Aux Etats-Unis, les mauvais résultats de la grande distribution accentuent la probabilité d’une régression

Aux Etats-Unis, les mauvais résultats de la grande distribution accentuent la probabilité d'une régression
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Le consommateur américain, écrasé par l’inflation et la hausse de l’essence et des loyers, commence à être regardant, et peut-être à flancher. C’est au fond ce que présentent les mauvais résultats des entreprises de la grande distribution, comme Walmart ou Target, dont les performances décevantes ont provoqué un mini-séisme à Wall Street, mercredi 18 mai. L’indice S&P 500 a perdu plus de 4 % à l’issue de cette séance – il a cédé 17 % depuis le début de l’année – tandis que le Nasdaq, riche en valeurs technologiques, reculait de 4,73 % – il a abandonné 27 % depuis le 1euh janvier).

Les opérateurs avaient fait les sourds, mardi, lorsque le président de la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale) Jerome Powell avait annoncé qu’il monterait les taux de l’institution monétaire tant que ce serait nécessaire pour tuer l’inflation ; ils sont retombés sur terre, mercredi, lorsque le consommateur américain a montré par son comportement que le pays risquait de sombrer dans la régression.

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Mercredi, en une seule séance, le géant américain du discount Target a perdu 25 % de sa valeur en Bourse, du jamais vu depuis le krach de 1987. La firme, qui venait de publier des résultats inférieurs aux attentes, a surtout indiqué qu’ elle préférait absorber la hausse des coûts générée par les goulets d’étranglements, l’envolée des matières premières, les prix de l’énergie et des transports – supérieurs de 1 milliard de dollars (950 millions d’euros) par rapport aux escompte – et la hausse des salaires, plutôt que de la répercuter sur les consommateurs. « Nous n’avions pas anticipé les changements rapides que nous avons observés au cours des soixante derniers jours »a déclaré le PDG Brian Cornell.

L’explication, limpide, se trouve chez Walmart, premier employeur américain et géant des supermarchés, qui a perdu en Bourse 18 % de sa valeur en deux jours : les consommateurs ne veulent plus payer ; un plus grand nombre d’entre eux a renoncé à acheter de nouveaux vêtements et d’autres marchandises en raison de l’envolée de l’essence et de l’épicerie, a expliqué Walmart à la chaîne CNBC. Certains se sont tournés vers des marques moins chères ou vers celles des distributeurs et ont choisi des articles contenant de plus petites quantités, comme des demi-packs de lait.

Croissance négative au premier trimestre

S’y ajoute une bascule vers les services, constatée par Target : les Américains achètent moins de biens durables, comme les télévisions ou les vélos d’appartement et réallouent leurs dépenses vers les services, en particulier le tourisme. Les magasins spécialisés dans le bricolage ou les travaux à domicile résistent, alors que les Américains se construisent des maisons individuelles pour échapper à la promiscuité de la pandémie. Mais d’une manière générale, toutes les actions de la distribution (BestBuy, Dollar General, Costco, Macy’s) ont perdu plus de 10 % mercredi.

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