Covid-19 : «Les Français auront les vagues qu’ils sauront», estime le Pr Gilles Pialoux

Covid-19 : «Les Français auront les vagues qu'ils sauront», estime le Pr Gilles Pialoux
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Il le répète deux fois : son discours « peut être inaudible », il le sait. Malgré la guerre en Ukraine, l’élection présidentielle, la vie « normale » retrouvée, Gilles Pialoux fait entendre sa voix au milieu du vide médiatique pour dire son inquiétude. Interrogé par BFM ce lundi, le chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon, à Paris, s’est montré très clair : « Les Français auront les vagues qu’ils satisfont ».

Il sous-entend que si personne ne continue de respecter un tant soit peu les gestes barrières, le virus devient circulaire dans les prochaines semaines. Car les contaminations se répartissent à la hausse dans le pays, alors que la plupart des contraintes sanitaires sont désormais levées depuis une semaine.

Des décisions « paradoxales » du gouvernement

« Lever une obligation, ce n’est pas déconseillé un outil de prévention, rappelle le professeur à proposer du port du masque. Les personnes à risque, et elles sont nombreuses – 11 % des plus de 80 ans qui ne sont pas vaccinés, 10 % des plus de 65 ans, les immunodéprimés – sont en contact permanent avec deux, trois ou quatre personnes autour d’elles. Donc au final, ça fait des millions de gens à protéger. »

Gilles Pialoux s’étonne également des décisions « paradoxales » du gouvernement. « Il n’y a plus d’obligation, mais il peut y avoir des conseils sanitaires. Il y a un paradoxe entre le politique qui a dit : On enlève tout, on arrête tout, et les campagnes du ministère de la Santé et de la Santé publique France qui disent de continuer à mettre le masque pour protéger les plus fragiles ou se protéger. Ça renvoie à des responsabilités individuelles. »

Le médecin concède tout de même que « pour l’instant », les hôpitaux ne sont « effectivement » pas du tout remplis. « La pression hospitalière s’est stabilisée, ça a arrêté de décroître. On n’est jamais passé à zéro, nous avons en permanence quatre à cinq malades en réanimation, et on va voir jusqu’où ça va monter au printemps. Comme le disait le conseil scientifique, on suggérait qu’on aurait une préoccupation en octobre. Là, sur une vigilance sur le printemps. Mais vous comprenez bien que ce discours peut être inaudible. »

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