Covid19. Caillots, cardiaques, énergétiques… des effets à long terme, dévastateurs pour l’organisme

Covid19.  Caillots, cardiaques, énergétiques... des effets à long terme, dévastateurs pour l'organisme
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Les découvertes scientifiques sur le Covid-19, apparues il y a à peine plus de deux ans, se multiplient toujours.

« Un risque accumulé d’hospitalisation et de mortalité »

Dernières en date : selon une étude prépubliée par des chercheurs de l’université de Hong Kong, une infection au Covid-19 augmente « significativement » le risque de contracter d’autres maladies graves par la suite : affections pulmonaires, cardiovasculaires, neurologiques, musculaires , digestifs et même certains cancers.

Pire : selon cette étude, même une infection bénigne entraîne un surrisque de maladie grave et de décès prématuré.

Il existe un risque accumulé d’hospitalisation et de mortalité [précoce] dû à une grande variété de maladies pulmonaires et extrapulmonaires après Covid-19, en particulier pour les infections graves. Une maladie bénigne était également associée à une augmentation de la mortalité toutes causes confondues

Les auteurs de l’étude

L’étude a été mise en ligne le 23 mars dernier par des chercheurs de l’université de Hong Kong. Ils se sont basés sur une quantité titanesque de données de santé : celles de 412 000 patients britanniques, issues de l’immense base de données UK Biobank, qui rassemble les informations médicales de plus de 500 000 personnes.

Les patients sévèrement révélés très exposés

Tous les patients inclus dans l’étude ont été hospitalisés au moins une fois entre le 31 janvier 2020 – date du premier cas détecté au Royaume-Uni – et le 30 septembre 2021 (octobre pour les décès).

Les scientifiques ont ensuite mesuré le risque d’être hospitalisé ou de mourir (quelle qu’en soit la cause) entre 25 460 patients infectés par le Covid et les autres. Les biais induits par d’autres facteurs de risque que le Covid, à commencer par l’âge des patients, ont été pris en compte et corrigés.

135 catégories de maladies

Les résultats sont sans appel : la seule infection par le Covid-19, notamment en cas de forme grave, augmente « significativement » le risque d’être hospitalisé voire de décéder prématurément d’un grand nombre de pathologies : pas moins de 135 catégories de maladies ont été prises en compte.

Dans le détail, les patients ayant souffert d’une forme sévère du Covid-19 (ceux qui ont été hospitalisés pour ce motif) ont été jusqu’à 12 fois plus souvent hospitalisés, ensuite, pour d’autres maladies respiratoires, comme le pneumothorax .

Le risque d’AVC multiplié par cinq

Le risque d’infarctus du myocarde apparaît doublé. Et il est quatre fois supérieur pour les accidents vasculaires cérébraux (AVC), cinq fois pour les dysfonctionnements des reins, et encore près quatre fois pour la maladie de Parkinson. Le risque est multiplié par près de 10 pour les dommages cérébraux dans leur ensemble.

Même le risque de fracture – qui peut s’expliquer par la grande fatigue souvent consécutive au Covid-19 – est multiplié par trois à quatre.

Le Covid-19, dans ses formes les plus sévères, est d’ailleurs associé à un risque élevé d’infections secondaires : quatre fois plus d’infections bactériennes chez les anciens malades hospitalisés. Mais aussi… de cancers : les chercheurs ont identifié jusqu’à trois fois plus de cas de tumeurs à l’estomac, et cinq fois plus de cas de tumeurs au cerveau.

Parfois un effet indirect du Covid-19

Selon les auteurs, ce n’est pas toujours le Covid-19 qui entraîne directement l’augmentation de ces risques, mais la dégradation générale de l’état de santé des patients, dont le système immunitaire est fortement atteint. Certaines infections bactériennes sont en effet susceptibles de favoriser l’apparition ou le développement de lésions tumorales.

En toute logique, la mortalité est aussi beaucoup plus élevée : les patients soignés à l’hôpital pour un Covid-19 affiche une mortalité 14 fois supérieure, toutes causes confondues.

Les patients ayant souffert d’une forme dite bénigne du Covid-19 ne sont pas épargnés : dans une moindre mesure, ils souffrent également plus souvent que les autres de diverses pathologies, même plusieurs mois après l’infection.

C’est particulièrement vrai pour certaines affections : douleurs musculaires ou problèmes pulmonaires comme les pneumopathies d’inhalation (inflammation des poumons à cause du passage du contenu gastrique dans les voies respiratoires).

Un surrisque de mortalité de 20 % pour les formes légères

Même ces patients présentent un risque accru de mortalité prématurée, toutes causes confondues : de 20 % en moyenne, mais jusqu’à neuf fois supérieur dans le cas d’une affection neurocognitive :

Vu le nombre très élevé de personnes infectées par le coronavirus, même une augmentation modeste du risque de mortalité implique un grand nombre de décès supplémentaires. Ceci suggère que contenir les infections est encore important, tout comme les efforts pour réduire le nombre de cas sévères

Les auteurs de l’étude

Ce risque accumulé reste mesurable au moins pendant plusieurs mois après l’infection au Covid-19. Dans la plupart des cas, les excès d’hospitalisations et de décès sont survenus dans les trois mois suivant la contamination.

Mais même après six mois, le surrisque reste élevé, en particulier pour certaines maladies : pneumopathies d’inhalation, dysfonctionnements rénaux, blessures et fractures, infections bactériennes.

Une autre étude, portant sur des centaines de patients touchés par un « covid long », a été publiée début avril. Elle a révélé un autre chiffre préoccupant : un malade sur cinq souffre d’insuffisance cardiaque six mois après l’infection. La moitié d’entre eux en souffre toujours douze mois après.

D’un point de vue de santé publique, nous devons considérer la totalité du fardeau par le Covid-19 afin de déterminer les mesures à adopter (comme la levée des restrictions), y compris les complications causées par le Covid ainsi que les handicaps et la mortalité dus à ces complications

Les auteurs de l’étude hongkongaise

La levée des restrictions en cause ?

La plupart des pays européens ont, comme la France, relevé ces dernières semaines la plupart des mesures sanitaires malgré un fort rebond de l’épidémie. Nombre d’entre eux ont toutefois rétabli le port obligatoire du masque en intérieur, afin de limiter l’envolée des contaminations.

Au Royaume-Uni, qui a relevé pratiquement toutes ses restrictions sanitaires depuis plusieurs mois, les admissions à l’hôpital s’envolent et le nombre de contaminations continuent à exploser, comme le rappelle le British Medical Journal, en déplorant le risque d’un manque d’oxygène.

L’Allemagne a voté contre la vaccination obligatoire des plus de 60 ans ce jeudi. Mais le ministre de la Santé, pointant le risque du covid long, prévient :

Aujourd’hui, tout le monde devrait essayer d’éviter les contaminations. Même si sur le moment les symptômes sont légers, il y a un risque que la vie change. Personne n’aime l’entendre, mais c’est comme ça

Karl Lauterbach, ministre allemand de la Santé

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