Christel Heydemann, une femme de tête chez Orange

Christel Heydemann, une femme de tête chez Orange
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Ce n’est pas un bras gauche en écharpe, souvenir d’une mauvaise chute aux sports d’hiver, qui risque d’entraver sa prise de fonctions. Lundi 4 avril, Christel Heydemann devient directrice générale d’Orange à la place de Stéphane Richard, poussée vers la sortie par le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, après sa condamnation en appel, en novembre 2021, dans l’affaire Tapie . « Toujours partante »comme la douce ses proches, celle qui sera la deuxième femme à ce niveau de responsabilité de tout le CAC 40, avec Catherine MacGregor chez Engie, est déterminée à imprimer son style : énergique et assurée.

« C’est évidemment un grand changement et il y a de l’impatience à commencer. Mais je vois surtout une forme de continuité naturelle dans ce prix de fonctions », confie l’intéressée. Devenir patronne d’un groupe du CAC 40 n’était ni un rêve ni l’objectif d’un plan de carrière calculé, promet-elle. Pourtant, même si sa nomination, poussée par M. Le Maire, une surprise, la trajectoire de Mmoi Heydemann semblait la mener, comme une évidence, à occuper ce poste.

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Tout semble simple pour elle. En 1994, à 20 ans, après un bac scientifique mention très bien, elle est la première femme de la classe préparatoire du lycée d’Orsay (Essonne) à intégrer Polytechnique. « Ma mère était professeure d’université en mathématiques. J’avais des aptitudes en sciences », minimiser aujourd’hui celle qui voulait devenir ingénieure, comme son père, centralien. Cinq ans plus tard, en 1999, dès sa sortie des Ponts et Chaussées, et après un bref passage au Boston Consulting Group, elle intègre Alcatel, alors fleuron de l’industrie française, avant sa fusion avec l’américain Lucent.

Sa direction décèle son « haut potentiel », également repéré par le programme Young Global Leaders du Forum de Davos, auquel appartient également son mari, André Loesekrug-Pietri, président de la Joint European Disruptive Initiative, une agence européenne associant centres de recherche, start-up et grands groupes, et chroniqueur , depuis février, dans la matinée d’Europe 1. Inscrite dans un plan de formation interne destiné à faire émerger les futurs dirigeants d’Alcatel-Lucent, Christel Heydemann enchaîne les postes : finances, stratégie et surtout direction commerciale. Objectif : la tester au contact direct des clients. Elle passe deux ans en Californie pour gérer un accord important avec le groupe d’informatique HP.

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Ce dernier contrat est un échec, mais ces fonctions successives exposées « sa capacité à s’engager dans ses dossiers et son état d’esprit toujours positif », se souvient Didier Baichère, ancien DRH France d’Alcatel-Lucent, aujourd’hui député LRM des Yvelines, et qui a partagé avec elle la formation « haut potentiel ». En 2011, alors qu’elle n’a que 36 ans, le directeur général d’Alcatel-Lucent, le Néerlandais Ben Verwaayen, la propulse à la direction mondiale des ressources humaines de l’équipementier télécoms, faisant d’elle la benjamine des comités exécutifs des entreprises du CAC 40. Onze ans plus tard, chez Orange, Mmoi Heydemann devient, à 47 ans et demi, la plus jeune patronne des grands groupes français.

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