film de cinéma sobrement mis en scène dont le suspense bien dosé invite à réfléchir sur la démocratie et la notion de pouvoir. « On finira par s’en tirer, mais pas tout de suite. Si mon film convainc ne serait-ce qu’une seule personne d’aller voter, je m’estimerais heureux, martèle Diastème. » Un message revigorant qui passe comme un bulletin dans l’urne.

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