Après dix ans de service, ce célèbre restaurant de la place du Pin à Nice a fermé ses portes

Le Déli Bo rime avec café du matin pour Marc. Après ses nuits de garde, ce pompier a l’habitude de partager un moment avec ses collègues dans ce restaurant à dix minutes de la caserne. Pour la fermeture définitive, ce samedi, il est venu déguster le plat du jour : la ratatouille œuf mollet. Autour de lui, toutes les tables sont prises, le restaurant affiche complète. Comme souvent. Comme Marc, les habitués sont venus dire au revoir à cette institution à l’angle de la rue Bonaparte et de la rue Boyer.

“Un précurseur”

“Ce jus de pastèque va me manquer”, regrette Dominique, devant son verre vide. Journaliste parisienne à la retraite, elle a vu le quartier du port évalué avant de s’y installer. La rue Bonaparte lui évoque le quartier du Marais à Paris, pour ses restaurants bobos et ses bars gays. Un lieu dans lequel le Déli Bo, “un restaurant est très chaleureux”à toute sa place selon elle.

Deux tables plus longe, Camille, Nathalie et Philippe attendent leurs plats. Cette famille connaît bien le patron, Pascal Ciamos. Philippe est son ami depuis plus de 30 ans : “Je le suis depuis ses débuts, il change de projet tous les dix ans. Le Déli Bo est l’un des premiers restaurants de la rue Bonaparte. Un précurseur qui a ouvert la voie à cette ambiance autour de la place du Pin que l ‘on connaît aujourd’hui.” “Les clients vont regretter leurs bagels”estime-t-il.

Partir sur “une réussite”

La vente du restaurant en étonne plus d’un car l’établissement est un succès. Et ce, depuis l’ouverture, en 2012. Les propriétaires, Élise et Pascal Ciamos, ont posé leurs valises dans ce “village dans la ville” à l’époque où “personne ne passe par là”. Le restaurateur regrette le passé, “Aujourd’hui la rue est devenue trop bruyante.” Alors, Pascal Ciamos veut trouver de nouvelles inspirations en voyageant à l’étranger.

Dans une atmosphère émue et festive, il confie: “Je veux cloner l’aventure sur une réussite.”

Et les clients le ressentent. Pour Nathalie, ce lieu est spécial : “C’est le premier endroit où je suis venue après le premier confinement. Je le trouve réconfortant.” Sa pâtisserie préférée : le Paris-Nice, un Paris-Brest revisité.

Pour les plus gourmands, l’enseigne garde ses deux boutiques de pâtisseries ouvertes. Des plats à emporter, la construction d’une terrasse devant l’une des boutiques, les idées fourmillent dans la tête des propriétaires. En attendant la naissance d’un nouveau projet, ils vont se reposer. “Une pause bien méritée”commente Philippe.

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