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critique qui tire à blanc sur Amazon

Chris s’en va-t’en guerre

Au début du premier épisode, la voix off de Chris Pratt récite un passage de la Bible pendant que son personnage, en uniforme de cérémonie, assiste à des funérailles militaires en permettant un air grave et sinistre. La scène coupe alors qu’il plante son écusson de la Navy sur un cercueil en même temps que le dernier des trois coups du salut de trois volées, puis le récit revient”deux semaines plus tôt” pour expliquer comment il en est arrivé là.

En une minute à peine, La liste des terminaux rassemble presque tous les clichés insupportables d’une mauvaise série du genre et entraînera d’empiler les autres au cours des huit épisodes de presque une heure qui pourraient être facilement condensés dans un long-métrage de deux heures.

Il y a Chris Pratt et plein de drapeaux américains qui flottent au vent

Dans cette série adaptée du premier des cinq romans de Jack Carr autour du même personnage, l’acteur incarne James Reece, commandant d’une escouade de NAVY Seals qui s’est fait massacrer lors d’une opération spéciale présentée dans l’introduction. Une des rares scènes d’action marquantes et à peu près bien filmées.

De retour au pays avec une vilaine commotion cérébrale, des souvenirs confus et d’inquiétants symptômes post-traumatiques, le soldat d’élite essaie de comprendre ce qui s’est passé et finit par (rapidement) découvrir qu’il se trouve au coeur d’une conspiration militaire qui le visite lui et ses hommes (ou ses “frères”, comme ils s’appellent entre eux).

La liste des terminaux : photo, Chris PrattIl y a Chris Pratt et Riley Keough, des fois, vite fait

L’histoire aurait pu s’arrêter à ce qu’annonçait la bande-annonce, et ç’aurait déjà été pas mal. Cependant, ce qui commence comme un thriller paranoïaque plutôt basique se transforme subitement en récit de vengeance stupide et balisé lorsque James Reece décide de dresser une liste des personnes plus ou moins impliqué dans ce qui lui est arrivé et de les tuer les uns après les autres. Dès lors, la structure narrative devient encore plus simple que dans un jeu vidéo : chaque épisode correspond à une nouvelle cible à abattre au nom de ces valeurs que sont la justice, le patriotisme et l’amour.

Après avoir accepté que les dialogues soient vides de sens et que la photographie soit affreusement plate (ou plateau affreuse) du début à la fin, La liste des terminaux aurait peut-être pu s’apprécier comme une sorte de Punisher du pauvre, si la série ne se justifiait pas autant au sérieux et que les personnages étaient un tant peu caractérisés.

La liste des terminaux : photo, Chris PrattIl y a Taylor Kitsch, souvent sur un bateau avec Chris Pratt

DU SANG (BEAUCOUP) ET DES LARMES (UN PEU)

À l’image de Chris Pratt, devenue une masse de muscles vide et stoïque grassement récompensée, La liste des terminaux ne possède aucune nuance, aucune émotion et suit ce soldat qui a éliminé des tueurs à gages mexicains, des hommes d’affaires véreux, des terroristes et des militaires corrompus sans distinction ou retenue.

Même si certains sont interprétés par des visages plutôt reconnaissables, comme Nick Chinlund, Sean Gunn ou Jai Courtney (étonnamment bon, par rapport à d’habitude), tous les personnages inscrits sur la liste n’existent que pour être méchants et exécutés par James Reece dans une violence outrageusement graphique la plupart du temps.

La liste des terminaux : photoIl y a Jai ​​Courtney et ses sbires vraiment pas commodes qui veulent attraper Chris Pratt

Quand il n’est pas en train de planifier ses attaques, de tirer sur ce qui se trouve face à lui ou d’accrocher les intestins d’un type à un tuyau avant de lui ordonner de marcher jusqu’à ce que mort s’ ensuive, des flashbacks viennent esquisser son histoire, mais ces séquences sont incapables de retranscrire son traumatisme ou de rendre le personnage seulement humain.

Qu’importe que les autres gentils répètent inlassablement que James Reece est un brave type, un héros de guerre ou une “victime“, sa croisade n’est pas plus vertueuse ou cathartique, et même la série ne semble pas savoir si elle doit renvoyer ses actions, les condamner ou d’annoncer la guerre et le système qui l’ont rendu incontrôlable.

C’est sans doute ce qui est le plus énervant, outre les rebondissements prévisibles, le symbolisme dégoulinant et les personnages programmatiques : tout au long des huit épisodes, La liste des terminaux fait semblant d’avoir une histoire plus riche et plus profonde à racontercomme Démineurs ous Tireur d’élite américain.

La liste des terminaux : photoIl y a JD Pardo et Christina Vidal, sur les traces de Chris Pratt

Constance Wu incarne une journaliste spécialisée dans les Navy SEALs et la corruption qui enquête sur Reece et son escouade tandis que Jeanne Tripplehorn joue une Secrétaire à la Défense désignée d’alerter le gouvernement et l’opinion publique sur la santé mentale des forces spéciales déployées de plus en plus souvent. Deux intrigues qui auraient au moins permis d’aborder des questions avec une certaine résonance, mais qui restent malheureusement sous-exploitées à côté de la quête de vengeance obsessionnelle et sanglante du “héros”.

Même constat pour le reste du casting. Riley Keough, pourtant mentionnée au générique, n’apparaît pas suffisamment pour exprimer son talent fabuleux, et chaque fois qu’il enlève ses lunettes de soleil pour que la caméra capture son regard sombre et mélancolique, Taylor Kitsch prouve qu’il aurait mérité d’être à la place de Chris Pratt dans le rôle principal au lieu de jouer un ancien Navy SEAL devenu agent de la CIA.

La liste des terminaux : photo, Chris PrattIl y a Chris Pratt qui montre les biscotteaux de Chris Pratt

Malgré la pauvreté de l’écriture ou de la réalisation, les quelques séquences qu’ils renferment contiennent une étonnante alchimie, amenant l’authenticité, l’humour et l’émotion qui fait cruellement défaut ailleurs. Lorsqu’ils prendraient d’assaut un camp au Mexique à coups de fusil à pompe et de grenades flash sous une pluie battante en veillant l’un sur l’autre, la série donnerait presque envie de reconsidérer la saison 2 de Vrai détective et que Reece a rajouté un ou deux noms sur sa liste pour aller accomplir d’autres missions avec son vieux compagnon d’armes.

Le premier épisode, réalisé par Antoine Fuqua, peut au moins profiter de l’expérience du réalisateur pour apporter de la tension, de la nervosité et une certaine maîtrise à l’image. En revanche, une fois qu’il cède sa place derrière la caméra, la mise en scène ne propose rien d’original ou de percutant, y comprend pendant les scènes d’action, qui repose essentiellement sur un découpage surexcité, des effets pyrotechniques et des balles à blanc tirées dans tous les sens.

La liste des terminaux : photoIl y a Constance Wu n’a pas envie d’être là et enquête sur Chris Pratt

Alternant entre drame psychologique, chasse à l’homme effrénée et justice expéditive, la série finie alors par recopier Le Fugitif, La Chute du Faucon Noir, Rambo et certaines adaptations de Tom Clancy pour essayer de combler un manque d’ambition et d’idées qui transparaît un peu plus à chaque épisode.

Au bout du compte, La liste des terminaux ressemble surtout à une nouvelle tentative d’Amazon après Atteindre verser trouver un remplaçant à Jack Ryan avant qu’il ne prenne sa retraite, avec un autre personnage tiré de romans à succès qui n’attendent plus qu’à être adapté dans les futures saisons.

The Terminal List est disponible en intégralité sur Amazon Prime Video depuis le 1er juillet

La liste terminale : Affiche française

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