Cac 40 : Le marché veut croire à une paix possible en Ukraine, le CAC 40 s’envole de 7%

Cac 40 : Le marché veut croire à une paix possible en Ukraine, le CAC 40 s'envole de 7%
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(BFM Bourse) – Après 4 séances dans le rouge, le marché parisien s’offre un rebond exceptionnel de 7,13% ce mercredi, sur fond de premiers signaux positifs vers une possible paix entre l’Ukraine et la Russie, d’une détente des prix des matières premières et d’achats -massifs- à bons comptes.

Si un investisseur n’ayant pas suivi l’actualité du jour regarde seulement la variation du CAC 40 en clôture, il pourrait penser que la guerre est finie tant que la performance est spectaculaire : +7,13 %, soit la 10e meilleure performance journalière de l’indice depuis sa création en 1987 et sa plus forte hausse depuis celle du 9 novembre 2020, quand l’espoir né du vaccin Pfizer avait exercé un bond de 7,57%. Il n’en est pourtant rien, les combats faisant toujours rage en Ukraine à l’heure où le marché parisien ferme ses portes sur un rebond sensationnel, induit par la combinaison d’un retour massif des investisseurs sur des valeurs décotées et d’une brève accalmie sur les cours énergétiques, au lendemain de nouveaux records historiques (gaz) ou vieux de près de 15 ans (pétrole). En reprenant 425 points sur la séance du jour, le baromètre du marché tricolore s’offre au passage un record de ce côté-là.

“Il s’agit très probablement d’un rebond du chat mort” (ou “dead cat bounce” selon le jargon toujours très bestial des marchés, désignant une brève reprise dans un contexte baissier sur la durée, NDLR), juge Craig Erlam, analyste chez Oanda, qui estime donc que la séance du jour n’est qu’un “mouvement correctif temporaire”. “L’invasion est toujours en cours, les sanctions sont toujours imposées, les prix du pétrole sont toujours élevés […] Rien de tout cela n’est propice à une reprise durable des marchés boursiers”, résume-t-il.

Un premier pas vers la paix ?

Il n’empêche que les marchés ne sont pas restés insensibles aux premiers signes de détente observés ce mercredi, entre Kyiv et Moscou. Côté ukrainien, le président Zelensky affirme ne plus vouloir insister pour obtenir l’adhésion de son pays à l’Otan, une des questions ayant motivé l’invasion russe de son pays, tout en se disant prêt à un “compromis” sur le statut des territoires séparatistes. Une inflexion de positions qui pourraient alimenter les discussions tenues jeudi à Antalya, en Turquie, entre les ministres des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov et ukrainien Dmytro Kuleba, avec leur homologue turc Mevlüt Cavusoglu comme médiateur.

D’autant que, lors d’une conférence de presse ce mercredi, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a, à son tour, semblé réduire les conditions fixées jusqu’alors par le Kremlin dans ses pourparlers en vue d’une paix. “Des négociations sont en cours avec la partie ukrainienne afin de mettre fin dès que possible à l’effusion de sang insensée et à la résistance des forces armées ukrainiennes […] Certains progrès ont été réalisés” at-elle assuré. Et d’ajouter que les objectifs de la Russie “n’incluent ni l’occupation de l’Ukraine, ni la destruction de son État, ni le renversement du gouvernement actuel”. C ‘est peu mais c’est déjà beaucoup, au vu de l’inflexibilité démontrée jusqu’alors par le Kremlin, Vladimir Poutine ayant notamment qualifié à plusieurs reprises le président de “nazi” et de “toxicomane”, tout en posant son éviction comme autre préalable à d’éventuelles tractations.

Fort rebond des valeurs sanctionnées depuis le début de la guerre

Ces premiers signaux positifs permettent aux investisseurs de commencer à entrevoir une issue positive à ce conflit armé, et les ramènent massivement vers les valeurs ayant le plus souffert depuis le début du conflit. À savoir en premier lieu les fleurons exposés directement à la Russie, comme Société Générale (+11,5%), Alstom (+9,3%) ou Renault (+11,1%).

Le palmarès est même complètement renversé par rapport à la tendance des dernières semaines, les rares valeurs ayant largement profité de la situation géopolitique (secteurs de l’armement et de l’énergie notamment) étant les seules dans le rouge ce mercredi. On pense notamment à Thales (-4,2%) et Dassault Aviation (-5,5%), mais aussi à plusieurs valeurs parapétrolières, comme le spécialiste du raffinage Esso (-14,2%), celui de la prospection Schlumberger ( -5,7%) ou l’équipementier Vallourec (-3,9%).

Dans l’autre sens, d’autres rebonds notables sont à souligner, à commencer par ceux de Faurecia (+17,2%) et Valeo (+13,5%), qui ont grandement souffert -à l’image de l’ ensemble du secteur automobile- depuis plusieurs semaines – Stellantis (+11,9%) et Michelin (+9,8%) en profitent aussi. Les investisseurs se sont aussi massivement investis dans l’achat sur le compartiment bancaire (+10% pour BNP Paribas, +9,1% pour Crédit Agricole), ainsi que sur d’autres valeurs délaissées (+12,3% pour Veolia, +10 ,5% pour URW). LVMH (+9,6%) et Airbus (+9,5%) -pour ne citer qu’eux- s’offrent aussi de probants rebonds.

Le reflux du pétrole au lendemain de l’embargo

Au chapitre pétrolier, les cours des principales références se répondent ce mercredi après leur folle hausse des derniers jours, avec en point d’orgue l’embargo décrété mardi par les États-Unis et le Royaume-Uni contre le pétrole et le gaz russes. Dans la foulée de l’annonce de la Maison Blanche, le président Volodymyr Zelensky ukrainien s’est dit “reconnaissant envers les États-Unis et envers le leadership” de Joe Biden pour ce “coup porté au cœur de la machine de guerre de Poutine ” – et les cours ont bondi à plus de 130 dollars, des niveaux inédits depuis 2008. crise énergétique actuelle est “comparable en intensité, en brutalité, au choc pétrolier de 1973”. Vers 18h10 néanmoins, les cours des références mondiales de brut que sont le Brent et le WTI reculent attendus par rapport à la veille, le premier s’échangeant à 119,6 dollars (-6,5% par rapport à la veille) quand le deuxième se traite à 116,6 dollars (-5,7%).

Sur le Forex, ou marché des devises, la monnaie unique accentue nettement son rebond, la veille et reprend 1,49% face au billet vert, à 1,1065 dollar.

Quentin Soubranne – ©2022 BFM Bourse

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