Amazon n’installera finalement pas d’entrepôt géant près de Rouen

publié le samedi 26 mars 2022 à 07h35

Au terme d’un bras de fer de plusieurs mois avec des associations locales, le géant du e-commerce renonce à implanter une usine à colis dans la banlieue rouennaise.

L’aménageur du site pressenti pour accueillir un entrepôt Amazon a envoyé un courrier au maire de Petit-Couronne, près de Rouen, pour lui annoncer un retrait, a indiqué le 26 mars le maire PS de la petite commune favorable au projet.

Le projet de construction d’un “bâtiment logistique d’une surface de 160.961 m2 (…) ne sera finalement pas réalisé”, un écrit à la commune la société Gazeley, qui devait louer à Amazon, selon Joël Bigot maire de Petit-Couronne.

“Un projet dérangeant”

Joël Bigot a regretté cette décision qu’il a annoncée en conseil municipal. “La perte d’emplois se situe entre 1.000 et 1.800 en fonction des périodes de l’année.

Les recettes fiscales pour la commune étaient attribuées à environ 600.000 euros”, at-il dit.

“Ce projet dérangerait tellement de gens”, at-il toutefois admis. “Les différents recours contre le permis de construire ou l’autorisation environnementale ont ralenti le projet”, a souligné l’élu.

Enquêtes du SDIS

En octobre 2020, la métropole de Rouen avait voté contre ce projet face à des inquiétudes du SDIS (service départemental d’incendie et de secours). Les pompiers craignaient dans un rapport d’être confrontés à une “impossibilité opérationnelle” et estimaient qu’un incendie de grande ampleur pourrait produire “un volume de fumée supérieur à celui produit lors de l’incendie du 26 septembre 2019” sur le site Seveso de Lubrizol à Rouen.

La métropole n’avait toutefois pas saisi la justice. Le préfet de Seine-Maritime avait signé en mars 2021 deux arrêtés autorisant le projet, estimant que l’exploitant avait entre-temps “intégré les recommandations du SDIS”.

Mais en février dernier, le média normand Le Poulpe, relayé par Mediapart, avait affirmé que la dépollution du site que devait en partie occuper Amazon soulevait “de lourdes interrogations sur la réalité du travail effectué”.

La société Valgo était en charge de la dépollution de ce site où la raffinerie Petroplus a fermé en 2013. Le Poulpe disait se baser sur le témoignage de 30 salariés et sous-traitants de Valgo ayant travaillé sur cette dépollution.

Mais pour Joël Bigot, il s’agit “d’articles déformés”, “qui mélangent tout”. “Certes, il y a eu un problème de terres polluées sur le site de Valgo mais j’ai pris le soin de recevoir la Dreal (Direction régionale de l’environnement) il y a quelque temps et tout était sous contrôle”, at-il dit vendredi. Dans un communiqué Stop Amazon 76 s’est “réjoui de cette victoire locale qui fait écho à d’autres projets de construction abandonnés par le géant américain à Montbert (Loire-Atlantique) et Fournès (Gard)”.

10.000 emplois sur 5 ans

En 2017, “seules trois régions françaises comptaient un entrepôt Amazon sur leur territoire. Aujourd’hui, aucune d’entre elles n’est épargnée”ajoute l’association. Cyrille Moreau, vice-président EELV de la métropole, s’est dit “content que ce projet nocif pour l’environnement ne se réalise pas à Rouen”. Mais “le problème est loin d’être réglé ( …) Amazon va le construire ailleurs”, at-il ajouté.

Le président PS de la métropole Nicolas Mayer-Rossignol s’est refusé à tout commentaire. Amazon a confirmé en février avoir créé plus de 10.000 emplois en CDI en France ces cinq dernières années mais un rapport du cabinet Progexa redoute une volonté du groupe de “ne conserver à terme que des postes” pénibles.

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