«C’est une énorme souffrance émotionnelle» : à la barre, Amber Heard conjure Johnny Depp de la laisser «tranquille»

«C'est une énorme souffrance émotionnelle» : à la barre, Amber Heard conjure Johnny Depp de la laisser «tranquille»
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Elle s’est directement adressée à son ancien compagnon, qui évite son regard depuis le début du procès. Lundi, l’actrice américaine Amber Heard a supplié Johnny Depp de la « laisser tranquille », dénonçant la « torture » de devoir revivre les violences conjugales qu’elle l’accuse de lui avoir fait subir, lors du procès en diffamation intentionné par son ex-mari aux États-Unis. La vedette de la saga « Pirates des Caraïbes » lui réclame 50 millions de dollars de dommages-intérêts.

« Je dois revivre chaque jour, encore et encore, les choses les plus intimes, embarrassantes, profondément humiliantes et personnelles que j’ai vécues », a expliqué l’actrice de 36 ans devant le tribunal de Fairfax, en Virginie près de Washington. « C’est de la torture, c’est une énorme souffrance émotionnelle », at-elle affirmée. « Je veux passer à autre chose de ma vie, mais en faisant ce genre de choses il ne me laisse pas », at-elle dit aux jurés avant de regarder son ex-époux dans les yeux et le fournisseur : « laisse-moi tranquille ».

« Je savais que je devais partir, que je n’y survivrais pas si je ne le faisais pas »

Il l’accuse d’avoir ruiné sa réputation et sa carrière en affirmant dans une tribune publiée en 2018 par le Washington Post qu’elle avait subi des violences conjugales deux ans plus tôt, sans toutefois citer son nom. Elle a contre-attaqué et demande le double. À la barre, l’actrice d’« Aquaman » a expliqué avoir décidé de divorcer en mai 2016 car elle craignait pour sa vie, après une énième dispute, lors de laquelle l’acteur lui aurait lancé un téléphone au visage.

Leur union « s’effondrait », at-elle affirmé, en retenant difficilement ses larmes. « Je savais que je devais partir. Je savais que je n’y survivrais pas si je ne le faisais pas ». « Le monstre avait été cette chose qui était maintenant la norme et non l’exception. La violence était désormais normale », at-elle expliquée, en évoquant son ex-mari, qui selon elle la frappait régulièrement sous l’emprise de l’alcool et des drogues.

Ses avocats ont montré des photos où elle apparaît avec le côté droit du visage tuméfié. Les quatre premières semaines du procès ont dessiné une relation « toxique », avec des détails très crus rapportés par l’ancien couple qui avait causé une liaison en 2011 avant de se marier en février 2015. Le divorce avait été prononcé début 2017. Leurs différends , souvent accompagnés de coups, ont atteint leur paroxysme lors d’un séjour en Australie, en mars 2015, quand Amber Heard affirme avoir été frappée puis agressée sexuellement par son mari. Le débat contradictoire terminé en fin d’après-midi par l’avocate de Johnny Depp, Camille Vasquez, a été tendu.

Une bataille également sur les réseaux sociaux

Amber Heard a notamment dû admettre n’avoir jamais fait don à des organisations caritatives, comme elle l’avait promis lors du règlement du divorce et accepté dans la presse, des 7 millions de dollars reçus en compensation fin 2018. « Je n’ai pas pu remplir mes obligations car j’étais poursuivie » par son ex-mari, at-elle dit.

Camille Vasquez a noté qu’elle avait reçu la totalité de la somme bien avant la plainte en diffamation déposée en 2019 par Johnny Depp. L’acteur de 58 ans, qui avait témoigné fin avril, a admis un usage important de drogues et d’alcool mais nie n’avoir jamais relevé la main sur Amber Heard et assuré que c’était elle qui était violente.

Amber Heard a limité lundi la portée des forces en admettant avoir frappé Johnny Depp. « Je parle de la différence entre un coup de poing et le fait que je doive le frapper pour me défendre », at-elle dit. Ce procès entre deux célébrités est hors norme. Il est diffusé en direct à la télévision et chaque jour, des fans de deux acteurs se rassemblent devant le tribunal de cette petite ville proche de la capitale américaine.

« C’est comme un soap-opéra », a affirmé à l’AFP Nancy Mowery, venue de Pennsylvanie et qui a passé la nuit devant le tribunal pour assister à l’audience. Alethea Gnanakan, une étudiante de Virginie, estime que « les deux (ex-époux) ont souffert » dans cette « histoire tellement triste ».

La bataille entre les deux camps se déroule aussi sur les réseaux sociaux où fleurissent les hashtags pour ou contre les deux acteurs. Les débats doivent se poursuivre jusqu’au 27 mai, après quoi les sept jurés se retirent pour délibérer. L’acteur poursuit son ex-femme aux États-Unis deux ans après avoir perdu un premier procès en diffamation à Londres. Il avait attaqué le tabloïd britannique The Sun, qui l’avait qualifié de « mari violent ».

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